Littérature

Serge Joncour, l’artisan des mots

Ecrivain, scénariste, dialoguiste, Serge Joncour est né le 28 novembre 1961. Originaire d’une famille de paysans, Serge Joncour a passé son enfance entre Paris et la campagne. Serge Joncour a fait des études de philosophie et voulait être maître nageur de combat. Avant de devenir écrivain, il a exercé divers métiers, (livreur de journaux, cuisinier, rédacteur publicitaire, il a fait des spots radios et écrit des slogans, chauffeur, fait des voyages maritimes, puis maître nageur). Durant une vingtaine d’années, Serge Joncour a écrit des fragments de textes, des romans qui n’ont jamais été publiés, il recevra une dizaine de refus à ses manuscrits, dont le premier, un recueil de poèmes à l’âge de 19 ans, avant d’avoir son premier roman « Vu », publié au Dilettante en 1998.

Serge Joncour, l'artisan des mots

En 1998, Serge Joncour est l’un des protagonistes de l’émission « des papous dans la tête » sur France Culture. En 2008, Serge Joncour s’associe à Anna Rozen, Delphine de Vigan et Philippe Jaenaga pour l’ouvrage ‘Sous le manteau’, qui rassemble des cartes postales des Années folles.

Il a écrit le scénario du film « Elle s’appelait Sarah » du roman de Tatiana de Rosnay.

Ecriture :

Serge Joncour, romancier, et maître dans l’art de dépeindre les ambiguïtés et les failles quotidiennes de notre société, a le parti pris de s’amuser de beaucoup de choses y compris de lui I Serge Joncour a toujours eu envie d’écrire. Il a commencé à écrire en faisant des rédactions pour lesquelles il était hors sujet, mais il a eu la chance d’avoir un professeur qui ne considérait pas le hors sujet comme discriminant, cela le mettait alors en confiance lors de la rédaction et lorsqu’il rendait ses rédactions, il cherchait un lecteur en son professeur. Puis il a écrit des billets satyriques sur ses professeurs. Ecrire est un vice qui l’a pris très tôt, Serge Joncour a toujours aimé écrire. Solitaire et contemplatif, Serge Joncour avant d’écrire, aimait fuguer et prenait les trains : des parcours en trains, ces voyages étaient pour lui comme une allégorie : voir des choses. Ecrire, il a commencé à l’école alors que d’autres dessinaient. Ecrire ses billets, ses mots étaient aussi une façon pour de lui de rentrer en contact, un mode de communication avec le monde. Cet écrivain baladeur, incollable sur les trains corail, téoz et intercités, aime s’immerger dans des villes inconnues et aller à la rencontre de ses lecteurs pour échanger. Cet homme discret, à l’humour ravageur, sait décrire le quotidien de la vie, et écrit des histoires désopilantes, avec des scènes loufoques parfois, délirantes souvent, avec un regard critique sur notre société, avec beaucoup de sensibilité surtout.

Serge Joncour bis

Ce romancier au parcours atypique, d’autodidacte, a fait six mois de philo à la Sorbonne et arrêté ses études, puis il a accumulé plein de petits boulots, avant de devenir écrivain, ça lui a donné de la souplesse au niveau de la psychologie de ses personnages, de l’empathie. Il s’est imprégné de son environnement, s’est sensibilisé à différentes cultures, différents points de vue, différentes manières d’appréhender sa place dans le monde.

Serge Joncour est un artisan de l’écriture avant tout, il fait un travail autour de la langue, il a le sens du détail aigu  son écriture est ciselée, subtile et sensible, on sent au travers de son écriture le temps passé à reprendre, à corriger et peaufiner.. Pour lui écrire est un besoin, un geste naturel. Serge Joncour manie l’humour d’une façon très jouissive et entraîne souvent le lecteur dans l’absurde qu’il sait parfaitement restitué. Il aime écrire, jouer avec les mots, faire naitre des images, des personnages. Ce conteur d’histoires fabrique des nouvelles et romans émouvants et intriguants, des histoires d’amour légères ou des récits profonds, ses romans sont incisifs, à l’humour acéré et grinçant, et à l’écriture douce amère. Pour Serge Joncour, écrire est un combat, un conflit à résoudre, une guerre à mener, écrire un roman c’est se projeter dans une contrainte pour que l’histoire et les personnages soient cohérents. Cet auteur a le don d’entraîner son lecteur dans le voyage de l’écriture, sur la mer des mots, Serge Joncour est un navigateur qui sait enchanter le lecteur !

