Expositions

Xavier Veilhan au Château de Versailles

Un an après Jeff Koons, c’est au tour de Xavier Veilhan d’investir le château de Versailles. Un choix qui nous ravit, puisque l’artiste français, malgré une créativité évidente, est bien trop peu représenté sur la scène artistique internationale. Veilhan propose une expo moins provocante que celle de Koons mais peut-être plus esthétique et présentant un dialogue encore plus subtil avec son formidable lieu d’exposition.

Cueillant le visiteur dès la cour d’honneur, le carrosse semble traverser l’espace. A mi-chemin entre origami et polygones numériques, son aspect mêle tradition et modernité, réunis par une même délicatesse. Pourtant, le dynamisme de ces chevaux est bien réel.

Dans les jardins, la galerie des architectes est sans aucun doute une pièce maîtresse. Xavier Veilhan a ici voulu constituer son Panthéon des architectes, emmenés par Claude Parent, entre autres connu pour avoir collaboré avec Yves Klein pour l’Architecture de l’Air. Parmi eux, la silhouette massive et immédiatement reconnaissable de Jean Nouvel contraste avec les formes d’une naïade se prélassant sur les margelles d’un bassin. Là encore, l’artiste a joué sur la définition de l’image, rendant les statues avec plus ou moins de finesse. Cela va d’un Richard Rodgers qui se limite à quelques polygones à un Claude Parent très finement rendu.

Puis on trouve un gisant géant, un Youri Gagarine allongé dont le gigantisme rappelle les statues de l’Ile de Pâques. Son buste creusé de mauve et la géométrie du casque jouent avec l’agencement des carreaux dans une perte d’échelle digne de Moritz Cornelius Escher alors que les étranges tiroirs à secret ont une consonance surréaliste, écho à certains tableaux de Magritte ou Dali.

L’intérieur est également investit, avec un mobile, immense décoration reprenant encore le thème du violet et un coucou, discret dans la galerie des glaces. Xavier Veilhan se fond donc dans le château de Versailles avec des œuvres énigmatiques et d’un esthétisme singulier. Mettant à profit les jardins, elle se présente plus comme une « habitation » de l’artiste par ses œuvres qu’une exposition traditionnelle. On peut véritablement parler d’événement, tant cette disposition est rare et le cadre extraordinaire.

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