Musicalement vôtre

Gush ou Metronomy ?

Le hasard fait des fois bien les choses… A quelques jours près, Gush et Metronomy ont sorti chacun un nouvel album qui fait la part belle aux sons électro et seventies.

Gush Mira

« T’as écouté le dernier Gush ? – Oui, il est chouette ! – Et le dernier Metronomy ? – Il est chouette aussi, c’est dans l’air du temps ». Ca, c’est la réponse que je fais quand je n’ai pas envie de me casser.

« T’as écouté le dernier Gush ? – Oui, c’est vraiment pas mal, ils conservent leur style vintage teinté d’électro. Mais au lieu de puiser dans les sixties, ils puisent dans les seventies. En fait, en trois ans, ils ont pris dix ans. Mais c’est toujours aussi bien. – Et le dernier Metronomy ? – Il est un peu moins pop que The Look, le titre que tout le monde connaît d’eux. C’est typiquement British et seventies. Ca vaut le coup. Et il y a même un instrumental au synthé très 8 bit qui mérite à lui seul qu’on achète l’album ! ». Ca, c’est quand je suis réveillé, que je veux me la péter, ou que la personne qui me pose la question est particulièrement charmante et que je veux paraître intelligent auprès d’elle (exercice difficile…).

Metronomy-Love-Letters

Mais de ce que je peux répondre en fonction de mon humeur, j’imagine que vous vous en fichez. Tout ce que vous voulez savoir, c’est pourquoi j’ai décidé de parler au même endroit de Gush et de Metronomy, deux formations qui n’ont jusqu’ici rien à voir. En effet, Gush c’est un groupe totalement français. « Quatre garçons dans le vent » au look aussi vintage que leurs musique et aux chœurs parfaitement orchestrés. Si on veut les rapprocher d’un autre groupe, on pense immédiatement à Revolver, fanatiques des Beatles et ça se sent dans leur musique. Ce serait oublier un peu vite la chaleur du son de Gush. Là où Revolver lisse tout, Gush laisse filtrer le timbre éraillé de Xavier et donne à chaque voix sa place.

Metronomy regroupe également quatre musiciens, tous originaires de l’autre côté de la Manche. Ils n’ont donc pas besoin de se créer un style britannique, puisqu’il est dans leur gènes. Si le titre The Look les a révélés, ils en sont maintenant à leur quatrième album, intitulé Love Letters. Là où celui-ci rejoint Mira, le dernier album de Gush, c’est dans l’ambiance électro seventies marquée. Voilà donc pourquoi on parle de Mira et Love Letters sur la même page.

Il est assez amusant de voir Gush et Metronomy utiliser les mêmes ingrédients, simplement dispersés de manière différente. Dans les deux cas, le titre d’intro fait la part belle à la voix. Un chœur presque à capella pour Massive Drum chez Gush, une chanson douce pour The Upsetter chez Metronomy. Tout au plus pourrait-on trouver un poil de Genesis dans le titre Broke My Heart de Gush. L’inspiration semble plus précise pour Metronomy : ça sonne souvent comme Supertramp, en particulier sur la chanson-titre de l’album, Love Letters, véritable tube à retardement. Il faut dire que le timbre de Joseph Mount rappelle par certains aspects celui de Roger Hodgson…

Aussi et surtout, les deux s’essaient à l’exercice de l’instrumental à la façon Jean-Michel Jarre (Oxygène II, pas le IV qui évoque trop l’atterrissage de la soucoupe dans La Soupe aux Choux). Chez Metronomy, ça s’appelle Boy Racers, ça reste vintage mais ça lorgne vers déjà vers les eighties. C’est tout de même un poil scandé par les batteries de la délicieuse Anna Prior, histoire de garder un pied dans le vingt-et-unième siècle. Chez Gush, c’est un prolongement de la dernière piste, Everybody’s God (une idée fixe puisque c’est aussi le nom de leur premier album). Un morceau de six minutes, peut-être le meilleur enregistré par le groupe à ce jour. C’est à la fois hippie, geek et universel. En bref, une merveilleuse manière de clore un album. Action importante s’il en est, puisqu’il s’agit du souvenir qui reste gravé dans la mémoire de l’auditeur.

Ce qu’on retient de tout ça, c’est la référence au passé. Le vintage est partout, dans tous les domaines, comme pour rassurer. Il ne s’agit même plus de mode cyclique mais simplement de rassurer les grincheux qui disent à tout va « c’était mieux avant ». On peut pleurer le fait qu’il n’y aura plus de révolution dans l’art, le design ou la musique. Mais si c’est pour nous pondre des albums aussi réussis que Mira ou Love Letters, doit-on vraiment s’en plaindre ?

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