Chroniques ordinaires

#sansfiltre

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On en est donc là ? Devoir prouver -ou du moins préciser- que notre selfie ou photo est bien certifiée originale ? N’est-ce pas consternant, affolant voire effrayant ?

Mais d’où ça vient ? Serait-ce une conséquence du “body shaming” ou “fat shaming”, ces façons de critiquer allant jusqu’à humilier autrui à propos de son physique. Cela ne vous dit rien ? Pourtant, même les célébrités en font de plus en plus les frais.

La critique physique existe depuis toujours. Mais on est passés un cran au dessus, un cran qui a pour but non seulement de se moquer mais de blesser profondément la personne en ligne de mire.

Prenons l’exemple de Selena Gomez, cette jeune chanteuse américaine et désormais actrice ayant été choisie par Woody Allen pour son prochain film “A rainy day in New York ». La jeune femme a caché pendant des années souffrir du lupus et a d’ailleurs dû subir une greffe de rein récemment. Alors si une partie du monde a salué le courage et la ténacité de Selena, une autre partie s’en est donnée à coeur joie. On les appelle « haters », ceux qui critiquent tout et rien juste par plaisir : sûrement pour remplir une vie vide de sens…

Ces personnes ont commenté de manière fort peu élogieuse et respectueuse des clichés de Selena sur le pont d’un bateau en bikini, critiquant son poids et même ses cicatrices. De virulentes critiques haineuses auxquelles la jeune femme a répondu via son compte Instagram avec humour et positivité enjoignant tout le monde à apprendre à s’aimer tel que l’on est.

Vers une dépersonnalisation de soi

Selena Gomez n’est malheureusement pas la seule personne à subir ces critiques acerbes sur son physique. Il apparaît qu’en 2018, pour une certaine société il faut toujours paraître mieux, surtout sur internet. Et pour donner une version de soi virtuelle parfois optimisée, on n’hésite pas à utiliser des applications pour améliorer son image.

Comment dire stop au message subliminal que nous renvoie la société (et nous-même en jouant à ce jeu-là) via les réseaux sociaux ? A savoir : “vous êtes tous moches” ?

Par quoi commencer ? Par le fait qu’insidieusement, cela nous pousse à véhiculer une image de nous “améliorée” ? Par les filtres proposés, tout d’abord, ou carrément avec des applications proposant de nous transformer en “star du tapis rouge”. Voilà comment notre image se retrouve lissée gommée, sans plus aucune réalité ni personnalité…

Lutter ou accepter ?

D’un côté, on nous répète de nous accepter telles que nous sommes, que l’imperfection est belle. D’ailleurs, de plus en plus de stars américaines, après avoir usé du Botox ou fait appel à la chirurgie, font désormais machine arrière et prônent le naturel. C’est le cas par exemple de Cameron Diaz qui dit regretter le Botox et la chirurgie. Et n’utiliser désormais que des remèdes « naturels ». Le tout est de pouvoir donner une définition du mot « naturel » en 2018 ;)

Un impact très néfaste sur la santé

Selon une étude américaine menée par l’université de Pennsylvanie et dont les résultats ont été publiés dans la revue médicale Obesity, il ressort que cette exposition aux images retouchées, à ce déferlement de corps et de visage irréalistes, entraîne une baisse de l’estimé de soi et peut aller jusqu’à engendrer des désordres alimentaires.

Ainsi, 30 millions de personnes de tous âges et tous sexes confondu en souffrent aux États Unis.

Mais comment lutter quand des nouvelles applications naissent chaque jour pour faire de nous des clones  ? Quand des stars de la réalité font de la pub pour des chirurgiens esthétiques ? Et on croit rêver, voire cauchemarder quand on apprend par une pub à la télé qu’une marque de cosmétiques mondialement connue propose désormais un tatouage des sourcils qui dure 3 jours ???

Des campagnes de pub qui montrent une image surréaliste de la femme

Outre-Atlantique, l’image de la femme française est saine, naturelle, acceptant ses rides et assumant son âge. N’est-ce donc pas un non sens que les publicités pour des crèmes anti-âge s’appellent « coup d éclat », avec comme porte drapeau, Jane Fonda et ses 80 ans ?

Quant aux autres publicités pour et avec des femmes, on ne va pas perdre notre temps à en parler…

La France en première ligne pour la contre offensive

Chez nous, on recense 600 000 personnes souffrant d’anorexie ou de troubles alimentaires. Le ministère de la santé tente de désamorcer la bombe avec une loi entrée en vigueur le 1er octobre 2017. Ainsi, le texte exige que les images modifiées numériquement parues dans les médias ou les campagnes d affichage affichent désormais la mention “photo retouchée”.

Et certaines marquent commencent à se bouger, comme ASOS qui apporte sa pierre à l’édifice !

La célèbre marque de vêtements en vente sur internet fait un pas important sinon le plus important dans la lutte contre le « body shaming ». L’enseigne a décidé proposer ses vêtements dans différentes tailles pour s’adapter à différentes morphologies. Message 100% positif ! Ainsi, oui on peut être belle sans entrer dans des petites cases choisies par cette société du paraître, du toujours plus mince, sans défaut.

Dans un autre tweet, la marque a confirmé que ce n’est pas une rumeur mais la réalité et de garder l’oeil ouvert et en effet il y a quelques jours ASOS frappait fort avec sa campagne bikini. La marque a sciemment choisi une mannequin noire grande taille. Et Vivian Eyo-Ephraim fait l’unanimité sur les réseaux sociaux !

Mon expérience de la version de moi version 2.0

Me voici “sans filtre ni retouche” et sans maquillage, juste ma crème de jour.

Avec ou sans filtre ?

J’ai montré la photo retouchée à ma fille de 11 ans qui, par bonheur, a éclaté de rire en me disant “c’est ridicule et ce n’est pas toi”. La vérité sort toujours de la bouche des enfants, si cet adage est encore adapté en cette ère 2.0 🤪

Votre avis

Et vous, qu’en pensez-vous? Avez vous déjà tenté l’expérience des filtres embellisseurs ? Etes-vous déjà devenues des adeptes du “je ne sors pas sans filtre“ qui a remplacé désormais le “je ne sors pas sans maquillage” ? Ou au contraire cette déferlante défiant la nature vous effraie-t-elle ? Votre avis nous intéresse :)

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