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Rencontre avec Revolver

Save My Brain les avait déjà rencontrés avant la sortie de leur deuxième album, Let Go. Aujourd’hui, Ambroise, Christophe et Jérémie, les trois membres du groupe Revolver, nous présentent ce disque, fortement influencé par la scène. Les trois garçons nous parlent aussi de la vie en tournée, de leurs trucs pour tenir le coup et enchaîner les dates en donnant tout sur scène, et se dévoilent un peu plus à travers quelques anecdotes. Apparemment, sur scène, tout ne se passe pas toujours comme prévu…

Pouvez-vous présenter votre album aux internautes de Save My Brain ?

Ambroise : L’album s’appelle Let go. Il est sorti en mars. Il y a 12 chansons et dure quarante minutes à peu près.
Jérémie : On l’a enregistré l’année dernière après une grande tournée qui a beaucoup changé notre musique.

Justement, quel a été l’impact de la scène sur cet album ?

A : Ça a été un impact radical et total.
Christophe : Avant le premier album, on n’avait jamais fait de véritables concerts. Quand on jouait, c’était vraiment en acoustique, chez des amis principalement parce que même les bars à Paris nous refusaient (rires). La scène, on ne savait pas ce que c’était et après le premier album, on est partis pour une tournée qui a duré deux ans et on a dû faire entre 200 et 250 concerts.
A : Oui, on a d’abord tourné beaucoup en France avant d’aller un peu à l’étranger et jusqu’aux Etats-Unis, du coup, ça change complètement ta façon de faire de la musique parce que tu joues tous les soirs et tu as de nouvelles influences. Ça change aussi ta façon de vivre parce que tu n’es plus jamais chez toi.

Vous chantez uniquement en anglais, pour quelle raison ? Envisagez-vous de faire des titres en français pour vos prochains albums ?

A : Pas vraiment en fait car Revolver, c’est vraiment basé sur les harmonies vocales. Et les harmonies vocales, en français, ça ne marche pas du tout. La musicalité de la langue, ça ne marche pas, ou alors ça marche pour le jazz vocal. Nous, on a toujours voulu écrire en anglais. D’ailleurs ça n’a pas été un choix, ça a été quelque chose de spontané car toutes nos influences sont anglo saxonnes. Quand on a écrit nos premières chansons, c’est l’anglais qui est venu plus spontanément. Christophe et moi écrivons tous les deux les textes, la musique c’est tous les trois.
J : Mais c’est vrai que le français, il suffit d’écouter Dominique A (sur scène après Revolver au Festival FNAC Live, NDLR) qui est vraiment hyper brillant : il chante tout seul, il n’y a pas d’harmonies vocales, il n’y a pas plusieurs chanteurs. Et d’ailleurs, tous les chanteurs français qu’on adore, c’est toujours un chanteur seul.

Vous avez eu l’occasion de faire une tournée et aussi de jouer dans plusieurs festivals. Est-ce que vous avez perçu une différence ou est-ce que vous appréhendiez plus dans la mesure où le public d’un festival ne connaît pas forcément votre musique ?

A : C’est un défi. Un défi différent d’un concert où les gens viennent pour nous voir. Sur la première tournée, les gens venaient nous voir, connaissaient les chansons, le disque avait pas mal de succès, c’était donc assez confortable même si on ne connaissait pas du tout la scène. On était un peu paniqués au départ par la scène mais les gens étaient super bienveillants. Et je pense que notre dernière tournée aux Etats-Unis nous a vraiment appris à convaincre, à partir de zéro parce que les gens là-bas ne nous connaissaient absolument pas et il fallait vraiment les convaincre en 45 minutes.

Et vous avez réussi à convaincre ?

A : On a fait des super grosses tournées, c’était des expériences incroyables. Mais bien sûr, on n’est pas aussi connus aux Etats-Unis qu’en France. C’était surtout des expériences vraiment fortes. Et pour en revenir aux festivals, quand on a découvert ça sur la tournée, on était à des millions de kilomètres de ce genre d’ambiance parce que notre musique est très douce, très intimiste. On a vraiment travaillé pour essayer d’adapter nos chansons aux festivals. Et ça nous a aussi beaucoup fait évoluer.
C : C’est clair que quand tu écris tous tes morceaux dans une petite chambre avec deux guitares acoustiques et que tu te retrouves après à jouer en plein air devant 20 000 personnes, la différence est assez énorme. Sur toute la première tournée de festivals, il y a deux ans, quand on regarde des photos ou des vidéos aujourd’hui, on sent que nous-mêmes on n’en revient pas.
J : Ce qui est vraiment étonnant en festival, c’est que les gens sont extrêmement curieux, ils viennent pour découvrir plein de musique et pour écouter certains artistes qu’ils adorent. Ils sont dans une attitude très positive.
A : C’est vrai que les publics de festival, c’est souvent très chaleureux.
J : Ils sont prêts à découvrir de la musique qu’ils n’écouteraient peut-être pas chez eux. Et même nous, on découvre plein de groupes.

Justement, on disait que vous aviez enchaîné énormément de concerts en très peu de temps, comment on tient le coup physiquement ?

