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Geneviève Brisac, écrivaine et éditrice d’émotions…

Geneviève Brisac est née le 18 octobre 1951 à Paris, d’un père aux origines tchèque, juive, allemande et roumaine et d’une mère aux origines arménienne, grecque et turque.

 

Enfant, Geneviève Brisac est bercée par la lecture quotidienne et suit la voie classique des grandes écoles et de l’enseignement des lettres. Normalienne et agrégée de lettres, elle sera professeur pour transmettre ce qu’elle a reçu, puis éditrice chez Gallimard et publiera son premier roman « les Filles » en 1987. Puis critique au Monde des Livres où elle contribue à faire découvrir des femmes écrivains, elle rejoint les éditions de l’Olivier en 1994 et publie « Petite ». Parallèlement, elle devient éditrice en 1989 pour les enfants et adolescents des collections Mouche, Neuf et Médium à l’Ecole des Loisirs, où elle publie de nombreuses romancières. En 1996, son livre « Week-end de chasse à la mère » obtient le prix Fémina, plus tard elle recevra le Prix des Editeurs pour son récit « Une année avec mon Père ».

Auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages et participations, Geneviève Brisac écrit des recueils, des nouvelles, des romans. Elle écrit également pour les enfants, notamment les histoires d’Olga, une petite fille toujours prête à l’aventure et à la révolte contre les injustices et le mensonge, ainsi que le personnage de Monelle. Mais elle écrit également des romans pour adolescents et pour adultes dans lesquels on retrouve ses angoisses et ses exigences de beauté et de liberté. Elle écrit également des pièces de théatre, des scénarios. Ses ouvrages sont traduits dans une douzaine de pays.

Si les livres lui ont plusieurs fois sauvé la vie, Geneviève Brisac a toujours essayé de faire partager sa reconnaissance par l’enseignement d’une part, puis par l’écriture pour les enfants, les adolescents et les adultes, d’autre part, et également en devenant éditrice pour les enfants. Geneviève Brisac incite les lecteurs à observer, observer leurs vies, leurs comportements, observer ce qui se passe autour d’eux, les rires et les pleurs, les angoisses et le bonheur.

Publications :

– aux éditions Gallimard : « Les Filles » (1987), « Madame Placard » (1989), « Loin du Paradis, Flannery O’Connor » (1991)

– aux éditions L’Olivier : « Week-end de chasse à la Mère » (1996), « Voir les Jardins de Babylone » (1999), « Pour qui vous prenez-vous » (2001), « la Marche du Cavalier » (2002), « Les Soeurs Delicata » (2004), « Virginia Wolf, le mélange des genres » (2004), « 52 ou la seconde vie » (2007), « Une année avec mon Père » (2010).

– aux éditions de l’école des Loisirs : la série des « Olga », « Monelle », « Violette », « la craie magique », « Angleterre »…

En janvier 2007, sur la proposition de son ami Patrick Weil, elle devient marraine de l’association « Bibliothèques sans frontières », jeune ONG française qui vise à faciliter l’accès au savoir dans les pays en développement en favorisant l’envoi de livres dans les bibliothèques en Georgie, en Haïti et tous les pays où l’action de Bibliothèques sans frontières se développe.

Au cinéma, elle est co-scénariste du film de Christian Honoré « Non ma fille tu n’iras pas danser », sorti en 2009, et inspiré de son livre « Un week end à la mère ».

Au théatre, Damien Bricoteaux met en scène « Je vois des choses que vous ne voyez pas », d’après sa pièce parue aux éditions Actes Sud.

Ecriture et édition

Dans ses récits, Geneviève Brisac partage des émotions de pensée, en écrivant sur le monde environnant avec ses brutalités et ses injustices, ses angoisses et sa révolte. Elle écrit sur ce qui a du sens tout en provoquant l’émotion.

En tant qu’éditeur, Geneviève Brisac est avant tout une lectrice, professionnelle et passionnée, qui prend le risque de son goût, de sa passion, tout en accompagnant l’écrivain, en s’investissant, en étant à ses côtés. Les livres lui ayant plusieurs fois sauvé la vie, elle a une dette illimitée qui lui donne l’énergie et l’enthousiasme pour soutenir et encourager les écrivains.

Pour Geneviève Brisac, la littérature a un rôle essentiel, celui de rendre la place à la légèreté et à la profondeur. La littérature s’adresse à chacun car le lecteur a toujours besoin de beauté et d’histoires.

Ecrivain, éditrice, Geneviève Brisac aime faire rire, pleurer, bouleverser, éblouir, toucher le lecteur au travers de ses récits, elle sait partager l’émotion de la vie et imposer une littérature qui parle d’émotions.

Quelques livres de l’auteur :

« Les Filles« . Ce premier roman de l’auteur impose des personnes fétiches que l’on retrouve dans les récits qui suivront. Nouk, Cora et le Bébé sont des enfants redoutables, qui ne veulent plus de nourrice. Lorsque Pauline débarque, ses heures sont comptées. Avec une plume sêche et un rythme saccadé, Geneviève Brisac écrit là un roman ironique, drôle, cruel et moqueur.

« Les Soeurs Délicata« . Sept soeurs, sept petites filles qui vivent dans un appartement. L’histoire commence le 20 décembre et chaque chapitre correspond à chaque jour précédant Noël. Les soeurs entreprennent de bonnes actions qu’elles offrent aux résidents de la Villa des Pins. En revenant chez elles, l’appartement est vide, leur mère a disparu. La grand-mère arrive, ainsi que le père, mais personne n’évoque la mère disparue. Puis la gouvernante disparait à son tour. Les soeurs Délicata observent, posent des questions, sans réponse et ont peur.

