Jeunesse

Daniel Pennac, passeur de mots

Daniel Pennac

« je suis né par curiosité. Y a-t-il une meilleure raison de naître? »

Issu d’une famille corse, Daniel Pennac, de son vrai nom Pennacchioni, est né le 1er décembre 1944 à Casablanca au Maroc. Son père, officier de l’armée coloniale lui a a donné le goût des livres. Daniel Pennac passe son enfance au gré des affectations de son père et voyage ainsi en Afrique, en Asie et en Europe. De retour en France, il poursuit ses études en internat à Nice, et obtient une maîtrise de lettres. Ses études le conduisent à l’enseignement de 1969à 1995, et il devient professeur de lettres en collège, puis en lycée, à Soissons et  à Paris, Belleville.

Strom – tome 1 : Le Collectionneur

Strom - Le Collectionneur

Résumé :

« Entrez dans le monde du Strom … »

Dans les sous-sols du Louvre, une société occulte œuvre pour protéger l’Humanité : la confrérie des Chevaliers de l’Insolite. Elle préserve le secret de l’existence de mondes insoupçonnés, invisibles au commun des mortels.
Aujourd’hui, l’Organisation recrute la prochaine génération de chevaliers. Raphaël et Raphaëlle sont de ceux-là. Maitrise des sciences paranormales, télépathie, lévitation, les jumeaux développent, en parallèle de leur vie de collégiens ordinaires, les capacités inexplorées de leur esprit.
Désormais initiés aux pouvoirs du Strom, ils se lancent bientôt à la recherche d’un objet précieux, dérobé à la confrérie par un mystérieux collectionneur …

La comtesse de Ségur

La comtesse de Ségur

« A l’heure du sommeil le cortège des petites filles modèles et du bon petit diable me suivent dans ma chambre et peuplent mon sommeil.» François Mauriac

Harry Potter et les Reliques de la Mort – Partie 2

Voilà, ça y est, le moment tant redouté est arrivé. Harry Potter, c’est fini ! Après avoir émerveillé pendant plus de dix ans les jeunes (et moins jeunes !) fans du sorcier à lunettes du monde entier, la saga s’est achevée, le 13 juillet dernier, avec la sortie sur les écrans de l’ultime opus de la série : Harry Potter et les Reliques de la Mort – Partie 2. Une page se tourne. Un chapitre se clôt. Mais pour celles et ceux qui ont grandi avec Harry, la magie ne s’arrêtera jamais …

1998.
C’est l’année de parution en France du premier volet d’une saga qui allait devenir incontournable : Harry Potter à l’École des Sorciers. 13 ans, 7 livres et 8 films plus tard, l’aventure prend fin. Et quelle fin ! L’adaptation sur grand écran de la seconde partie de Harry Potter et les Reliques de la Mort conclut magistralement plus d’une décennie de magie !

Au début de cette suite, nous retrouvons Harry, Ron et Hermione à la Chaumière aux Coquillages, la maison de Bill et Fleur Weasley. Harry vient à nouveau de perdre un ami. Au milieu des dunes, avec vue sur la mer, gît Dobby, elfe libre. Le rapide passage par la demeure de Bill et Fleur offre au trio ainsi qu’aux spectateurs un rare moment de répit dans cette seconde partie où les évènements s’enchainent à cent à l’heure ! Car il reste encore tant de choses à accomplir afin de venir à bout du mage noir le plus puissant de tous les temps. Trouver les Horcruxes. Les détruire. Mener la bataille finale.

Dans l’ensemble le film respecte plutôt très bien l’œuvre de J.K. Rowling. Rien ne manque, même si, personnellement, j’ai regretté que le début du film n’ait pas été plus soigné. En effet, si l’on n’a pas lu les livres (honte sur vous !^^) l’on comprend difficilement comment Hermione est entrée dans la peau de Bellatrix, quant au roux qui se tient à ses côtés, j’ai moi-même mis une seconde pour réaliser qu’il s’agissait de Ron ! Mais où a-t-il trouvé ce déguisement ?! Cela n’aurait pas couté grand chose de mentionner qu’Hermione avait modifié son apparence … Bref ! Idem pour la scène chez Gringotts, qui aurait pu être mieux exploitée. Quelques détails m’ont chiffonnée, comme par exemple le fait que ce soit Hermione qui prenne l’initiative de grimper sur le dragon, mais bon, rien de bien dramatique en soi ! A part cela, et même si deux ou trois faits se déroulent de façon différente, je dois avouer avoir été plutôt bluffée par la qualité de cette seconde partie. Mieux. Certaines scènes m’ont davantage bouleversée dans le film que dans le livre.

Là où le film est formidable, c’est qu’il fait la part belle à un personnage jusqu’alors souvent relayé au second plan : Severus Rogue. L’énigmatique professeur, devenu directeur de Poudlard, a bien caché son jeu alors qu’il tient un rôle primordial dans le déroulement des évènements. De nombreuses interrogations ont été soulevées dans la première partie, voire dans les autres tomes. Rogue est la réponse. Et en tant que fan inconditionnelle de Severus depuis le début, je ne pouvais qu’être conquise par ce dernier film ! Alan Rickman est parfait et tout ce qui concerne son personnage a formidablement été mis en images. Son rôle en tant que directeur, sa confrontation avec Minerva McGonagall, sa mort … et ses souvenirs … Ma scène préférée du film. La plus émouvante de toute la saga.

Tout est réunis dans ce film pour en faire une fin digne de ce nom. Il y a de l’amour, de l’humour (mention spéciale à Ron, toujours aussi drôle malgré lui^^), de l’action, de l’émotion. Beaucoup d’émotion, et ce même si la mort en direct de Fred est « légèrement » passée à la trappe ! Les personnages et scènes que j’attendais de voir avec impatience sont au rendez-vous. Abelforth Dumbledore est extra, Helena Serdaigle terrifiante, Minerva McGonagall étonnante, dommage juste que l’on n’ait que vaguement aperçu les Carrow. Autrement, la bataille de Poudlard est époustouflante et sublime visuellement (la scène où les statues s’éveillent m’a littéralement collée la chair de poule !), la confrontation finale entre Harry et Voldemort largement à la hauteur de mes attentes, avec même un petit rab absent dans le livre mais cohérent dans le film et, évidemment, le fameux épilogue, 19 ans plus tard …, sur le quai de la voie 9 3/4, est présent lui aussi. LA scène (enfin avec celle du baiser entre Ron et Hermione – pas trop tôt !) que l’on attendait tous !

