Crazy Web

De l’avenir du web

Ce mois-ci dans Crazy Web, je ne souhaite pas vous faire part d’une liste de sites étonnants ou amusants à découvrir. Je vous propose plutôt un commentaire, une humeur, qui traite toujours du web mais qui traduit simplement mon opinion du moment. Rien de particulièrement réjouissant ce coup-ci. En effet, j’ai l’impression que le web devient de plus en plus commercial, et perd en authenticité. Il serait intéressant d’en débattre virtuellement, et de savoir ce que vous en pensez.

Le web file un mauvais coton

Dans les années 90, le web se dévoile au grand public. Foule de micro-sites voient le jour petit à petit. Untel est passionné par les timbres, il crée sa page, il la montre. Un autre est intéressé par les maths, idem. Je communique. Vous me lisez. On voit des géants naîtres comme Wikipédia, Google, et déjà des sites e-commerce comme Amazon ou E-bay. Le web 1.0 dans toute sa splendeur.

Et petit à petit, à l’image du site collaboratif Wikipédia, le besoin de participer s’installe. Tu communiques. Je te lis. Mais je veux réagir, commenter. Je veux proposer du contenu. Uploader des photos. Ajouter des amis. Liker des trucs. On voit quantité de réseaux sociaux se mettre en place : Facebook, MySpace, Hi5, Google Circles, etc. Un tournant du web. Le web participatif. Le web 2.0.

Désormais, nous sommes sur le point d’entrer dans le web 3.0. Le web sémantique. Organisé. Les éléments des pages ont du sens, non seulement pour nous, mais pour les robots indexeurs des moteurs de recherches. Les programmeurs sont tenus de mieux décrire les éléments des sites qu’ils conçoivent et en quelques sorte se mettent à travailler pour Google en facilitant la tâche de ses robots indexeurs. A quoi ça sert ? A faire des recherches impossibles il y a peu. Donnes-moi le nombre de crèches autour de telle ville. Quelle taille mesure Obama ? Ah, et puis fini les mots clés. A terme on va pouvoir poser des vraies questions. On le voit déjà avec les assistants personnels. Siri. Google Now. C’est amusant, et impressionnant. Utile ? Par encore vraiment.

Bref, le web ne cesse d’évoluer. Des experts y travaillent. Le W3C, ou le WHATWG, qui normalisent le web, planchent dessus. Mais une autre évolution du web semble à mon avis se développer à côté. Il est difficile de la nommer. Cela ressemble à une marketisation, une industrialisation, du réseau.

Pleins de programmeurs, et d’ailleurs aussi de personnes ne sachant pas programmer, rêvent de créer le prochain Facebook. Le site avec un concept nouveau, qui plait, qui attire. J’ai pour ma part lancé 2 sites. A chaque fois je me suis dit que je tenais le concept de fou. Mais c’est plutôt le temps passé à les faire qui était fou. Une fois terminé j’en ai parlé sur mon facebook, autour de moi. J’ai invité des amis à le faire aussi. Et c’était un flop. Deux. Vaille que vaille, j’ai essayé la promotion payante sur facebook. Et surprise, la pub, moyennant 30 euros, m’a permis d’avoir environ 1700 likes du groupe facebook d’un de ces sites !!! Mais bizarrement, je n’ai vu que quelques dizaines de personnes se connecter sur mon site. Mais alors pourquoi aimer ?

Ok. Donc maintenant il faudrait devenir expert en marketing pour être un peu visible ?
Et si M. Lambda veut publier un petit quelque chose mais qu’il ne maitrise pas ces leviers ? Il ne sera donc pas lu ? Ou trop peu ?

A coté de cela il y a des sites comme ask.fm qui restent un mystère pour moi. Je m’inscris. Poses-moi des questions sur moi et je te répondrais. Voila. Ce site est devenu le 3e réseau social en France en terme de temps passé. Incompréhensible. J’aurai créé ce site, au bout de la 10e question les gens ce seraient lassés et le site aurait rejoint les deux autres dans les abysses de l’inconnu. Mais là non. J’ai cherché à comprendre. Apparemment c’est en fait utilisé par les ados, mécontents de l’arrivée des « adultes » sur facebook. Donc je suis un ado, je crée mon profil sur ask.fm, et les potes de ma classe me posent des questions. Et comme on peut en poser en anonyme, bah je prends le risque de recevoir des insultes parfois. Parce qu’il y a trop peu de modérateurs face à l’engouement de ce site. Dernièrement ils ont parlé des suicides que ces dérives ont causé à la TV.

