Chanteuse rock

Debbie Harry

Aussi blonde que suggère le nom de son groupe, qu’on a longtemps confondu avec son véritable patronyme d’ailleurs, Deborah Harry est indissociable de Blondie. Elle en est avant tout la voix et le visage, l’hypnotique icône, l’atout majeur. Si bien qu’on en oublierait presque les quatre garçons qui la suivent dans l’ombre. L’heure est donc venue de rétablir la vérité sur ce mythique groupe new wave des eighties, passé maître dans la fusion du disco, pop, rap et  reggae et de sa charismatique Debbie. On les avait laissé sur les mythiques « Call Me », « Heart of Glass » ou « Atomic », eh bien ceux-ci reviennent, la soixantaine triomphante, sous les spotlights avec un nouvel opus intitulé Panic of Girls !

Marilyn des temps modernes

Née le 1er juillet 1945, Deborah Harry a été adoptée à l’âge de 3 mois par un couple de marchands de souvenirs dans le quartier de Hawthorne, New Jersey. Après une scolarité sans problème et un diplôme validant deux années d’études artistiques (ndlr : équivalent de notre DEUG) en poche, celle-ci décide de tenter sa chance à New York, en alternant les jobs de secrétaire à la BBC, serveuse dans un night-club, danseuse et … Playboy Bunny ! Sans toutefois dévier de son objectif initial : percer dans la chanson.

A la même époque en effet, celle-ci rejoint l’éphémère The Wind in the Willows, groupe folk rock qui n’enregistrera qu’un seul et unique album. Puis au début des années 70, ce sera l’aventure The Stilettos, où celle-ci rencontrera son futur compagnon et co-fondateur de Blondie : Chris Stein. En 1974, date fondatrice de l’histoire du groupe, celui-ci s’appelle Angel And The Snakes et plus que fluctuant, son line-up se stabilisera l’année suivante avec l’adoption de son nom définitif.

D’ailleurs pourquoi Blondie ? Eh bien, la légende dit que c’est le sobriquet par lequel se faisait interpeller le plus souvent Debbie, par la gent masculine ! Avec Stein à la guitare, Harry au chant accompagnés du guitariste Clem Burke, du claviériste Jimmy Destri et du bassiste Gary Valentine, le groupe peut passer à la vitesse supérieure. A force d’écumer les scènes dont le mythique CBGB, celui-ci décroche en 1976 un contrat avec, pour le plus étrange que cela paraisse, le label disco Private Stock Records, qui édite la même année leur premier album éponyme… Avant de se voir raffler la mise par Chrysalis Records qui lui rachète le deal.

Une bunny punk en talons aiguilles !

Ces sonorités sixties enjouées derrière lesquelles se cachent des sujets beaucoup moins drôles (qui croirait que le premier single “X Offender” traite du raccolage?) ont le mérite de titiller l’intérêt de la presse spécialisée, qui commence à s’intéresser au cas Harry. Derrière son physique avantageux, la chanteuse fait en effet preuve d’une maîtrise de la scène et de son public assez impressionnante. La sortie de Plastic Letters en février 1978 et le succès des titres « Denis » (reprise de Randy and the Rainbows) et « (I’m Always Touched by Your) Presence, Dear » ne font que confirmer cet impressionnant magnétisme. La preuve ? Blondie devient le premier groupe américain new wave à  percer chez ses cousins britanniques !

Quelques changements s’opèrent avec Parallel Lines (PL en abrégé), lancé dans les bacs en septembre 1978. Valentine est ainsi remplacé par Frank Infante et l’arrivée du deuxième bassiste Nigel Harrison monte l’effectif à 6 membres. Conséquence ou pas, le troisième album sera celui de la consécration avec les tubesques « Picture This », « Hanging on the Telephone », « One Way or Another »… Mais c’est incontestablement l’hybride rock-disco « Heart of Glass » qui aura tous les ingrédients du hit en puissance. Au risque de perdre ses fans qui les accusent de céder aux sirènes du mainstream ! Produit par l’orfèvre de la pop UK Mike Chapman, PL sera donc le Disque « commercial » de Blondie, avec plus de 20 millions d’exemplaires écoulés aux quatre coins de la planète et tout autant de couvertures de magazine pour le sextet !

En digne successeur, Eat to the Beat (octobre 1979) est une nouvelle usine à tubes avec « Atomic », « Dreaming » et « Union City Blue » mais pénètre plus facilement le UK que le territoire national. Il faudra attendre le nouveau single « Call Me » signé Giorgo Moroder (ndlr : producteur et compositeur faiseur de tubes de Donna Summer), thème principal du film American Gigolo pour remporter l’adhésion collective : le hit devient mondial en se nichant à la première place des charts. Changement de cap avec la sortie d’Autoamerican en novembre 1980, où le reggae (« The Tide is High »), rap (« Rapture ») et jazz se placent en vedettes.

Précédée par la sortie d’un premier best-of (The Best of Blondie) et des albums solos de Harry et Destri (respectivement Koo Koo et Heart on a Wall), The Hunter (mai 1982) poursuit sur la tendance avec les éclectiques « Island of Lost Souls » et « War Child »… Mais déjà l’engouement Blondie n’y est plus : la pression de la major, l’échec commercial de l’album, l’altération des relations entre les membres, la toxicomanie de certains couplé à la découverte d’une maladie assez rare chez Chris Stein compromettent sérieusement son existence… C’est donc sans surprise que celui-ci annonce officiellement sa rupture en novembre 1982.