Au final tout y est et même plus. Je suis ressortie de la salle bouleversée par certains passages et aussi triste que ce à quoi je m’étais préparée. Harry Potter et les Reliques de la Mort – Partie 2 aura offert aux fans une conclusion palpitante et émouvante à une saga qui restera gravée longtemps, très longtemps, dans la mémoire de bon nombres d’entre nous. Et, quoiqu’on en dise, ce dernier film ne marque pas la fin de la saga. Non. Comme l’a rappelé J.K. Rowling elle-même lors de la première londonienne : « Poudlard sera toujours là pour vous accueillir. » La magie continue.

Promise – Ally Condie

Synopsis :

Cassia, 17 ans, vit dans une Société prétendument idéale qui dicte tout : les distractions, le travail, le lieu d’habitation, la façon de se nourrir, de s’habiller. Même la mort de ses habitants est programmée. Mais surtout, les Officiels qui la régissent organisent les mariages selon des critères de compatibilité optimale. Aussi, quand Cassia apprend qu’elle est promise à Xander, son meilleur ami depuis l’enfance, tout lui semble parfait ! Pourtant, c’est le visage d’un certain Ky qui apparaît sur le fichier numérique consacré à son Promis, avant que l’écran ne s’obscurcisse … Une erreur, lui dit-on ? Car Ky est classé Anomalie et n’a par conséquent pas le droit de se marier. Intriguée, Cassia cherche à mieux connaître ce garçon au passé mystérieux. Ky lui fait découvrir l’écriture, la poésie, le dessin, au travers duquel il lui raconte son histoire. Cassia tombe amoureuse. Mais Xander reste son Promis selon les lois érigées par la Société. Peu à peu, l’image de cette Société « parfaite » s’effrite aux yeux de l’adolescente d’ordinaire si disciplinée. Le doute s’insinue dans son esprit. Mille questions viennent la perturber …

Mon avis :

L’action n’est clairement pas ce qui caractérise le premier tome de cette trilogie. Le récit est assez lent, peu d’évènements notables se produisent, pourtant, l’on s’attache sans difficulté à Cassia et à son environnement.

Pas particulièrement fan de dystopie (mélange de science-fiction et de récit d’anticipation), j’ai néanmoins été séduite par l’univers proposé ici. Les codes liés au genre sont parfaitement respectés. Les personnages sont bien construits, l’environnement maîtrisé. La narration, fluide et accessible, permet au lecteur de s’immerger facilement dans cette Société hyper contrôlée, qui surveille les moindres faits et gestes de ses habitants. Ils ont juste assez de liberté pour ne pas être tentés de se rebeller. C’est dans ce climat pacifique, certes, mais non moins répressif que Cassia tombe amoureuse de Ky. Le lecteur suit l’évolution de leur relation alors que les adolescents s’efforcent de ne pas attirer l’attention des Officiels. Et plus elle en apprend sur Ky, plus Cassia remet en question le fonctionnement de leur Société. Pourquoi ne pourrait-elle pas choisir d’aimer qui elle veut ? Pourquoi son grand-père n’aurait-il pas pu vivre plus longtemps ? Qu’abritent les Provinces Lointaines situées au-delà des murs de la Société ? Autant de questions qui incitent l’adolescente à vouloir reprendre le contrôle de son existence.

Il est donc question dans ce récit de rébellion, de désir de libre-arbitre, de quête d’une liberté de choix dont les personnages ont été privés. Des thèmes finalement qui, au vu de l’évolution de notre propre société, interpellent forcément le lecteur. L’auteur parvient à conserver son attention en semant, par ci par là, des détails laissant présager d’une future rébellion. Cassia voit donc plusieurs aspects de sa vie bouleversés. Ses rations de nourriture sont diminuées, sa mère est envoyée travailler au loin, les reliques des habitants, des objets du passé (de notre époque donc), leurs sont confisquées, jusqu’au jour où Cassia voit Ky être emmené de force afin de combattre les ennemis de la Société dans les Provinces Lointaines. C’est la goutte d’eau pour la jeune fille. Il est temps de réagir.

Ainsi le premier tome prend fin sur la décision de Cassia de rejoindre Ky, par tous les moyens. Il semblerait qu’elle ne soit pas la seule à vouloir se rebeller contre la Société, ce qui promet plus d’action dans le second tome, celui-ci ayant surtout servi à mettre l’intrigue en place. Un bon premier opus donc, prometteur pour la suite.

Plus d’infos : Promise, édité par Gallimard Jeunesse, est disponible sur Amazon. Le second tome, Crossed, paraîtra le 24 novembre aux États-Unis.

La saga des Anges Déchus

Lorsque j’ai fini le tome 2 de cette saga ce weekend je me suis immédiatement exclamée (intérieurement pour ne pas passer pour une débile auprès de mes voisins) « oh mon Dieu il faut à tout prix que j’en parle lors de ma prochaine chronique jeunesse ! » Alors voilà, j’en parle !

Présentation :
La Saga des Anges Déchus, écrite par Becca Fitzpatrick, se présente en trois tomes, dont les deux premiers sont dores et déjà sortis en France.
Dans Hush Hush, Nora Grey tente de reprendre une vie normale quelques mois après le meurtre de son père. Dans la ville brumeuse de Portland, la jeune fille fait la connaissance du mystérieux Patch, qui vient de débarquer dans son lycée. Patch semble en savoir beaucoup sur elle alors que Nora ne sait rien de lui. De plus, il ne cesse de se retrouver par hasard (?) sur son chemin. Nora s’interroge. Que lui veut ce garçon aussi énigmatique qu’attirant ? Alors que les deux adolescents se rapprochent, Nora prend peur. Un inconnu masqué l’attaque sur la route puis sa chambre est mise à sac. Sans le savoir, Nora se retrouve au cœur d’une guerre ancestrale opposant les anges déchus à leurs « vaisseaux », les Nephilim, mi-ange, mi-humain. Et en tombant amoureuse de Patch, elle va découvrir que sa passion pourrait bien lui être fatale.

