BD

BD : les classiques revisités

Difficile de faire perdurer une série de BD à succès après la mort ou la retraite de son auteur… Au point que la famille Hergé a décidé d’interdire toute reprise de Tintin. D’autres se risquent à l’exercice, parfois avec bonheur. C’est le cas des derniers Asterix, Michel vaillant ou Blake et Mortimer.

Blake & Mortimer – L’Onde Septimus

Blake et Mortimer - L'Onde Septimus

La Marque Jaune est sans conteste un des albums les plus célèbres signés de la main du grand Edgar P. Jacobs. Les aventures dans une Londres brumeux mêlent les ingrédients habituels des Blake et Mortimer : fantastique, suspens, génie scientifique qui confine à la folie. Et bien sûr les fameux souterrains chers à l’auteur belge. Cette aventure extraordinaire n’avait jusqu’ici eu aucun écho parmi les divers repreneurs de la série. Dufaux, Aubin et Schréder se sont mis à l’ouvrage avec un bonheur certain en forme d’hommage. Hommage à la Marque Jaune bien sûr mais hommage à Magritte également, tant les flopées de clones de Jonathan Septimus (le savant inventeur de l’onde Mega) rappellent le Golconde du surréaliste. Si le scénario a du mal à se départir de l’adoration de la Marque Jaune, la ligne claire est impeccable et on note quelques scènes extraordinaires, comme celle du régiment militaire, enfermé dans un asile car oppressés par un ennemi imaginaire. Un bon cru, donc ce qui ne fut pas toujours le cas en ce qui concerne les sept dernières aventures du duo britannique.

Asterix chez les Pictes

Asterix chez les Pictes

Dessiné par Conrad et scénarisé par Ferri, Astérix chez les Pictes est la première aventure du célèbre gaulois qui ne porte pas la signature d’Uderzo, même si celui-ci a veillé au grain. Et c’est tant mieux, tant les derniers albums se montraient décevants ! Dans cette trente-cinquième aventure, les auteurs en reviennent à ce qui a toujours réussi à Astérix et Obélix : les stéréotypes régionaux, associés à de savoureux jeux de mots. Ceux-ci n’ont pas la même saveur que ceux de Goscinny mais parviennent à dépoussiérer avec bonheur ce grand classique. Sans atteindre l’excellence du Bouclier Arverne, d’Astérix chez les Corses ou Asterix chez les Bretons, ce dernier Opus nous fait voyager et surtout espérer des jours meilleurs pour la suite. Il était temps !

Michel Vaillant – Voltage

Michel Vaillant - Voltage

Parmi les autres célèbres personnages de bande dessinée repris par de nouveaux auteurs, on trouve le coureur automobile Michel Vaillant. Depuis que Bourgne, Lapière et Benéteau sont à la barre, les albums sont d’ailleurs estampillés « Saison 2 ». Au nom du fils fut un brillant coup d’essai, Voltage confirme les espoirs. Point commun de ces deux albums : un retour à de scénarios plus fouillés et la vie privée du pilote qui entre en ligne de compte. Michel Vaillant perd son aspect lisse de genre idéal pour prendre plus de relief. En même temps, ses traits ont mué. Il a perdu sa carrure de héros de comics pour se rapprocher de monsieur tout-le-monde. Voltage raconte l’histoire d’une tentative de record en voiture électrique sur le lac salé de Bonneville. Une aventure qui tire son inspiration de celle de Venturi (expressément cité dans le texte) alors que les trouvailles du rejeton Vaillant sont quant à elles à chercher du côté de chez Michelin. Il semblerait que la série ait enfin trouvé un juste milieu qui lui permettent de toucher un large public, contrairement aux premiers (à réserver aux passionnés de course automobile) et aux derniers (trop enfantins).

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