Christophe me désigne une bouteille d’eau.
A : Malheureusement… le meilleur ami de la fatigue, c’est la bière.

Mais il y a un moment où le corps n’en peut plus de la bière, non ?!

C : Il y a un moment où le corps s’habitue (donc il ne boit pas que de l’eau…).
A : Alors tu serais surprise de voir à quel point tu peux repousser tes limites. Et puis aux Etats-Unis, l’avantage, pour faire une petite parenthèse gastronomique, c’est que les bières sont vraiment excellentes, ils en ont plein et c’est assez génial. Mais physiquement, en fait, on n’a pas trop le choix, on doit monter sur scène. C’est hyper éprouvant, physiquement, mais en même temps, psychologiquement, c’est super positif parce qu’on est portés, il y a de l’adrénaline. On s’effondre à la fin de la tournée mais jusqu’au dernier concert on a la force encore de monter sur scène.
J : Et après on est malade pendant deux semaines.
A : C’est vrai que tu as un contre-coup qui dure de quelques jours à une semaine. Après la première tournée, j’ai eu deux semaines d’insomnies totales. Décalage horaire plus fatigue, c’est terrible.
J : Il ne vaut mieux pas se reposer deux jours parce que tu décompresses et ton corps est vraiment très fatigué et après pour remonter sur scène, c’est dur.
A : Finalement, enchaîner les concerts tous les jours, c’est presque plus facile.

Aujourd’hui, vous avez encore le trac avant de monter sur scène ou justement vous n’attendez que ça, c’est naturel ?

A : C’est plus de l’excitation, ce n’est pas vraiment du trac. On est hyper tendus avant de monter sur scène mais c’est une tension qui est positive. On n’est pas terrorisés à l’idée de monter sur scène. On a plutôt envie de donner le meilleur de nous-mêmes. C’est une pression qu’on se met mais c’est une bonne pression. Ce qui serait terrible, ce serait de monter sur scène en en ayant rien à faire.
J : Les gens qui sont comme ça, ce sont des gens qui ne se renouvellent pas. Dès que tu veux présenter quelque chose de nouveau, tu as une pression personnelle.

J’imagine que vous passez énormément de temps à trois. Est-ce que ce n’est pas pesant parfois ? Est-ce que chacun arrive à trouver des moments pour soi ?

A : Quand on est que tous les trois, c’est plus facile que quand on est dix. Parce qu’en tournée, on est tout le temps beaucoup plus nombreux que trois, il y a toute une équipe avec nous. Quand on se retrouve à trois, c’est beaucoup plus facile parce qu’on se connaît tellement, depuis tellement longtemps (Jérémie et Ambroise se connaissent depuis qu’ils ont six ans et Christophe et Ambroise depuis qu’ils ont douze ans). Quand on est tous les trois, on arrive à se laisser la place de chacun.

Il n’y a donc pas un leader qui se dégage ?

A : En fait, on ne pense pas comme ça, on a chacun nos personnalités quand on est tous les trois alors que plein de gens nous poussent à penser dans ce sens là.
C : Mais c’est le chiffre trois aussi qui veut ça. A trois, tu ne peux pas avoir de coalition. Quand il y en a deux contre un, ça ne marche pas. Trois c’est un bon chiffre.
J : Et puis on est à une période de notre vie où on a une facilité à se lâcher, à exprimer des choses entre nous simplement, on est content que l’autre s’exprime aussi.
A : Et la route aussi intense, c’est un bon test.

Pouvez-vous me donner un adjectif pour qualifier l’un de vous ?

Ambroise a moyennement envie de se prêter au jeu.

A : C’est trop difficile ce genre de trucs… Jérémie… ce serait fou. Christophe… c’est plus difficile.
J : Christophe, ce serait excessif.

Christophe, tu pourrais qualifier Ambroise ?

C : Génial, brillant.
A : Surdoué.
C : Je pense qu’Ambroise fait partie de ces êtres humains qui élèvent l’esprit de la planète. Sinon, il est très maniaque.

Et enfin, avez-vous une anecdote à faire partager à nos internautes ? (sur scène, en coulisse, autres…)

A : Pas plus tard qu’aujourd’hui (lors du Festival FNAC Live, NDLR), la guitare de Christophe ne marchait pas.
C : Oui, j’ai pas eu de guitare pendant le concert.
A : Et il a fallu quand même faire le concert.
C : Autant dire que je bouillonnais intérieurement et j’ai foutu des coups de pied dans mon pédalier… Et malgré tout, j’arrivais à garder un sourire de façade qui était merveilleux. Puisque je ne pouvais pas jouer de guitare, j’ai tapé des mains.
A : On a fait un autre concert qui était particulièrement difficile, où c’est encore tombé sur Christophe, il avait une tendinite, il ne pouvait pas jouer de guitare. Et on avait tous l’air un peu con, c’est comme si il manquait une voix ou la batterie. Mais c’est ce que nous apprennent les concerts, on peut pas tout maîtriser contrairement à l’album où on peut tout faire. La scène, ça nous a vraiment appris le lâcher-prise, à ne pas se focaliser sur des détails mais essayer de donner une émotion quoiqu’il arrive.

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