Billet d'humeur macho

Femme en voiture, ça va être dur

Ce week end, vous partez en voiture à Chausigny-lès-balconnières sur la demande (terme politiquement correct : en fait « sur l’ordre ») de votre copine qui souhaite participer au premier festival régional agroalimentaire de Meurthe-et-Moselle. Vous avez, comme chaque week-end, du mal à cacher votre joie.

Lorsque vous êtes devant chez elle, et qu’elle vous ouvre la porte à 5h45 du matin, vous lui faites remarquer d’un ton amusé qu’apparemment il n’y a pas que vous deux de réveillés car les voisins sont déjà en train de déménager. Vous pointez alors du doigt la multitude de cartons sur la route, et, tout en entendant le premier « crétin » de la journée, vous prenez conscience qu’il s’agit en fait des bagages de votre bien aimée, c’est-à-dire ceux que vous allez charger dans votre R5 de 1992.

30min et une engueulade plus tard, vous vous apprêtez à prendre le volant lorsqu’à votre grande surprise, mademoiselle décide de conduire. Heureux de pouvoir finir votre nuit, vous acceptez sans problème. Avez-vous remarqué comme le temps tantôt se dilate, tantôt se contracte, lorsqu’on est à moitié réveillé ? Quand vous rouvrez les yeux, vous auriez juré vous être assoupi et pourtant la voiture est toujours au même endroit et vous n’avez pas encore entamé votre sieste. C’est du moins ce que vous croyez avant d’entendre votre copine qui, surprise de ne plus vous voir dormir, vous explique qu’elle a fait demi tour pendant qu’elle conduisait parce qu’elle avait oublié de prendre sa brosse.

Furieux, vous prenez le volant et vous repartez, ou plutôt devrait-on dire « vous partez ». Est-ce dans une volonté de vous apaiser que la jeune femme à votre droite décide tout d’un coup de mettre la compile des meilleures chansons Françaises des années 40 ? Quoiqu’il en soit, de façon astucieuse, vous lui demandez de prendre la carte pour vous donner la prochaine direction : vous pouvez ainsi éteindre la radio en lui faisant croire que vous ne cherchez qu’à mieux l’écouter, elle. Malheureusement vous oubliez que c’est une femme : elle n’a pas été livrée avec l’option « savoir lire les cartes », et par conséquent vous n’avez fait que remplacer la musique par une série de « je sais pas », « c’est mal fait », et « c’est pas indiqué ». Le trajet sera long.

Plus tard, votre pneu arrière droit crève. Vous avez peur. Ce qui vous fait flipper, ce n’est pas cet incident, c’est le cri de votre copine qui balise sévère et vous balance une tarte en sursautant. Puis, à genoux sur le bord de la route, vous lui demandez gentiment le cric. Mais le cric ne viendra pas. Et la silhouette que vous apercevez là-bas, c’est votre copine qui vadrouille tout en discutant au téléphone en attendant que vous régliez seul la situation.

La suite du voyage est à la hauteur du début. Au volant, c’est elle. Celui qui va s’assoupir à côté, c’est vous. Et la baffe qui arrive, c’est pour vous. Vous devriez le savoir : votre copine ne supporte pas que vous dormiez quand elle conduit. Bah, de toute façon vous n’auriez pas fait une longue sieste, réveillé par ses arrêts-pipi toutes les demi-heures. Et c’est dommage vu qu’il vous faudra être en forme pour conduire de nuit, puisqu’elle refuse, comme chaque nuit, de le faire.

Ne vous inquiétez pas : à force vous relativiserez. Vous oublierez qu’elle insiste pour faire des détours afin d’acheter des produits du coin, vous oublierez qu’elle profite du fait que vous soyez enfermés sans possibilité de partir pour aborder les problèmes de votre couple (pour vous pourtant inexistants), et vous oublierez que le peu de fois où elle conduit, elle est à la fois lente et dangereuse.

En fait, la seule chose que vous n’oublierez pas, c’est que le festival, c’est le week-end prochain.

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 5 décembre 2007

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