Après une année tourmentée lors de laquelle elle a bien failli trouver la mort, l’on retrouve Nora dans Crescendo. Les vacances d’été sont arrivées et Nora compte bien en profiter pour passer un maximum de temps avec Patch. Mais le garçon se comporte de façon étrange. Il s’éloigne peu à peu d’elle, pour se rapprocher de sa pire ennemie : Marcie Millar. Que fait-il avec cette fille ? Nora peut-elle encore compter sur lui ? Le doute s’installe dans son esprit. Dans le même temps, Nora est hantée par le fantôme de son père et se retrouve plongée dans un mystère qui la dépasse. Malgré la menace qui plane au dessus d’elle et en l’absence de Patch, Nora se risque à enquêter seule, consciente que la vérité qu’elle s’apprête à dévoiler est peut être plus terrible encore que le mensonge …

Mon avis :

Je dois avouer avoir eu un peu de mal à accrocher lors de la lecture des premiers chapitres de Hush Hush. Le tome 1 est réussi mais un peu lent à démarrer. De plus, l’environnement « lycéen » dans lequel l’action se déroule m’a parfois ennuyée. Heureusement, Patch est là pour captiver le lecteur ! Enfin la lectrice …^^ J’ai rarement été confrontée à un personnage aussi charismatique dans une saga jeunesse. Il est à la fois séduisant, mystérieux, dangereux, profond et terriblement attirant ! Sans aucun doute, il constitue l’intérêt majeur du premier tome. Nora quant à elle, parfois agaçante et immature, est néanmoins attachante. L’on prend un plaisir presque jubilatoire à voir Patch la tourmenter, la provoquer, la séduire pour mieux l’éloigner ensuite jusqu’au moment inévitable où le garçon se prend à son propre piège … Leurs échanges sont succulents, bourrés d’humour et de répartie, mais aussi de tension sensuelle, qui pousse le lecteur à s’agripper aux pages du roman !
L’ambiance générale du récit est sombre et mystérieuse. Les sens du lecteur, comme ceux de Nora, sont constamment en alerte devant la menace semblant planer au dessus de la tête de l’héroïne. Vient-elle de Patch ? Ou d’une autre personne ? Malgré son attirance pour le garçon, Nora n’ose pas lui faire confiance. Son sentiment d’insécurité constant apporte une notion de suspense au récit, qui le rend captivant.
Au final, certaines questions restent sans réponse, certaines zones d’ombre persistent, mais heureusement, il y a une suite ! …

… Et elle est encore meilleure que le premier opus ! Que de surprises, que de rebondissements ! A la lecture de certaines révélations, j’en ai tout simplement eu le souffle coupé ! Après l’impression plutôt mitigée que m’avait laissé Hush Hush, je ne m’attendais pas à aimer autant Crescendo. J’avais néanmoins envie de le lire, histoire de connaître la suite des aventures de Patch et Nora (mais surtout de Patch^^). Et bien je n’ai pas été déçue du voyage ! Je ne peux malheureusement pas en dire plus pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne l’ont pas lu mais si vous hésitiez à vous lancer dans cette saga, n’attendez plus ! Elle en vaut vraiment la peine. L’on retrouve bien sûr Patch et Nora mais on est loin de vivre la romance parfaite à laquelle on aurait pu s’attendre à l’issue du premier tome. Au contraire … Qui plus est, Nora voit débarquer dans sa vie un nouveau personnage : Scott Parnell. Scott est agaçant, violent, un peu lourd mais il a ses raisons … Crescendo nous apporte également des réponses sur les circonstances de la mort du père de Nora et des révélations choc sur sa famille. Et quel final ! Tout simplement époustouflant. Voilà qui promet pour le tome 3 ! …
Pour faire court, ce second opus est encore plus inquiétant et palpitant que le premier. La relation Nora / Patch plus intense et compliquée que jamais : courrez l’acheter !

Petit + non négligeable : les couvertures sont absolument magnifiques :)

Plus d’infos : Hush Hush et Crescendo sont publiés aux Éditions du Masque. Le tome 1 est également disponible en format poche. Le troisième tome, Silence, sortira aux États-Unis le 4 octobre 2011.

Irrésistible Alchimie – Simone Elkeles

Synopsis :

Brittany et Alex vivent dans la même ville et vont au même lycée. C’est tout ce qu’ils ont en commun. Brittany, capitaine des pom pom girl et reine du lycée, habite les quartiers chics et mène une vie de rêve, du moins en apparence … Alex, lui, d’origine mexicaine, vit dans le quartier défavorisé de Fairfield avec ses frères et sa mère et fait partie d’un gang craint par les habitants de la ville : les Latino Blood.

Tout les oppose et les deux jeunes gens se détestent pour ce que l’autre représente. Pourtant, ils vont devoir se supporter et travailler ensemble sur un projet de chimie assigné par leur professeur le jour même de la rentrée. Brit et Alex vont bientôt découvrir qu’ils ont bien plus en commun qu’ils ne l’auraient imaginé …

Mon avis :

Irrésistible Alchimie fait partie de mes coups de cœur de l’année ! Si le thème, mainte fois abordé, de la jeune fille des beaux quartiers qui a à priori tout pour être heureuse et tombe amoureuse du bad boy du lycée peut paraitre cliché, on se laisse malgré tout embarquer avec plaisir dans cette histoire d’amour impossible sur fond de guerre des gangs. Car l’environnement dans lequel évoluent les personnages est loin d’être idyllique. Il est sombre, complexe, parfois violent et n’a rien d’un conte de fée ! Il correspond à ce que certains d’entre nous peuvent être amenés à vivre dans la vraie vie, tout simplement. Dans la vraie vie, on doit se battre continuellement pour obtenir ce que l’on veut et parvenir à tracer soi-même son chemin.

C’est dans ce contexte difficile donc que Brit et Alex découvrent qu’ils sont loin de correspondre à l’image que les autres (et eux-même) donnent d’eux. Brit n’est pas aussi parfaite qu’elle en a l’air, Alex n’est pas aussi mauvais qu’on le prétend. En réalité, c’est plutôt le chaos dans la famille de Brittany, qui se bat contre ses parents pour garder sa sœur handicapée auprès elle. De son côté, Alex doit non seulement lutter contre les membres des gangs rivaux, mais aussi contre ceux des Latino Blood, qui lui interdisent de les quitter sous peine de violentes représailles …

Vous l’aurez compris, rien n’est simple dans ce Roméo et Juliette version 21ème siècle, revisité à la sauce mexicaine (et c’est parfois caliente !^^).

Au final, leur histoire d’amour permettra à Brit et Alex d’évoluer et de régler leurs conflits respectifs … , mais à quel prix ?

Plus d’infos : Irrésisitble Alchimie fait partie d’une trilogie d’histoires sur le même thème mais avec des personnages différents. Le second tome, Rules of Attraction, est sorti aux États-Unis le 13 avril 2010 et selon toute vraisemblance sortira prochainement en France. Le troisième, Chain Reaction, sera publié le 16 août prochain Outre-Atlantique.

Irrésistible Alchimie, édité chez La Martinière Jeunesse, est disponible dans toutes les bonnes librairies et également sur Amazon.

