Littérature

Madeleine Chapsal, exploratrice du sentiment amoureux

Journaliste, dramaturge, essayiste, scénariste, romancière, Madeleine Chapsal a écrit son premier roman en 1973. Née le 1er septembre 1925 à Paris,  Madeleine Chapsal est la petite-fille de Fernand Chapsal, homme politique, et fille de Marcelle Chaumont, couturière, première d’atelier de la maison de couture Vionnet.

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Madeleine Chapsal rencontre Jean-Jacques Servan-Schreiber à Megève, où elle se remet d’une tuberculose. Elle se marie avec Jean-Jacques Servan-Scheiber en 1947 et en 1953 elle participe à la création de l’Express avec lui et Françoise Giroud. Journaliste, métier fondamental pour Madeleine Chapsal, elle est la critique littéraire du journal l’Express dans lequel elle interviewe de nombreuses personnalités du monde littéraire et politique (Duras, Daninos, Le Clézio, Céline, Simone de Beauvoir, Sartre, Camus, Malraux, Françoise Sagan, Prévert, Lacan, André Breton..). On retrouve la plupart de ses entretiens dans le livre publié aux éditions Fayard  « Ces voix que j’entends encore » en novembre 2011.

Madeleine Chapsal divorce en 1960, mais est toujours restée proche de Jean-Jacques Servan-Schreiber, elle suit une thérapie auprès de Françoise Dolto, son amie.  Au début des années 1970, elle est renvoyée de l’Express par le rédacteur en chef de l’époque. Ses déboires amoureux la poussent au désespoir, et après une tentative de suicide, elle écrit son premier roman « la maison de Jade » au succès immédiat. Elle est depuis l’auteur prolixe et à succès de centaines de romans, d’essais, témoignages, livres pour enfants, pièces de théatre et poésie. Elle participe également à l’écriture de documentaires, notamment avec Frédéric Rossif. Quelques unes de ses œuvres sont adaptées au cinéma : « une autre femme » en 1982, d’Hélène Misserty, « la maison de jade » en 1988 de Nadine Trintignant, « une saison de feuilles » en 1989 de Serge Leroy, « la femme abandonnée » en 1992 par Edouard Molinaro, « la dernière fête » par Pierre Granier-Deferre », «l’inventaire » en 1998 par Caroline Huppert.

Membre du jury du prix Fémina entre 1981 et 2006, elle en sera exclue le 30 octobre 2006 pour son jugement sur les grands prix littéraires et notamment l’attribution du prix Fémina, dans son livre « Journal d’hier et d’aujourd’hui », dans lequel elle  dénonce le fait que les jurys littéraires récompensent des livres davantage en fonction de l’éditeur ou d’amitiés avec l’auteur, que pour le contenu du livre,  et concernant le prix Fémina, qui privilégie particulièrement  Gallimard, Madeleine Chapsal dit que la plupart des jurys littéraires sont sous influence des maisons d’éditions. Madeleine Chapsal relate les faits dans le livre « l’exclusion » paru en 2007.

Madeleine Chapsal est Officier de la légion d’honneur, Grand Officier de l’ordre national du mérite et commandeur des arts et des lettres.

Madeleine Chapsal est la marraine du salon « l’ile aux livres » à l’ile de Ré à Bois Plage qui se déroule du 9 au 10 aout et dont c’est la 7ème édition cette année.

 

Ecriture

Ecrire pour Madeleine Chapsal est une façon de comprendre ce qu’elle vit et de le mettre à distance. Elle écrit l’essentiel le plus fort possible, et met en mots ce que vivent les gens, ainsi elle transcrit pour elle mais aussi pour les autres. Pour Madeleine Chapsal, l’écriture est quelque chose de constitutif, elle a commencé à écrire un journal intime à l’âge de 15 ans, dans lequel elle s’interrogeait, évoquait l’espèce humaine… Cet écrivain public s’inspire de son quotidien pour écrire des romans dans lesquels beaucoup se reconnaissent. Ses thèmes sont l’homme, la femme, le couple, l’amour, la passion, la jalousie, la solitude. Elle a toujours recours à l’écriture lors des moments difficiles ou malheureux dans sa vie. Avec un style clair et fluide, sensible et émouvant et une touche d’humour, elle donne de l’émotion vraie au travers de son écriture. Pour Madeleine Chapsal, l’écrivain est celui qui permet de vivre un nombre infini d’autres vies que la sienne, elle dit avoir découvert des mondes en elle et ailleurs grâce aux livres. Romancière prolifique et auteure la plus lue, Madeleine Chapsal est l’élégance incarnée, c’est surtout un écrivain de la liberté.

 

Quelques livres

« la maison de Jade » : Jade follement amoureuse, abandonne sa carrière d’écrivain, rompt avec son passé et ses habitudes et se passionne pour un jeune homme plus jeune qu’elle. Un jour, le jeune homme la délaisse pour une jeune héritière, féconde. Humiliée, rejetée, trahie, Jade tombe dans la solitude dont la seule issue est la mort. Après sa tentative de suicide, Jade renaît en femme libre, déculpabilisée de son âge, de sa stérilité et de ses peurs. C’est un livre de passion, de larmes et d’amour.