Ok. Un bel exemple de site narcissique. Et des messages aux conséquences gravissimes. Pourtant énorme succès. Wow. Et l’éthique, la morale ?

Donc comment ça fonctionne ? Pourquoi des sites aux concepts médiocres ou au mieux communs arrivent à plaire autant ? Qu’est ce qui fait qu’instagram, l’application au final banale de prise de photos avec rajout de filtres, ait été autant appréciée et rachetée par facebook contrairement à ses concurrents ? C’est quoi le truc ? Le marketing ? La publicité ? Je n’ai pas la réponse. Mais j’ai l’impression qu’il faut chercher dans ces eaux là.

Maintenant youtube, allociné, et quantité d’autres sites qui jusque là – on à tendance à l’oublier maintenant – ne diffusaient pas de publicités vraiment contraignantes, nous forcent désormais à les voir. Si on décide de changer d’onglet et de voir un autre site le temps d’une pub, celle-ci s’arrête le temps qu’on revienne. On doit la voir. Sur facebook, dans le fil de publication, même chose. Soit je vois maintenant des pubs au milieu des actus de mes amis, soit pire encore, ce sont certains d’entre eux, ou moi-même, qui faisons la promotion d’une marque parce que, si je like tel ou tel groupe, je peux gagner un bon de réduction par exemple. Les données sont le nouvel or noir. Il y a même des lois pour préciser qu’on peut faire effacer nos données sur les sites les collectants. Et étrangement lorsque je vais sur un site de jeux de société, pendant une semaine je n’arrête pas de voir des pubs sur les jeux de société. On me traque ? Non, c’est juste du marketing ciblé. Il me semble aussi que gmail analyse nos messages aussi.

Ok. Donc sur le net aussi on est clairement devenu des simples consommateurs ?

Si je cherche des avis d’utilisateurs de produits, je dois faire aussi attention car parfois les commentaires laissés ne le sont pas par M. Tout le monde, mais par des gens ayant un intérêt à faire croire que ce produit est effectivement apprécié. Peut être l’est il vraiment. Mais souvent les gens ont plutôt tendance à dire quand ils ne sont pas contents plutôt que lorsqu’ils sont satisfaits. Et je crois bien qu’il y a des sociétés qui ne servent qu’à promouvoir une marque sur le net, en balançant des des commentaires élogieux ou en contredisant des avis de personnes mécontentes.Vous savez, c’est ça, la e-reputation.

Ok. Et l »authenticité, la vérité, les choses un temps soit peu incontrôlées ? Ça existe encore ?

Bref. J’ai l’impression que le web s’industrialise, que l’authenticité disparait au profit du messonges, et de stratagèmes ou stratégies de plus en plus mise en œuvre pour faire de l’argent et encore de l’argent. Nous sommes effectivement des consommateurs même – voire surtout – via ce canal. Et c’est compréhensible que le net soit utilisé de plus en plus comme ça. Evidemment puisque c’est l’Eldorado pour noir de sociétés et que plein de particuliers comment du coup à le voir comme tel aussi. Alors on va faire n’importe quoi pour créer le buzz.

Mais les quelques points annoncés en vracs, parmis tant d’autres, polluent le web et lui fait perdre son côté sympathique. Et ça me pèse. Simple euphémisme.

Je suis tombé ce soir sur un billet de blog par hasard, via un de mes amis Fb. Et comme je l’ai bien aimé et qu’il traite un peu de ce ras-le-bol aussi, je me permets de vous inviter à le lire : http://cylklique.wordpress.com/2013/11/06/le-marketing-du-mensonge/#comment-114

Le prochain billet sera de nouveau plus joyeux ^^ Mais en attendant n’hésitez pas à dire ce que vous en pensez, vous, de notre grand web et de ce qu’il devient ?

Alexandre Beaugrand

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