Harry Potter et les Reliques de la Mort – 1ère partie

Sorti le 24 novembre dernier, il n’aura pas fallu longtemps à Harry Potter et les Reliques de la Mort – 1ère partie pour faire exploser le box office. Attendu avec impatience par des millions de fans du sorcier à la cicatrice en forme d’éclair, l’avant dernière adaptation de la saga de J.K Rowling a, tout comme les précédents opus si ce n’est plus, cartonné à travers le monde. La France ne fait pas exception, et à la sortie des salles, les premières réactions ne se font pas attendre… Alors en tant que fan inconditionnelle des aventures de Harry (Potter, pas l’Inspecteur…!) c’est à moi qu’il revient de vous livrer mes impressions sur cet avant dernier opus, en toute objectivité bien sûr ! …

Les critiques, bonnes comme mauvaises, vont bon train depuis la sortie de Harry Potter et les Reliques de la Mort – Partie 1. J’en ai lu quelques unes, surtout pour m’assurer qu’on ne disait pas trop de mal de mon sorcier préféré, et ai été choquée de constater que, comment osent-ils ??, certains spectateurs n’avaient pas été satisfaits de cette adaptation. Pire !, ils ont été franchement déçus. A deux doigts du meurtre par strangulation, je ne me suis pas démontée pour autant et ai poursuivi ma lecture, pour finalement m’apercevoir que les détracteurs en question n’avaient même pas pris la peine de lire les livres…! Et alors là je hurle au scandale !! Comment peuvent-ils critiquer justement l’adaptation s’ils n’ont pas lu les livres ?! Avis à tout ceux qui n’ont jamais lu Harry Potter de leur vie et qui se permettent de taper sur les films : avant de critiquer ouvertement il faudrait peut être s’assurer de savoir de quoi on parle ! Car effectivement, ceux qui sont allés voir Harry Potter et les Reliques de la Mort sans avoir lu les livres n’ont probablement rien compris au film, ni même à la saga toute entière ! Difficile dans ce cas de se faire une opinion juste…

Comme vous l’aurez compris, j’ai pour ma part lu la saga, et ai ainsi acquis le droit, oui oui, LE DROIT, de critiquer le film, puisque je sais de quoi je parle, moi ! Et après être allée le voir par deux fois, une fois pour le découvrir de mes yeux émerveillés et la seconde pour l’analyser en mode fan hystérique OFF, je pense m’être fait une opinion plutôt objective de ce dernier opus en date. Et, objectivement donc, à part deux ou trois détails, il est plutôt très bien adapté ! Alors ceux qui n’ont pas lu le livre diront qu’il ne se passe rien, que le film traine en longueur, et qu’en 1h30 au lieu de 2h26 il aurait pu être plié ! Faux ! Au contraire, il met remarquablement bien en place la confrontation finale qui s’annonce dans le dernier chapitre. J’ai été particulièrement ravie de constater que TOUTES les scènes importantes du livre étaient présentes dans le film, ce qui était loin d’être le cas dans Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé ! …

Cette première partie est rythmée par des scènes cruciales que l’équipe de tournage est parvenue à rendre spectaculaires, comme par exemple celle des 7 Potters, du Ministère de la Magie, de Godric’s Hollow ou de la visite à Xenophilius Lovegood, lors de laquelle Hermione lit le Conte des Trois Frères, superbement mis en images. Entre ces scènes, le spectateur se retrouve immergé dans l’univers du livre et partage le quotidien difficile et les doutes de celui désormais devenu l’Indésirable n°1. La recherche des Horcruxes est d’ailleurs, même si elle va plus vite dans le film que dans le livre pour des raisons évidentes, scrupuleusement respectée. Les sentiments des personnages sont justement retranscrits et le spectateur averti n’a aucun mal à les partager. A ce sujet, mention spéciale à Emma Watson qui est enfin à la hauteur de l’Hermione du livre ! Ça n’était plus arrivé depuis un bon moment…

La tension est palpable. Voldemort est beaucoup plus présent que dans les autres films et les visions de Harry à son sujet renforcent le sentiment de menace qui pèse sur la communauté des Sorciers. Harry perd trois amis, le Ministère est renversé, le Professeur Rogue, dont on ne sait pas encore s’il est du côté des Mangemorts ou de l’Ordre du Phénix, est à la tête de Poudlard, deux autres Mangemorts ont intégré l’école, les Rafleurs rôdent pour mettre la main sur les Sorciers déserteurs, les Sang Mêlés sont interrogés par le Ministère puis privés de leur baguette… Bref !, tout ceux qui ne sont pas du côté de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom sont en danger, et ce fait est parfaitement illustré dans le film pour qui y prête suffisamment attention.

Au final, malgré deux ou trois détails qui m’ont chiffonnée (la collaboration de Kreattur se fait un peu trop facilement et l’évasion de Ron et Harry de la cave des Malfoys est un peu bâclée…), Harry Potter et les Reliques de la Mort est une réussite, tant sur le plan scénaristique que visuel, et il a l’avantage de s’achever sur une scène qui donne froid dans le dos et introduit à merveille la seconde, et ultime partie…

Tim Burton

Maître de l’expressionniste morbide et de l’ironie mélancolique, ce grand cinéaste a su créer un univers riche, poétique, burlesque et sombre. Je veux lui rendre hommage car sans lui, nous ne pourrions pas voir pas de chefs-d’œuvre comme Edward aux mains d’argent ou Ed Wood. Il nous explique avec psychologie la différence et ses impitoyables tourments, dont le rejet, et nous montre une critique délirante, assassine, mais quelque peu réaliste du monde qui tourne au désastre.

I/ Une enfance marquée

1. Solitude à Burbank

Timothy William Burton naît le 25 août 1958, dans la petite ville de Burbank, en Californie, qui jouxte les studios hollywoodiens. Fils d’un père frustré par le sport et d’une mère ayant une obsession presque maniaque des chats, il n’eut point d’échanges relationnels avec eux, ni même avec ses camarades de classe. Enfant introverti et d’une timidité exemplaire, on peut au moins affirmer qu’il ne manquait pas d’imagination (comme le prouve le dessin, illustré par Burton lui-même, extrait du site « Le Monde de Tim Burton »).