« Loin du Paradis, Flannery O’Connor« . Ce livre est un hommage sur l’écrivain méconnue Flannery O’Connor, enfant  du sud des Etats Unis, dont l’influence sur la littérature américaine peut être comparable à celle de Faulkner ou Hemingway. Lorsque son père décède, la famille de Flannery O’Connor déménage. Ce déracinement touchera la jeune fille qui reviendra dans sa Georgie natale et très vite découvrira qu’elle est atteinte de la même maladie qui a emporté son père. Se sachant condamnée, elle retournera vivre auprès de sa mère, dans leur ferme, et écrira. Au travers du récit de Geneviève Brisac, on découvre une personnalité insoupçonnée, une femme intelligente et originale. Face à la bêtise humaine qu’elle épingle dans son écriture, Flannery O’Connor intrigue, séduit et attire le lecteur. Son oeuvre brève mais intense, cinq ouvrages de fictions, un recueil d’essais et un volume de correspondance, fait d’elle une grande Dame de la littérature américaine.

« Petite » raconte l’histoire de Nouk, anorexique. Nouk a 13 ans et décide de ne plus manger. Nouk est une fille brillante et intelligente. Ceux qui l’entourent ne comprennent pas sa maladie. Elle sera enfermée dans un hôpital pour réapprendre les gestes essentiels à sa survie, car Nouk ne le sait pas mais elle est en danger de mort. Au travers de ce récit, Geneviève Brisac raconte l’histoire d’une adolescente anorexique, dont la maladie empoisonne son existence et celle de son entourage. Cette histoire poignante au travers de laquelle l’auteur décrit la maladie et sa perversité, révèle l’étendue d’une souffrance d’enfant.

 

« Week-end de chasse à la Mère » Mère célibataire, Nouk élève seule son fils unique Emilio. Ensemble ils affrontent les obstacles de la vie unis dans une même complicité. Nouk apprend à son fils à voir et à écouter. Elle lui raconte des histoires merveilleuses qui le plonge dans un monde magique. Ils s’apprêtent à passer Noël seuls, mais Martha, amie de Nouk, les invite chez elle en Bretagne. Au fil des pages, on découvre une mère confrontée à une vie difficile et qui partage un amour fusionnel avec son fils.

« Virginia Wolf, le mélange des genres » ce livre écrit avec Agnès Desarthe, est à la fois une bio et une relecture de l’oeuvre de Virginia Wolf. C’est un portrait inédit de la romancière qui révèle sa liberté de penser et ses positions sur la place des femmes en littérature. Cette bibliographie vivante et passionnante dans laquelle les deux auteures ont disséqué, dépouillé les oeuvres, le journal, la correspondance et les articles de Virginia Wolf, est un mélange de critique littéraire et de repères chronologiques, dans lequel elles ont tiré un portrait, en tentant de comprendre qui était réellement l’auteur, à travers l’écrivain, déceler la femme. Au travers d’un travail important, elles ont livré l’image d’une Virginia Wolf fragile et sensible, d’une femme blessée et incomprise. Le mérite de ce livre et de ce travail par ces deux écrivains, a été de donner envie au lecteur de découvrir ou de re-découvrir les textes de Virginia Wolf.

« 52 ou la seconde vie« . 52 histoires racontées sur 52 semaines, au travers de ces femmes Akka, Mélissa, Nouk, Carlotta et les autres qui se retrouvent au café ou qui se téléphonent pour parler de tout, de la seconde vie, cet espace où nous passons la majeure partie de notre existence, où l’intime et le politique , le dedans et le dehors ne cessent de se mélanger. Ce roman kaléidoscopique scrute la singularité des individus, les profondeurs de leurs pensées, pouvoir combattre et rire à la fois ce que Geneviève Brisac fait avec brio.

 

« Une Année avec mon Père« . Ce roman évoque l’année au cours de laquelle le père de la narratrice après avoir survécu à un accident de voiture qui a coûté la vie de son épouse, réapprend à vivre avec sa fille. Ce récit bouleversant, né de la réalité, dans lequel Geneviève Brisac raconte l’histoire de son père, né à la fin des années 20, et où père et fille doivent réinventer leurs paroles, leurs gestes, mais également affronter l’hôpital, les urgences, l’indifférence du milieu hospitalier. Dans ce récit bouleversant, l’auteur a voulu décrire une sorte de fresques pour tenter de transmettre des émotions, des sensations sur le désir de vivre qu’était celui de son père et les difficultés rencontrées et comment la narratrice se trouvait en peine de l’aider. Ce récit minutieux, précis, sensible et intime d’une année douloureuse est un texte sur la parole, la lutte, la douleur et la perte des parents, ce roman est une belle leçon de vie.

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2 Comments

  • Reply
    Laura
    18 février 2012 at 10:03

    Bonjour ce blog est super :)
    Je devais faire un exposé et je me suis inspirée de ce blog !
    Alors merci de l’avoir crée !

  • Reply
    vienne
    30 janvier 2012 at 10:38

    suite à la lecture de « Lire est le propre de l’homme » édité Paro « l’école des loisirs » livre qui ‘a été offert par Gwénola, de la Médiathèque de St Lunaire, à la tte nouvelle bénévole pour enfants que je suis devenue à la retraite ,
    je découvre sous la plume de Valérie Zenatti page47: »Et un jour,j’ai rencontré Geneviève Brisac »
    N’ayant rien lu d’elle , je me précipite sur Internet (un miracle) et me voici avec une envie folle de me plonger ds ses livres pour la rencontrer à mon tour!!
    Merçi , merci et vive les livres!!
    Marie

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