Cinéma

The Voices de Marjane Satrapi : au cœur de la folie avec un tueur en uniforme rose

Attention aux âmes sensibles ! Attention aux admirateurs de chats trop mignons ! Attention aux personnes rationnelles ! Car le nouveau film de Marjane Satrapi peut très bien vous rester dans la gorge comme une énigmatique boule de poils. Coloré et glaçant à la fois, The Voices, disponible en vidéo depuis le 22 juillet, est un long-métrage original qui joue avec des registres bien connus, à savoir l’horreur et la comédie, pour mieux surprendre le spectateur. Plus qu’un divertissement aux allures déjantées, cette curiosité à l’humour mordant est une véritable trouvaille cinématographique, proposant une relecture inattendue, intéressante et débridée du thriller classique.

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Production indépendante, The Voices est au départ un scénario écrit par Michael R. Perry, auteur de Paranormal Activity. Un scénario plutôt insolite, se reposant sur une idée décalée : celle de placer le serial killer au centre de l’intrigue. Longtemps écrit sans être transposé à l’écran, le projet s’est finalement conclu avec Ryan Reynolds dans le rôle principal et Marjane Satrapi, connue pour Persepolis (2007), à la tête de la réalisation. Tourné en à peine trente jours, le film s’est fait connaître dans des festivals et a été nominé au prix du Public et du Jury pour le Festival international du film fantastique de Gérardmer 2015. Ayant eu une sortie limitée en salles obscures entre février et mars, le film n’a pas laissé les critiques indifférentes du fait de son parti-pris inattendu. L’histoire suit la vie monotone de Jerry Hickfang, jeune homme employé dans une usine de baignoires et ayant l’air d’un gentil simplet. Amoureux d’une collègue de travail, il tente de la séduire pour sortir avec elle. Seul problème : il oublie de prendre ses médicaments et n’arrête pas d’entendre son chien Bosco et son chat Mr. Moustache lui parler. L’un l’encourage dans ses actions en le complimentant, tandis que l’autre veut tout simplement pousser son maître dans ses instincts les plus meurtriers.

Il faut tout d’abord accorder à Marjane Satrapi le talent d’avoir pour l’instant une carrière pour le moins originale. Auteur de bandes-dessinées d’origine iranienne, elle a été reconnue par le grand public pour sa première œuvre autobiographique Persepolis (2001-2003), une œuvre à la fois de témoignage historique et de liberté de création. Car, de son parcours hétérogène, il en ressort un esprit rebelle, inventif et audacieux. A travers ses bandes-dessinées, comme Broderies, Satrapi ose aborder tous les sujets sous un ton humoristique qui ne cache pas une profonde amertume de la réalité. A travers sa filmographie, notamment avec Poulet aux Prunes (2011), Satrapi revendique un cinéma de tous les possibles, où l’imagination la plus débridée et la plus féconde s’empare de la pellicule pour faire ressentir au spectateur différentes sensations visuelles et émotionnelles. C’est par cet écart avec un cinéma actuel jugé très sage qu’elle arrive en Amérique en signant pour ce projet curieux. Grâce à son expérience dans la BD, la réalisatrice chapeaute son nouveau long-métrage en donnant corps et matière à la maladie mentale de son personnage principal. La spécificité du film est la manière frontale de mélanger des genres aussi distincts. Quand le spectateur commence à s’acclimater de l’aspect romantique du long-métrage, il est surpris de la tournure horrifique que prend rapidement l’histoire à l’insu de la bonne volonté de son personnage principal. Cette combinaison de scènes caractérisées par un contraste d’ambiances représente justement le parti-pris de The Voices. Satrapi livre un film à l’image de son anti-héros tout en réussissant à le rendre divertissant. Son long-métrage devient fascinant dans cet enchevêtrement décalé de registres différents, qui convoque chez le spectacteur aussi bien la peur que le rire sardonique. Sublimé par une esthétique débridée entre des couleurs criardes et des contrastes dérangeants, The Voices est un divertissement singulier et au charme étrange mais séduisant.

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Cependant, derrière les méandres de la folie burlesque de ce tueur en série improbable, se cache une dimension poétique jusqu’ici insoupçonnée de The Voices. Le défi principal de Marjane Satrapi est d’arriver justement à rendre attachant son personnage principal Jerry devenu un tueur en série. Or, Jerry est cet anti-héros qui, malgré ses penchants psychopathes, reste un être humain sensible, voyant le monde avec la même innocence que les yeux d’un enfant. Il voit la beauté de la femme réduite bientôt à une tête volubile, tandis qu’il lui ôte la vie à coup d’armes tranchantes. Il apprécie la conversation avec ses animaux de compagnie, tandis que sa conscience l’incite à tuer des gens. Il admire comme il le peut son travail en portant une combinaison au rose pétant du plus bel effet, tandis que son entourage aime jouer avec sa candeur. Ryan Reynolds démontre d’ailleurs tout son talent en incarnant admirablement ce personnage malade, à la fois tendre et inquiétant, et en interprétant vocalement le chien Bosco et le matou M. Moustache délicieusement cruel, représentants du Bien et du Mal qui habitent dans nos têtes. Dans ce jeu perpétuel entre la réalité sinistre et l’illusion bariolée fantasmée par la vision de Jerry, la cinéaste nous invite à comprendre les tourments de son serial killer pour nous faire ressentir de la peine à son égard. Au cœur de cette expérience cinématographique bigarrée, Satrapi illustre la quête identitaire d’un être profondément déchiré par un mélange savant entre un ton corrosif, se moquant de conventions bien-pensantes, et une illustration poétique des évènements sordides de l’histoire. S’il maîtrise parfaitement le mélange des genres avec panache, la plus grande réussite de The Voices est bien sa sensibilité surprenante, lui permettant de peindre un portrait à la fois acerbe et touchant d’un homme malade devenu psychopathe à qui on aimerait le consoler.