2. L’éducation par la Hammer et la Universal

L’imagination du jeune Burton provient à l’origine de sa passion quotidienne : les films d’horreur. En effet, il passe toute son enfance à visionner, que ce soit à la télévision ou dans les salles obscures, les vieux et célèbres films d’épouvante, particulièrement ceux des studios Hammer et Universal. Il avait une préférence toute particulière pour les monstres, comme Frankenstein et Dracula, ainsi que l’expressionnisme allemand et morbide, que l’on trouve parfois dans La Famille Addams et Le cabinet du docteur Caligari. Il ne ratait jamais les films avec Vincent Price ou une adaptation cinématographique d’une des nouvelles d’Edgar Allan Poe, son auteur favori. C’est ainsi que ces films-là firent son éducation et l’aidairent à créer son propre univers.

II/ Les débuts d’un jeune étudiant prometteur

1. Des études créatives

Tim Burton vit dans son univers intérieur. Pourtant, cela ne l’empêche pas de continuer ses études, grâce à son don particulier pour le dessin. Ainsi, en 1976, il remporte une bourse pour le California Institute of the Arts (Cal Arts), pépinière des dessinateurs fondée par les studios Disney, qui en imposent les programmes. Là-bas, il rencontre des étudiants déjantés, lui ressemblant, et ils tournent des courts-métrages, tels que Doctor of Doom (Docteur Fatum), hommage à Frankenstein et à Elephant Man, narrant un scientifique, interprété par Tim Burton lui-même, se mettant à la création d’un monstre à tête d’éléphant, ou Lau, un petit film de copains, mélangeant une histoire de surfeurs avec des péripéties de films d’épouvante de série Z et des intermèdes musicaux ou chantés. Possédants la même ambiance délurée et déjantée, ces deux petits films sont réalisés par Burton et en co-réalisateur, Jerry Rees, avec des amis diplômés. Cette relation permet au jeune Timothy de prendre conscience de sa vocation et de la possibilité d’en vivre.

2. Période disneyenne

Tim Burton réalisa un petit court métrage d’animation, Stalk of the Celery Monster, hommage à Frankenstein, narrant un scientifique cinglé, en compagnie de son abominable assistant, en train de torturer sauvagement une femme allongée, niché dans l’imaginaire d’une patiente ayant une peur bleue pour son dentiste (vous pouvez le visionner en deux parties sur YouTube). Ce film de 46 secondes lui permet de gagner un concours pour jeunes talents au Cal Arts et, aussi étrange soit-il, Burton a été sélectionné pour travailler comme superviseur des effets visuels, au sein de la production Disney. Il travaille avec un tel ennui sur Rox & Rouky, puis sur Taram et le Chaudron magique, que les producteurs de la Walt Disney suppriment ses dessins, car le style est très différent de celui du studio. Toutefois, le jeune Burton tourne d’autres courts-métrages, comme une adaptation différente de Hansel and Gretel, de par ses modifications, les personnages tous japonais, les combats d’arts martiaux, les acteurs non professionnels et les femmes jouées par des hommes. Voilà pourquoi Disney Channel le diffusait uniquement le 31 octobre 1982 à 22h30 ! Autre moyen-métrage, un moyen-métrage de 47 minutes, adaptation d’Aladdin et la Lampe merveilleuse, dont Tim n’est pas très fier du résultat, ni de l’expérience, car il lui manquait des moyens et du temps (seulement une semaine pour ces 47 minutes !)…

3. La passion commence par l’animation et le noir et blanc

Le jeune cinéaste débutant commence à tourner ses premiers courts-métrages professionnels dès 1982 avec le méconnu Hansel and Gretel et le difficile Aladdin and his Wonderful Lamp. Mais il devient peu à peu connu par des adorateurs d’horreur gothique avec deux courts-métrages particulièrement stylisés et très personnels, l’un de 82, l’autre de 84.

En 1982, Tim Burton réalisa son premier vrai court-métrage, en l’appelant Vincent. Il narre les tribulations d’un enfant de sept ans qui semble à part dans les deux mondes, le premier, la réalité, où il a la figure innocente d’un ange, et le deuxième, son univers, où il se révèle être un personnage de films d’épouvante, avec la manie de créer des inventions horribles et une ressemblance frappante avec l’acteur Vincent Price. Il ne fait aucun doute que le cinéaste retranscrit son enfance, en offrant un hommage à ses amours : les vieux films d’horreur ainsi que les œuvres d’Edgar Allan Poe, dont quelques-unes de ses nouvelles figurent comme clins d’œil, comme la maison Usher, le masque de cire, le Corbeau, etc… Ce film de 6 minutes contient même tous les thèmes graphiques et profonds du cinéaste : sa passion pour l’expressionnisme allemand comme les ombres, le graphisme sombre stylisée et la poésie morbide, décalé mêlés au mélancolique. C’est également un grand et émouvant hommage à Vincent Price, figurant comme narrateur du court-métrage.

Les studios Disney avaient du mal à apprécier le fabuleux Vincent, car ils le jugeaient trop morbide pour passer au grand écran. Pendant qu’ils le rangeaient au fond d’un tiroir, Timothy William Burton conçut en 1984 Frankenweenie, un troisième hommage à Frankenstein, contant l’enfance de ce docteur-là, pleurant sur le triste sort de son cher chien, mais qui trouva la solution, grâce à son prof de biologie, en ranimant l’animal défunt avec des appareils électriques. Les ennuis sont sur le point de commencer quand le chien ressuscité s’évade de la maison… Ce bel hommage au livre de Mary Shelley est resplendissant de beauté, avec ce noir et blanc si stylisée. Le scénario, un peu simple, a le mérite d’être original et l’ensemble regorge de trouvailles des futurs films du cinéaste, principalement Edward aux mains d’argent. Le moyen-métrage possède aussi des acteurs très bons, d’où on peut noter la participation de l’actrice Shelley Duval (The Shining), même si on peut reprocher le style Disney qui se fait ressentir, notamment sur l’humour et le fait que le film en lui-même reste gentillet. Néanmoins, ce film de 30 minutes se laisse regarder avec plaisir, marquant une période amère de Burton au sein de Disney, mais qui a permis ensuite, grâce à la productrice Julie Hickson, de faire le tournage de ces principaux courts-métrages.