Ce n’est qu’en février 1998 que Blondie refait surface avec le très métissé No Exit. De la pop, du reggae et du hip hop viennent en effet colorer la production de Craig Leon et c’est avec l’unanime « Maria » que la bande à Harry fait à nouveau chavirer les charts. De longues tournées à guichets fermés agrémenteront d’ailleurs de nombreux albums lives enregistrés et filmés pour l’occasion. Faisant à nouveau corps avec la gloire, ceux-ci réalisent en octobre 2003, The Curse of Blondie qui, ironie de l’histoire, sera un flop commercial malgré de très bonnes critiques ! Les fans se consolent avec le seul véritable hit de la galette, le très dansant « Good Boys ».

Dirty / Good Debbie

Véritable icône du New York post Velvet Underground, star du CBGB et égérie d’Andy Warhol qui lui dédiera des clichés et une fameuse toile, Debbie la fascinante, est telle une héroïne hitchcockienne : la plus improbablement blonde et sensuelle mais tout autant froide et inquiétante. Attirant les ennuis, comme sa fugace rencontre avec le serial killer Ted Bundy au dénouement heureux ou en étant elle-même la cause, comme l’atteste son penchant avoué pour un temps, l’alcool et les stupéfiants… Sans compter cet air absent et quasi hautain qu’on pourrait appeler « détachement » et que celle-ci explique en ces termes : » [A l’époque] J’étais sacrément belle… Mais beaucoup de gens pensaient que j’étais un monde totalement différent. Mon monde intérieur était à des années-lumières de mon monde extérieur » (www.guardian.co.uk).

Un monde intérieur vaste et sans limite, qui lui permettra de penser à une reconversion multi-facettes dès la pause Blondie entamée. Et ceci que ce soit en termes d’albums solos avec 7 disques à son actif, d’autres collaborations musicales avec par exemple les Jazz Passengers le temps de deux albums ou encore des participations à de nombreux films comme l’énigmatique Videodrome (1983) de David Cronenberg ou le Hairspray (1988) réalisé par John Waters. L’exploration de ces autres univers ne manquera pas d’apporter un nouveau souffle au monument new wave lors de ses retrouvailles!

En effet, 8 ans après The Curse of Blondie, la bande à Debbie (à l’exception de Jim Destri) fait de nouveau l’actualité avec son 9e album en 35 ans de carrière : Panic of Girls. Disponible depuis début juin sur certaines plateformes de téléchargement légal et en édition limitée sous sa forme collector, il faudra attendre le 4 juillet prochain pour la sortie physique du disque. En guise d’avant-goût, le single phare « Mother » a pu être téléchargé gratuitement pour les fans du monde entier en décembre dernier… Et à la découverte de son clip zombiesque, on peut dire que la surprise est bel et bien là! Certes, avec les années, le timbre de Deb auparavant cristallin, se fait aujourd’hui de velours, mais le goût pour la diversité est resté intact au travers des 11 titres (ndlr : 13 pour l’édition limitée). En matière de langues (française avec « Le Bleu »ou espagnole avec le bonus « Mirame ») comme en genres musicaux (reggae avec les reprise du tube de Sophia George « Girlie Girlie » ou folk « Sunday Smile » du groupe Beirut), preuve qu’il est toujours aussi difficile de les cantonner à un style bien précis.

Comme se plaît à le dire le groupe lui-même : « Blondie, c’est la rencontre de deux mythes : Marilyn et la guitare électrique » (www.evene.fr). Logique donc qu’en reine musicale libérée et sexy, celle-ci dispose depuis 2006 de sa propre étoile sur le Rock and Roll Hall of Fame !

(Les photos proviennent du site http://www.deborah-harry.com)

Sites internet

http://www.blondie.net
http://www.deborahharry.com
http://www.deborah-harry.com
http://www.myspace.com/blondie/photos
http://www.myspace.com/debbieharry
http://fr.wikipedia.org
http://en.wikipedia.org

Articles

Blondie’s Debbie Harry claims serial killer Ted Bundy lured her into car : http://www.telegraph.co.uk/culture/music/music-news/8191211/Blondies-Debbie-Harry-claims-serial-killer-Ted-Bundy-lured-her-into-car.html
Don’t call me Debbie : http://www.guardian.co.uk/music/2002/may/12/artsfeatures.popandrock
Citations de Blondie : http://www.evene.fr/celebre/biographie/blondie-33165.php
Interview with Debbie Harry : http://www.popculturemadness.com/interview/Debbie-Harry.html

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2 Comments

  • Reply
    Alain
    28 janvier 2012 at 23:55

    Debbie…le visage le plus glamour de toute l’histoire de la pop
    mondiale…avec une voix sublime et un regard intelligent que l’on retrouve dans son talent d’écriture.Une voix qui ne peut pas mourir…

  • Reply
    laurence
    14 juin 2011 at 8:11

    Debbie Harry : THE sexy woman, mais pas que !
    Blondie : The groupe des 80’s… bref j’adore

    bel article !

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