Chroniques ordinaires Humeurs

L’ennui

L’ennui, ce n’est pas seulement regarder la goutte d’eau faire ‘plop plop’ dans l’évier. Non, il est partout, prêt à vous bondir dessus et à vous ratatiner le moral. Et je n’exagère qu’à peine !

Dans les transports

Exit la lecture ou la musique quand vous vous retrouvez à 37 dans 12 cm² pour écouter la représentation difficilement qualifiable de musicale d’un xylophoniste sur canettes de coca light décaféiné.

Les solutions ? Faire des associations d’idées en se disant que telle station de métro ressemble à un jeu de Fort Boyard ou comparer les oreilles de vos amis temporaires -oui, face à l’adversité on est tous amis- et tenter une thèse sur la pilosité nasale au 21ème siècle.

Dans la salle de bain

10 minutes à tuer ? Un tour devant votre glace pour constater de nouveaux grains de beauté qui sont en fait des bouts de mascara fossilisés dans vos joues.

Les solutions ? Tester toutes vos anciennes crèmes pour sentir bon comme une vendeuse Sephora ou essayer vos rouges à lèvres glossificateurs aux extraits de graisse de baleine et aux pigments couleur du temps pour ressembler à Régine.

Au travail / En cours

Ca fait 17 jours que votre vie se résume à Puissance 4 VS Sudoku et à compter les bouloches du pull en acrylique de votre chef.

La solution ? Envoyer des photos via bluetooth « de là où je suis, je vois la machine à café » et attendre une réponse « moi je vois une manifestation de danseurs traditionnels auvergnats par la fenêtre ».

Au supermarché

L’allée centrale, c’est pire que le périphérique parisien un vendredi soir lors de la finale de la coupe du monde de foot ou de rugby. Dépitée, vous songez à aller vous faire un rail de chocolat en poudre.

Les solutions ? Manger un sachet de nounours en gélatine de bœuf pour le payer vide -honteuse- après avoir lu l’horoscope du programme télé, joué avec le cadeau dans la boite de céréales et espéré que la coiffeuse à l’origine de la permanente manifestement ratée de la grand-mère devant vous n’est pas la vôtre.

Devant l’ordinateur

Deux contacts msn connectés. Comme le GO de vos vacances 2006 à Marrakech n’est conservé que pour vous rappeler votre bronzage, vous allez parler par dépit à l’unique autre « ami » connecté. Mais cette personne doit en avoir beaucoup -des amis- ce soir, car vous devez attendre 6 minutes et 48 secondes pour bénéficier d’un LOL.

La solution ? Faire des parties de solitaire en essayant d’avoir comme score la date de naissance de votre grand-mère.

Dans la salle d’attente chez le médecin

1h d’attente et toujours pas la trace d’un stéthoscope. Et vous avez épuisé la pile de Femme Plus sur les troubles de la pré-ménopause et la cuisson du saumon pour en garder ses oméga 3.

Les solutions ? Compter les fissures du plafond ou écouter la conversation de la secrétaire qui appelle en Ouzbékistan pour qu’on lui ramène du riz local. Et passer commande.

Au repas de famille

A force d’éviter les sujets qui fâchent pour ne pas se retrouver avec un marron à la crème entre les deux yeux, une cuisse de poulet plantée dans l’oreille et des petits pois dans le décolleté, il ne vous reste plus qu’à parler de Catherine Laborde et de son nouveau tailleur…

Les solutions ? Jouer avec les moins de 12 ans ou guetter les névroses familiales, au moins celles de la vieille tante qui a l’air d’un bébé phoque échoué sur une plage de Zanzibar avec ses bas de contention.

La soirée où l’on ne connaît personne

Vous mangez, buvez, buvez et mangez puis tentez d’accaparer la personne qui vous a invitée mais qui a, semble-t-il, mieux à faire.

Les solutions ? Tenter de savoir qui fait quoi dans la vie et chercher des points communs avec les personnes présentes. « Ah ! Toi aussi t’achètes tes chaussettes noires chez Décathlon ? ».

Voilà, maintenant, vous pouvez le laisser venir en toute quiétude… Face à l’ennui, le maître, c’est vous !

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