III/ Une filmographie faite en perles inestimables

1. Les années 1980 :la naissance d’un grand univers riche

Tim Burton quitte les studios Disney et décide de créer son propre univers en filmant des projections cinématographiques. Commence alors une grande aventure palpitante, à base de films aussi splendides les uns que les autres…

Après avoir quitté la firme Disney, le jeune homme se lance dans une quête très ambitieuse, en commençant, en 1985, par l’adaptation d’une célèbre série télé américaine, présentée par un personnage particulier, Pee-Wee. Celui-ci avait tellement passionné Burton qu’il en devient même un être dans le monde du réalisateur. Le film raconte le voyage burlesque d’un enfant prisonnier à l’intérieur du corps d’un adulte à la recherche de son unique amour perdu : son vélo rouge. Le premier opus burtonien est un vrai cartoon, mélangeant l’absurde décalé et le kitch stylé, où tout est exagéré pour en faire une vraie jubilation artistique, possédant même des scènes mémorables. Et surtout, on remarque le style artistique, avec des décors hauts en couleurs et de l’animation, la même que Vincent, remarquable. Des personnages complètement satiriques, le héros se révélant cinglé, accompagnent cette folle aventure impossible. Bien qu’inconnu totalement en France, Pee-Wee’s Big Adventure est un très bon film qui commence à faire connaître ce cher Tim, grâce à l’immense succès au sein du peuple américain, en remportant 40 940 662 dollars, et qui a donné une suite en 1988.

Le cinéaste prometteur continua son périple, avec sa première œuvre originale. Après un délire visuel complètement fou, il se lance dans son monde gothico-macabre, afin d’inventer sur écran une histoire loufoque de fantômes, narrant les mésaventures d’un couple naïf fantomatique qui essaie malgré lui, avec l’aide d’un spectre particulièrement dérangeant, d’effrayer une famille de snobs tordus. Ce film est une excellente caricature du monde des Vivants et des Morts, avec des personnages tous aussi étonnants les uns que les autres, joués par des acteurs géniaux, surtout le méconnaissable Michael Keaton. Le personnage de Beetlejuice est vraiment hilarant, car toute son imprévisibilité le rend charismatique. Quant aux gags, ils mélangent habilement morbide et absurde. Le côté visuel est très important comme dans Pee-Wee, car il est très personnel, utilisant la technique d’animation préférée de Burton, la stop-motion. Beetlejuice est un second petit délire visuel, macabre, grotesque et étonnant lors de sa sortie en salles, en mars 1988. Son succès inattendu (73 707 461 dollars) lui a donné naissance à une série d’animation télévisée, créée par son auteur lui-même.

Ces deux premiers succès surprenants ont permis au jeune réalisateur d’entrer dans la superproduction américaine. La Warner Bros lui propose de réaliser la toute première adaptation cinématographique du héros Batman, série de bandes-dessinées créée par Bob Kane dans les années 30. Tim Burton accepta de suite sa participation au projet, très heureux d’apporter sa touche à son super-héros favori. Mais malheureusement, cela ne se passe pas comme il l’aurait souhaité. Premier film à gros budget, il est littéralement stressé par les obligeances capricieuses des producteurs du film et par les fans de la BD, critiquant son choix pour l’acteur qui doit jouer le sombre justicier (Michael Keaton). Le scénario met beaucoup de temps à être finalisé et Burton a du mal à mettre sa touche personnelle. Au final, le cinéaste ne garde qu’un déplaisant souvenir du tournage, considérant le méchant et les décors -qui remportent un Oscar-, comme les seules choses du film dont il en est vraiment fier. Pourtant, cela n’est pas de l’avis des spectateurs.

Sorti pendant l’été 1989, cette première aventure du Chevalier Noir au cinéma eut un énorme succès mondial, remportant en tout 251 188 924 millions de dollars. Le public fut marqué par l’atmosphère gothique régnant sur ce film et l’incroyable Joker (Jack Nicholson), l’attraction et même l’unique star de cette histoire, monstre guignolesque à l’apparence clownesque.

En cela, Batman est devenu aujourd’hui un classique parmi les adaptions de super-héros.

Les producteurs de la Warner Bros veulent aussitôt que Burton réalise la suite prévue du premier opus, mais celui-ci est, pour le moment, occupé avec un projet beaucoup plus intime…

2. Les années 1990 : une grande épopée de joyaux personnels et stylisés

Les années 90 ont marqué l’âge d’or de Tim Burton avec des chefs-d’œuvre tout aussi authentiques et magnifiques les uns que les autres. Les voici…

Le réalisateur à succès de Beetlejuice fut ensuite très attaché à un projet personnel, une histoire racontant l’intégration inespérée d’un homme aux ciseaux à la place des mains au sein d’une société kitch des années 60. La Warner Bros, trop concentrée sur la suite de Batman, pour accepter le projet, Tim Burton se tourne vers la Twentieth Century Fox pour réaliser les mésaventures de cet être unique. En choisissant Johnny Depp pour le rôle-titre, il construit avec lui une amitié forte et durable pendant des années, trouvant même une ressemblance étonnante entre eux. Le film est sorti le 14 décembre 1990 et a reçu une grande admiration parmi les fans du cinéaste, le considérant comme son plus grand chef-d’œuvre. Ce film a touché une grande majorité des spectateurs par l’émotion qui y règne et par son magnifique message sur la différence, que la normalité rejette cruellement. Cet énième opus burtonien est de plus très personnel vis à vis de son auteur, lui rappelant sa froide enfance dans la ville de Burbank. C’est grâce à sa poésie émotionnelle que Edward aux mains d’argent est un grand joyau cinématographique à nos yeux. A noter que Vincent Price joue son dernier rôle…

Tim Burton retourne à la Warner Bros pour terminer l’ère Batmanien, en 1991. Mais cette fois-ci, les producteurs lui accordent plus de liberté pour cette suite. Le jeune cinéaste, comblé, reprend alors Michael Keaton dans le rôle du héros sombre.

Par ailleurs, il rajoute deux nouveaux méchants que l’homme chauve-souris doit affronter : le Pingouin, que Burton, le trouvant fade dans la BD d’origine, change complètement son histoire pour le transformer en un être poisseux, en quête de son identité et nommé comme bête de foire à cause de sa défiguration, ainsi que Catwoman, rendue dans ce film attachante et compréhensible grâce à sa triste situation de femme paumée à cause de son patron mesquin.

Ainsi, le réalisateur à la coiffure abracadabrantesque offre un festival de « freaks » mélancoliques et en tout genre, qui éclipsent même le personnage principal, comme avec le Joker grimaçant.

Mais la suite de Burton eut un petit échec (162 831 698 millions de dollars) dans les salles comparé au budget incroyable récolté pour le précédent film, la presse critiquant ce nouveau opus comme trop léger et trop noir. C’est à cause de ces critiques que Burton n’a pas pu réaliser le troisième volet et que Joel Schumacher en a fait une sorte de parodie colorisée du mythe avec Batman Forever.

Néanmoins, Batman : le Défi est aujourd’hui vu comme un énième bijou burtonien parmi ses admirateurs, mais aussi comme l’une des meilleures adaptions de BD avec The Dark Knight.

