Expositions

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Un an sur deux environ, le Centre Georges Pompidou aime à sortir ses collections permanentes de leur monotonie en leur offrant un accrochage thématique. Celui de cette saison ne pouvait échapper à Save My Brain puisqu’il consacre les artistes féminines.

Un simple chiffre pour donner l’ampleur du désastre : moins de 3% des artistes exposés dans les sections modernes des grands musées sont des femmes (et 83% des nus sont féminins). Ce n’est pas moi qui le dit mais le groupe d’artistes Guerilla Girls, dans une affiche-poster aussi percutante que signifiante. Dès lors, la question du bien fondé du thème de l’exposition ne se pose plus…

Un chiffre surprenant si on considère que les noms féminins célèbres dans l’art ne manquent pas. Et pourtant… Le ton est donné dès l’entrée avec les gigantesques badges d’Agnès Thurnauer (en vente en un format plus « portable » à la boutique, arborant fièrement les noms féminisés d’artistes parmi les plus grands du XX° siècle : Annie Warhol, Marcelle Duchamp, Francine Picabia… Mon préféré : Miss van der Rohe.

Le découpage du quatrième étage est en suite assez classique à qui est habitué aux lieux, avec des ramifications par thèmes, regroupant des corpus comprenant entre cinq et dix œuvres par salle. Des thèmes des plus variés, n’étant pas simplement focalisés sur la question du féminisme. Au contraire de l’exposition Africa Remix d’il y a quelques années, qui avait montré un art africain obnubilé par la question de la colonisation, l’art « féminin » ne reste pas enfermé dans la problématique de sa minorité, abordant les philosophies les plus diverses.

La meilleure façon de s’en apercevoir est de parcourir les salles du quatrième étage, qui ne semblent guère transfigurées par ce nouvel accrochage. Tous les domaines (peinture, sculpture, design, architecture, vidéo…), toutes les époques, tous les courants semblent abordés, avec autant de profondeur ou de superficialité selon les œuvres qu’à l’habitude. Les grands noms y sont toujours autant présent bien que s’accordant au féminin : Jenny Holzer, Annette Messager, Sophie Calle, Niki de Saint Phalle, Louise Bourgeois, Aurélie Nemours… Bref, cette exposition montre avec force que rien n’a changé au Centre Georges Pompidou, même en enlevant les œuvres des artistes masculins qui ont l’habitude de truster le devant de la scène. Une démonstration sans faille que les filles sont largement à la hauteur des garçons !

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1 Comment

  • Reply
    Akar
    20 août 2010 at 14:36

    Bonjour,

    J’apprecie votre article par contre, au premier paragraphe, Guerilla Girls ne disent pas que  »moins de 3% des artistes exposés dans les sections modernes des grands musées sont des femmes (et 83% des nus sont féminins) » mais  »moins de 3% des artistes exposés dans les sections modernes de Metropolitan Museum sont des femmes (et 83% des nus sont féminins). »

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