Quelques livres :

Serge Joncour - UV

« U.V. », Un été, à l’île de Bréhat, une famille en vacances : Boris, un inconnu, tout habillé de blanc, débarque en prétendant venir voir son vieil ami de lycée, Philippe, le fils de la famille, qui n’est pas là, mais qui est attendu. Boris s’installe, s’incruste très vite, manipulateur, il amuse, distrait cette famille, et use de son pouvoir de séduction. Il s’intéresse à Julie, une des soeurs, qui le repousse et se retourne vers Vanessa, l’autre soeur, mariée à André-Pierre. Ce dernier ne supporte pas Boris, dont il se méfie. Et Philippe qui n’arrive toujours pas ! Dans ce roman, drôle et subtil à la fois, l’auteur arrive à écrire un huit-clos, où la tension est palpable.

Serge Joncour - Combien de fois je t'aime

« combien de fois je t’aime » : 17 nouvelles, 17 histoires où l’amour est décliné sous toutes ses formes, (amitié, amour filial, amour du couple, amour par internet..), des histoires pathétiques, des classiques de l’amour, de la rencontre, de l’attente, de la déception, du désenchantement, de la rupture.. Au travers de ces nouvelles, pour la plupart il est question d’amour par internet, portable, chats, mails ou sms, l’auteur évoque le sentiment amoureux en mettant l’accent sur ce qui créé l’émotion, ces instants, des petits gestes, des mots qui transcendent le présent et deviennent des instants de poésie montrant que l’amour est toujours là, ces petits riens qui donnent du sens.

Serge Joncour - L'homme qui ne savait pas dire non

« l’homme qui ne savait pas dire non » : c’est un roman philosophique dans lequel l’auteur avait envie de dire pourquoi il est difficile de dire non aujourd’hui, pourquoi on a perdu cette faculté de dire « non ». Grégoire Beaujour, héros du livre, père de famille divorcé, mène une vie terne. Il a une faille particulière, il ne sait pas dire « non », il est incapable de prononcer ce mot. Grégoire Beaujour travaille dans un institut de sondages, il fait les enquêtes d’opinion. Au cours de ses enquêtes, il manipule les questions posées aux sondés pour éliminer le « non » dans les possibilités de réponse. En parallèle, Grégoire Beaujour va s’inscrire dans un atelier d’écriture « l’ouvroir des mots perdus » pour remonter le fil de son histoire et chercher l’origine de son point faible.

Serge Joncour - L'amour sans le faire

« l’amour sans le faire « , Franck, la quarantaine, est caméraman, après dix ans de silence, il téléphone à ses parents à la campagne. A l’autre bout du fil, c’est un enfant qui décroche et cet enfant lui fait penser à son frère, mort il y a quelques années d’un accident de chasse nocturne. L’enfant s’appelle Alexandre comme son frère décédé. Le lendemain, Franck part dans le lot, dans la propriété familiale des Bertranges. Il rencontre Louise, ils ne se connaissent pas et leurs solitudes se télescopent. Louise est la femme d’Alexandre, le frère de Franck, elle rejoint son fils Alexandre resté chez ses grands-parents, les parents de Franck. Alexandre, enfant solaire, plein de vie, et moteur du roman, par la singularité de sa présence, va emmener tout ce monde autour de lui et il va les ramener à la vie et les réconcilier. Louise et Franck sont des blessés de la vie qui vont passer un été dans la ferme familiale, dans une nature sauvage et imprévisible qui va jouer un grand rôle dans le livre. Ce roman au delà de l’exaltation de l’amour passionnel et fusionnel, est ce qui existe après, la possibilité pour ces deux personnages de commencer leur histoire d’amour , faire l’économie de la passion, de la fusion et de la folie pour trouver une harmonie accomplie. Ce très beau texte est touchant et rempli de justesse dont l’écriture profonde est un réel coup de coeur que la rentrée littéraire 2012 a occulté et dont je conseille vivement la lecture !

Oeuvre :

Aux éditions le Dilettante :

« Vu » en 1998, Prix Jean Freustrié en 2000 ; « U.V. » Prix France Télévision en 2003, adapté au cinéma en 2007, par Gilles Paquet-Brenner.

Aux éditions Flammarion :

« Kenavo » en 2000 ; « Situations délicates » en 2001 ; « In vivo » en 2002,; « l’Idole » en 2004, Prix de l’humour noir Xavier Forneret en 2005, sera adapté au cinéma en août 2012, sous le titre « Superstar » par Xavier Giannolli avec Kad Merad et Cécile de France ; « Que la paix soit avec vous » en 2006 ; « Combien de fois je t’aime » en 2008 ; « l’Homme qui ne savait pas dire non » en 2009 ; « l’Amour sans le faire » en 2012.

Aux éditions Eden :

« Carton ou l’histoire d’un libraire qui se transforme en carton » en 2003

Aux éditions Idée Bleue :

« les collègues » en 2006

Ouvrages collectifs, aux éditions Galllimard :

« les papous dans la tête » en 2007 avec Bertrand Jérôme et Françoise Treussard
« le dico des papous dans la tête » en 2007 avec Françoise Treussard.

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