Tim Burton, ancien animateur de Disney, multiplie les chefs-d’œuvre à grand succès, comme les excellents Batman ou le magnifique Edward aux mains d’argent. Malgré plusieurs moments ennuyeux chez Mickey, il revient pour proposer de réaliser une adaptation cinématographique d’un poème écrit pendant ses années disneyiennes. Intitulée The Nightmare before Christmas (Le Cauchemar avant Noël), la nouvelle, inspirée de Comment le Grinch a volé Noël du docteur Seuss, raconte l’exploit du mélancolique roi d’Halloween pour prendre la place du Père Noël, afin de sortir de l’esprit de sa propre fête. Utilisant la stop-motion pour son film, Burton collabore avec un expert de cette animation, Henry Selick, qui est fasciné par l’univers de son compagnon. Le tournage dura donc trois ans, sachant qu’il faut une semaine pour seulement une minute du film.

Sorti pour l’Halloween 1993, ce dessin-animé d’une heure et quart a marqué une génération entière du public, grâce à sa vieille technique d’animation, révolution de son époque mais aussi de la sortie du film, et à sa tournure de conte trompeuse.

Trompeuse, car cette histoire est tout le contraire d’un conte de fée ou d’un Disney pur manichéen, où elle met en scène des monstres qui décident d’offrir du bien aux autres, mais que ces autres les rejettent à cause de leur nature monstrueuse, via un autre portrait sur la différence.

L’Etrange Noël de Monsieur Jack est devenu le gros coup de cœur mondial parmi la filmographie de son créateur, et un de ses plus grands succès commerciaux.

L’auteur d’Edward aux mains d’argent est maintenant dans une période nostalgique. Il se rappelle des films de son enfance : les adaptations des ouvrages de Poe avec le regretté Price ainsi que les Frankenstein ou Dracula des années 30. Mais il se rappelle surtout les films d’un réalisateur en particulier, Ed Wood, qui l’avait fasciné. Alors, il décide de réaliser un grand hommage cinématographique.

Ainsi, sous la production Touschtone Pictures, avec en vedette Johnny Depp dans le rôle-titre, il réalise un portrait très émouvant, en noir et blanc, d’un cinéaste passionné, fan d’Orson Welles, faisant des ovnis cinématographiques farfelus avec des monstres en tout genre, des scénarios abracadabrantesques et des effets spéciaux ridicules. Il est aidé dans sa quête par son ami retraité Bela Lugosi, une légende du cinéma droguée et quelque peu dérangée, un homo qui adore son premier film sur le travestissement sexuel, un faux mage particulier et une présentatrice de shows horrifique très gothique. Considéré à vie comme le réalisateur le plus mauvais de tout les temps, Tim Burton montre par cette biographie que même si les films de ce Edward-là étaient médiocres, il mettait toute sa passion pour les faire et que jamais il ne s’est arrêté d’en faire, malgré les critiques assassines.

Malheureusement, le film est aussi incompris que son héros, puisqu’il a fait un échec aux Etats-Unis, en fin 1994. Cependant, Ed Wood est considéré maintenant comme l’une des meilleures réalisations de son créateur.

Toujours nostalgique, Burton quitte le projet de Catwoman pour poursuivre l’idée de son ami d’enfance, Jonathan Gems. Celle-ci consiste à faire une adaptation au cinéma des cartes de collection Mars Attacks, que Tim adorait étant petit.

La Warner Bros ayant les droits par les créateurs de ces cartes, le réalisateur de Batman met en place un second hommage à Ed Wood, reprenant les codes des films de celui-ci, mais aussi des films de science-fiction des années 50, avec les designs vieillots des soucoupes volantes. C’est aussi une farfelue critique de l’Amérique irrévérencieuse, avec un énorme casting de stars (Jack Nicholson, Glenn Close, Danny DeVito, Tom Jones…) jouant des stéréotypes hilarants (le président quelque peu découragé par la situation, le savant qui évoque toujours sa science sans comprendre la simplicité de la chose qui se présente, etc…) qui se font tous tuer sauvagement par les grosses têtes martiennes qui explosent devant de la musique country.

Mais une fois de plus, le jour de sa sortie en 1996, Mars Attacks ! fut le plus grand échec de Burton et son film le plus incompris, les Américains préférant aller voir le film opposé de celui de Tim, Independance Day. La France, toutefois, a été plus charitable et rigole toujours de cette farce extraterrestre déglingée.

Tim Burton est en dépression, marqué par ses deux échecs récents. Il a sorti un recueil de poèmes, La Triste Fin du Petit Enfant Huitre et autres nouvelles, sur une bande d’enfants malheureux et rejetés à cause de leur physique naturel. Mais deux ans après son dernier film, les producteurs de la Warner Bros lui proposent l’adaptation d’un grand livre d’horreur, Sleepy Hollow, qui raconte le spectre d’un dangereux cavalier sans tête qui coupe la gorge des habitants d’un village, qui l’aurait banni, par vengeance. Burton, très emballé par l’histoire, décide de réaliser le projet, en faisant jouer encore une fois son ami Johnny Depp dans le rôle d’un détective un tantinet froussard.

Sorti en novembre 1999, Sleepy Hollow reçut, cette fois-ci, un énorme succès admiratif auprès des décors époustouflants et de la mise en scène horrifique à glacer le sang.

Attention ! Notez que c’est le premier film véritablement violent de Tim Burton, car on assiste ici à un festival de tranchages de gorges en tous genres, à la méthode des films d’horreur de la Universal, dégoulinant de sang frais et d’un rouge vif éblouissant comparé aux mines obscures des nombreux personnages de l’histoire.

Donc, un conseil : âmes sensibles s’abstenir, d’autant plus que le film est interdit aux moins de 12 ans…

3. Les années 2000 : la rupture soudaine d’un monde glauque

Après avoir été refusé par la Warner Bros pour réaliser une nouvelle version de Superman, plus sombre et plus dramatique, le réalisateur à la longue coiffure se tourne vers la Twentieth Century Fox pour mettre en scène un remake de La Planète des singes. Mais, ce fut le projet le plus dur à réaliser pour Tim, car le scénario a été fini bien trop tard, et en somme les producteurs lui ont donné peu de temps pour réaliser le film. Burton garde désormais un souvenir amer pendant le tournage du film. Néanmoins, il rencontre sa future femme, après avoir divorcé avec Lisa Marie, qui n’est autre que le singe femelle du film, Helena Bonham Carter.