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Dans un paysage cinématographique systématiquement classé par des genres préétablis, The Voices n’hésite pas à risquer le politiquement incorrect afin d’offrir une expérience surprenante, décalée et intrigante au spectateur. Marjane Satrapi signe un film inclassable, à l’image de l’esprit instable de son antihéros, mais réussit à entraîner le spectateur dans ce délire bigarré en multipliant aussi visuellement que psychologiquement les points de vue sur la folie latente de Jerry. Servi par un casting très convaincant, le long-métrage séduit par sa liberté de ton particulièrement maîtrisé et son approche étonnamment touchante sur la folie de son personnage principal. Aux antipodes des divertissements actuels, The Voices est drôle, corrosif, inquiétant, sensible ; bref, un bijou au charme étrange qui vaut véritablement le coup d’œil !

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Microbe et Gasoil : un voyage cinématographique plein de tendresse

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C’est en cette saison chaleureuse que sort le dernier long-métrage du réalisateur Michel Gondry, Microbe et Gasoil. Connu avant tout pour son inventivité visuelle artisanale, le cinéaste, après avoir délivré un essor de trouvailles visuelles en pagaille avec L’Ecume des jours sorti en 2013, décide de tourner un film moins coûteux et formellement plus classique. Ayant lui-même écrit le scénario, Gondry se lance dans une production plus intimiste et plus risquée, en s’attaquant au road trip. Les deux personnages principaux se lançant dans cette expérience sont deux adolescents rêveurs et marginaux, Daniel et Théo surnommés « Microbe et Gasoil », qui veulent s’échapper de leur quotidien déplaisant. Tous les deux sont en quête de leur identité, l’un en posant des questions sur la vie, l’autre en jouant le rebelle. Et quoi de mieux pour découvrir l’immensité des mystères de la vie qu’en voyageant ensemble à bord de leur invention, une « maison avec des roues » ?

Terminator Genisys

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Août 2017. Sur une Terre dévastée par l’apocalypse nucléaire, l’intelligence artificielle a pris l’ascendant sur les humains, réduits à l’esclavage. À la tête de la résistance, John Connor (Jack Clarke) a développé une technologie révolutionnaire permettant le voyage dans le temps. Avec un but bien précis : envoyer le sergent Kyle Reese (Jai Courtney) sauver sa mère, Sarah Connor (Emilia Clarke) de l’attaque d’un robot tueur : le Terminator…

2 days in Paris

2 Days in Paris

Résumé : Marion est photographe, Jack architecte. Les deux amoureux reviennent d’un voyage à Venise, et se rendent à Paris, chez les parents de Marion, avant de retourner vivre chez eux, à New-York. Mais les deux jours au cœur de la capitale française tournent au cauchemar pour le couple…

Vice-Versa, la nouvelle pépite de Pixar

Pixar/Disney

Il faut le dire, ce n’est pas la première fois que Pixar s’attaque aux émotions. Que ce soit celles des jouets, des insectes ou des super héros, la nouvelle production Disney-Pixar va directement dans la tête d’une petite fille, Riley. De la première fois où elle ouvre les yeux à la vieille de son adolescence, le spectateur suit les péripéties de ses émotions depuis le centre de commandement : son cerveau.

Lost river : conte cauchemardesque de Ryan Gosling

Lost River

Lost River est une ville quasi fantôme dans laquelle errent encore quelques familles perdues au milieu des ruines et de leurs illusions. Parmi eux, Bones et sa mère Billy sont en proie à perdre la maison familiale par manque d’argent. Chacun d’eux appréhende à sa façon la manière de s’en sortir. Comment survivre dans une ville où le présent n’est que cendre du passé et qu’aucun avenir ne semble pouvoir s’y dessiner ?

Indian Palace, suite royale : le retour de la comédie britannique

Photo : Twentieth Century Fox 2015

Indian Palace, suite royale sort mercredi 1er avril 2015. Le film de John Madden replonge dans la vie de Sonny et de ses pensionnaires retraités du Best Marigold Hotel, un établissement pour séniors en Inde.

Inherent Vice, le polar psychédélique

Inherent Vice

Joaquin Phoenix incarne à l’écran Larry « Doc » Sportello, personnage principal du roman Inherent Vice de Thomas Pynchon. La caméra de Paul Thomas Anderson nous transporte dans le cerveau embrumé de ce détective privé défoncé à longueur de temps. Le scénario est aussi confus que le fil de l’enquête, le tout parsemé d’images particulièrement esthétiques. Inherent Vice est avant tout un film d’ambiance.

Imitation Game

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1939. Mathématicien de génie, Alan Turing (Benedict Cumberbatch) met ses talents au service de sa Majesté en rejoignant, à Bletchley Park, une équipe de cryptanalyses placés sous l’ordre du commandant Alastair Denniston (Charles Dance). Leur mission ? Casser le code Enigma, utilisé par l’armée allemande pour rendre ses communications confidentielles, réputé inviolable…

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