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Buridane – Pas fragile

Ce mois-ci, nous vous présentons Buridane, une jeune chanteuse française qui se distingue par ses textes soigneusement ciselés et ses rythmes doucement entêtants. Son premier album s’intitule Pas Fragile.

Des disputes, il y en a dans tous les couples. Au point que c’en est banal. Pourtant, Buridane s’est penchée sur le sujet (le titre s’appelle sobrement La Dispute). Comme personne, elle sait mettre en mots cet incident. Elle décompose avec poésie, tel un film au ralenti l’action. Jamais l’orage n’est paru aussi beau et poignant qu’à travers sa bouche. A côté de cette maîtrise des mots, il y a quelques rythmes implacables. Jusqu’où petite, Si y’a personne… font partie de ces titres qui savent suspendre l’instant.

Sur scène, Buridane se contente d’une mise en scène sobre. Une image de la pochette projetée sur le mur du fond du Café de la Danse et quelques jeux de lumière. C’est tout et cela suffit. Lorsqu’elle se présente, on a l’impression d’une personne toute frêle, un peu timide. Délicate mais Pas Fragile. La scène, c’est son truc. Ca semble naturel, elle a une vraie présence, elle envoie. C’est rythmé, dynamique, ça bouge. Ses chansons se prêtent vraiment bien à la scène. On sent aussi une belle entente avec ses trois musiciens qu’elle a même taquinés un peu au moment des présentations. Une artiste nature, simple et pleine d’humour. Surprenante aussi, lorsqu’elle déclame un texte en musique. Un sacré contraste avec les autres chansons ! C’est d’ailleurs sa force : maîtriser plein de registres. Tantôt légère, tantôt sensible, elle sait vraiment faire passer les émotions. A la fin, toute la salle reprenait en chœur Badaboum.

Laissons maintenant la parole à Buridane…

Si tu devais te présenter en quelques mots… ?

Buridane, 27 ans, chanteuse, amoureuse des mots et portée par la musique.

Comment as-tu défini ton style musical ?

En général, je dis que je fais de la chanson française. C’est bien de ça dont il s’agit non ?
Pop, folk, rock sont des cases fort sympathiques mais toujours délicates à revendiquer.

Comment choisis-tu les thèmes sur lesquels tu écris ?

Je ne choisis pas, ils s’imposent ! C’est selon l’endroit où je suis, selon ce que propose la vie à ce moment-là. Une phase de changement long à se mettre en place peut me donner l’envie d’écrire sur la transition, parfois il s’agit de comprendre rétrospectivement une situation, de s’excuser, ou bien de trouver un espace pour se mettre en colère…

A quel point ces textes sont-ils part de ta vie ?

J’essaye de traduire ce qui circule dans mon corps. C’est comme un prélèvement. Il y a quelque chose d’un peu chirurgical: on ouvre une plaie, on la nettoie, on la referme, et une fois qu’elle est devenue belle on peut la montrer.
Et on la compare avec celle des autres. Ce qui est une part de ma vie est aussi et souvent une part de celle des autres.

Quels sont les albums qui traînent sur tes étagères et qui t’ont bercé ?

Un album des Velvet Underground, l’album éponyme de Tom McRae, J’en ai marre de Hugues Le Bars, Share Horses des French Cowboy, Juste à côté de Batlik.

Peux-tu nous raconter tes débuts sur scène ?

Toute seule. Une trouille et un enjeu immense. L’impression de jouer ma vie à chaque fois que je foulais la scène. Un véritable doute sur ma légitimité à être là. La sensation pourtant certaine de me réaliser.
La conscience de faire quelque chose d’un peu contre-nature mais qui allait finir par me faire un bien fou.

Plutôt scène ou studio ?

J’imaginais le studio comme quelque chose de très mathématique et de fastidieux. Contre toute attente, j’ai été plongée dans un bien-être indescriptible. Mais c’était un moment spécial, à part, qui le décroche un peu du coup de la réalité.
Pour répondre et parce qu’il faut choisir, je dirais donc la scène. Parce que c’est là que ça se passe. C’est là que se trouve le risque et la spontanéité.

Notre magazine s’appelle Save My Brain… Sauver les cerveaux. Comment peut-on le faire ?

Il faudrait pouvoir mettre en pratique ce que disait Malraux: « La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert »

Quels ont été tes derniers coups de cœur culturels ?

Le film de Sylvie Verheyde: Stella, un concert de Tom McRae à l’Epicerie Moderne de Feyzin, le disque de Lescop.

Nicolas Meunier et Camille Leclercq

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