Sorti à l’été 2001, le remake eut un grand succès parmi les Américains, mais les fans de Burton, quant à eux, sont déçus par le film, ne reconnaissant pas la touche personnelle de leur idole dans cette superproduction américaine.

Marqué par l’infâme tournage de sa dernière réalisation, Tim Burton est en pleine mélancolie depuis la mort de ses parents. On lui propose de mettre en scène une adaptation cinématographique d’un roman, racontant un jeune homme en quête de l’identité de son père, conteur de sa vie modifiée par des évènements improbables et purement fantaisistes.

Emballé par cette proposition, Burton voit en cette histoire l’occasion de dévoiler un hommage profondément émouvant de son propre père, dont les liens parentaux avec lui ont été quasiment absents. Le cinéaste s’en donne à cœur joie pour faire un portrait poétique de son père, avec Ewan Mc Gregor, Danny DeVito et Jessica Lange comme stars du casting.

Malheureusement, en 2003, son nouveau film divise vraiment les spectateurs, entre ceux qui voient en ce Big Fish un merveilleux drame poétique et décalé, et ceux qui sont crispés devant l’absence d’un monde gothique avec sa galerie de monstres rejetés.

Qu’importe, Tim Burton a fait ce film et il en est tout à fait fier !

Devenu père de famille, le réalisateur de Mars Attacks ! décide d’offrir pour son enfant son adaptation cinématographique d’un roman de son auteur favori, Roald Dahl, mettant en scène un gentil garçonnet pauvre au plein cœur de l’univers enchanté d’un chocolatier aussi intriguant que loufoque, à la suite d’un concours mondial de tickets d’or.

Burton réalisa donc son premier film pour enfants, avec, en tête du casting, le talentueux Freddie Highmore et le méconnaissable Johnny Depp, sorte de Mary Poppins masculin complètement timbré et à la coiffure bizarroïde. Tim réussit incroyablement à rester le plus fidèle possible à l’ouvrage, en mettant sa touche personnelle, le terrible passé du chocolatier Willy Wonka.

Malgré les reproches des fans de Burton contre l’aspect coloré du film, celui-ci fut, le 15 juillet 2005, le deuxième plus gros succès commercial du réalisateur avec The Nightmare before Christmas.

En conclusion, Charlie et la chocolaterie se révèle être une critique hors norme des industries trompeuses et de l’éducation invisible des enfants, copies conformes de leurs parents stéréotypés, avec ce curieux Willy Wonka, véritable star du film, comme monstre tordu écroulé par la société.

Derrière Charlie et ses confiseries, Tim Burton travaille en même temps sur un projet en stop-motion, racontant le mariage impossible d’un vivant et d’une morte, parti sur un malentendu. Il retrouve ses compères Johnny Depp, jouant un rôle à la Ichabod Crane, et Helena Bonham Carter, sous les traits d’une femme morte de chagrin d’amour, et étrangement ceux-ci ressemblent étrangement au physique de leurs personnages. Chanté comme dans L’Etrange Noël de M. Jack, ce conte russe est un retour décalé de Beetlejuice, avec ses vivants cadavériques et ses morts si « vivants ». Sans oublier Emily, la défunte mariée, seule vraie héroïne de l’histoire, la marginale incomprise et tellement émouvante, ainsi que Victor, véritable anti-héros du film, maladroit peureux totalement innocent.

Mais ces Noces funèbres, sorti fin septembre dans le continent américain, reçurent un résultat au box-office modeste, divisant une nouvelle fois le public, qui critique principalement la prévisibilité de ce film d’animation, la patte de Burton trop facilement reconnaissante, et la fin quelque peu décevante.

Le réalisateur de Sleepy Hollow revient un an après Corpse Bride sur un projet particulier datant des années 90, l’adaptation cinématographique d’une célèbre pièce de théâtre musicale des années 70, mettant en scène l’alliance sanglante d’un barbier vengeur au cœur brisé, qui coupe la gorge de ses clients, et d’une cuisinière folle, qui accommode les corps dans ses tourtes à la viande.

Reprenant son équipe favorite, Depp et sa femme, jouant ce couple morbide, Tim Burton met en scène la plus noire et osée des critiques de la société, à base de cannibalisme au sang rouge vif, de personnages pâles et immoraux (le juge pervers et son crasseux assistant, le barbier italien trompeur…) qui méritent tous la mort, dans un décor lugubre londonien, sous des chansons décalées, et son monstre brisé terriblement attachant, une sorte d’Edward aux lames de rasoir vengeur, que sa mèche blanche résume ses quinze ans en prison, privé du bonheur.

C’est aussi le plus bel hommage destiné aux productions de la Hammer, reprenant l’esthétique exagérée de sa violence et les couleurs sombres, rappelant le noir et blanc, des films des années 30.

Sorti étrangement au Noël de 2007, cet énième opus burtonien n’a pas marqué son succès, les Américains dégoûtés par son côté gore (interdit aux moins de 18 ans, là-bas !) et les Français repoussés par ses nombreuses chansons. Pourtant, certains admirateurs de Burton trouvent en ce Sweeney Todd un drame merveilleusement repoussant et profondément émouvant.

IV/ Tim Burton dans l’actualité

1. Ses projets futurs :

Décidément ambitieux, Burton travaille en ce moment sur deux films : un remake en animation d’une heure et demie de son Frankenweenie, pour développer plus l’histoire, prévu en décembre prochain, et l’adaptation du roman de Lewis Carrol, Alice au pays des merveilles, avec la jeune Mia Wasikowska, Johnny Depp et Helena B. Carter dans le rôle de la Reine de Cœur, qui sera un mélange audacieux de prise de vue réelles, d’animation par l’ordinateur et de stop motion, sa date de sortie prévue le 5 mars 2010 aux USA. Puis, il entamera le tournage de Dark Shadows cet été, film adapté d’une série télévisée des années 60, mettant en scène les mésaventures d’un vampire au sein d’un bestiaire de monstres en tous genres, dont le rôle principal sera attribué une fois de plus à son compère pirate.

Un programme fort alléchant !

2. Sa vie actuelle :

Tim Burton vit toujours avec Helena Bonham Carter, à Londres, dans deux maisons reliées par un couloir secret. Ils ont deux enfants : Billy Ray, né le 4 mai 2003, et Neil, née le 15 décembre 2007.

Il est toujours compère avec Johnny Depp, parrain de ses enfants, et Danny Elfman, qui a composé tous ses films depuis Pee-Wee (exception faite à Ed Wood, à cause d’une dispute et Sweeney Todd, reprenant le compositeur de la comédie musicale d’origine, Stephen Sondheim).

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 14 janvier 2009

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