« le foulard bleu » : Rose, trente ans, est mariée. Georges est marié, a une fille et sa femme est malade. Au hasard d’une rencontre, Georges ramasse le foulard bleu que Rose  a laissé tomber, et c’est le début de l’amour fou. Mais ne voulant pas faire souffrir leur famille, ils se séparent, mais une telle passion ne peut pas finir.. c’est une belle histoire d’amour, dans laquelle une rencontre peut bouleverser une vie.

« l’indivision » : M. Saint Cyr, veuf et malade, a trois enfants : Emilienne, l’aînée qui s’occupe de ses derniers instants dans sa maison en province, Giselle, la seconde, mariée et mère de deux enfants, et Jean-Raoul, son fils. A la mort de leur père, les trois enfants se retrouvent devant le notaire et attendent avec impatience l’ouverture du testament. Mais leur père n’ayant pris aucune disposition, a laisse ses enfants dans l’indivision. C’est le drame et frère et sœurs se révèlent alors avides, détestables, intransigeants, ils s’entre-déchirent, leur héritage part en frais de justice, avocats, huissiers et commissaires priseurs, tandis que la maison se délabre et que les comptes bancaires déclinent.

« une soudaine solitude » : Vivant la solitude depuis son divorce, Madeleine Chapsal raconte les épisodes de sa vie, faites de chutes et rechutes, avant de l’apprivoiser, car dit-elle, on peut goûter à ses privilèges et apprendre à en tirer profit, dont la liberté d’être soi-même. Au travers de ce livre, Madeleine Chapsal analyse la solitude des femmes, et évoque le drame de la solitude de femmes de tous âges qui par suicide ou maladie, n’ont pas survécu au départ de leur compagnon.

« Callas, l’extrême » : dans cet essai, Madeleine Chapsal retrace le destin de cette femme foudroyée par la gloire, l’amour et la solitude. Artiste sublime et fragile, à la voix mythique, Maria Callas n’hésita pas à bouleverser sa vie lorsqu’elle rencontre l’amour auprès du milliardaire Onassis. Abandonnée par ce dernier, elle vécut ses dernières années dans la solitude. Madeleine Chapsal, avec sa sensibilité, retrace sa vie et nous donne envie de découvrir ou redécouvrir Maria Callas.

« l’homme de ma vie » : Madeleine Chapsal nous raconte l’homme de sa vie qu’est Jean-Jacques Servan-Schreiber, grand séducteur, homme brillant, qui a servi sous De Gaulle, fait la guerre d’Algérie, dénoncé les tortures, éditorialiste virulent et influent et créateur du journal « l’Express » et pour qui elle voue un amour intemporel. Madeleine Chapsal rencontre Jean-Jacques Servan-Schreiber à Megève en 1942, c’est l’amour passion. Ils se marient en 1945 et partent au Brésil. Jean-Jacques Servan-Schreiber écrit dans des journaux locaux, reprend un hôtel, puis ils rentrent à Paris. Jean-Jacques Servan-Schreiber est engagé au journal « le Monde » comme éditorialiste en politique étrangère mais il rêve de créer son propre journal. Au cours d’un dîner chez l’éditeur Julliard, il croise le regard de Françoise Giroud, qui dirige le magazine « Elle », c’est le coup de foudre. Le journal « l’Express nait, avec Françoise Giroud comme rédactrice en chef et Madeleine Chapsal, journaliste, chargée de la culture. Jean-Jacques Servan-Schreiber veut un enfant, mais Madeleine Chapsal est stérile. Il tombe amoureux de Sabine de Fouquière. Madeleine Chapsal lui propose alors de divorcer pour qu’il puisse se remarier et avoir des enfants. Il aura quatre fils avec sa nouvelle épouse, quatre fils qui deviennent les fils de cœur de la romancière.

« mari et femme » : Julien et Albane, deux jeunes mariés, sont fous amoureux. Mais quand Albane tombe enceinte, ils se retrouvent à trois et peu à peu, après l’illusion amoureuse, ils prennent conscience de leurs différences et solitudes. Julien organise un voyage au Maroc, mais une rencontre va tout bouleverser : un réalisateur de cinéma propose un rôle à Albane, qui accepte. Julien, architecte, se concentre sur son travail et rencontre une architecte.

« l’inoubliée » : Louis attend sa nièce Judith dans un café. Alors qu’il commande une boisson, il reconnait Eléonore, son amour de jeunesse, avec qui il a eu une liaison romanesque et passionnée. Surpris, il préfère s’éloigner et fuir celle qu’il n’a jamais pu oublier. Mais Judith, sa nièce et confidente, curieuse d’en savoir davantage, va rencontrer en cachette Eléonore, qui a gardé des photos de Louis et continue à l’aimer. Dans ce roman sensible et rempli d’espoir, l’auteure fait une réflexion sur l’amour qui dure et la transmission.

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