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Olga Kouklaki

De la Grèce, on connaît surtout le sirtaki, Nana Mouskouri et Demis Roussos. Face à ces monuments, Olga Kouklaki apporte un vent de fraîcheur avec I U Need, un album électro pop sensuel et réussi.

Une voix grave et des beats électro… Si on devait absolument rapprocher Olga Kouklaki d’une référence, ce serait Grace Jones. D’ailleurs, avec ses chœurs et son rythme aux batteries marquées, Antivirus a le caractère d’un immense tube des années 1980. Que personne n’aurait jamais dévoilé, conservé tel Hibernatus en attendant des jours meilleurs. 2012 pour être précis, la sortie d’I U Need.

Au-delà de ce titre à l’aspect vintage, I U Need a les deux pieds dans son époque, évoquant la crise économique (Who are U) et arborant des instrumentaux aussi élégants qu’actuels (Jukebox). Au fil des pistes, on apprécie de plus en plus cette voix, toujours portée par un playback léché et, il faut le souligner, bien souvent original. Laissons maintenant Olga Kouklaki s’expliquer…

Si tu devais te présenter en quelques mots… ?

Ca, je ne sais pas faire ! Par contre, je peux dire que ma musique se situe entre l’électro, la pop et la musique de cinéma.

Comment est né cet album ?

Il n’y a pas d’histoire concrète… J’écris des mélodies, qui dépendent vraiment du moment. C’est spontané et il n’y a pas de but précis. Chaque titre est travaillé au maximum pour qu’il corresponde à ce dont j’ai envie, en utilisant tous les moyens possibles. Par exemple, sur Who are U, je voulais ajouter une voix de chanteur grave et avec de la personnalité.

Justement, plusieurs collaborations émaillent cet album. Comment as-tu choisi ces partenaires ?

Dans le cas de Liset Alea, qui participe avec moi sur Hollow Lives, je la connaissais depuis longtemps. Je trouvais que ça voix correspondait au personnage de la chanson. Il fallait que la voix amène un truc doux, sensuel. Mélanie (Pain, NDLR, qui apparaît sur Sweetheart), je la connaissais aussi depuis un certain temps, depuis Nouvelle Vague. Je voulais un morceau assez féminin et sa voix apporte vraiment quelque chose en ce sens. Et enfin, pour Tim Keegan, je cherchais une voix grave et sérieuse, qui collait avec le thème de la crise qui est abordé dans le texte. Toutes les autres voix que j’ai auditionnées étaient plus jazz. J’ai été contente de découvrir le résultat ! Je trouve que sa personnalité a vraiment contribué au résultat.

Comment choisis tu les thèmes sur lesquels tu écris ?

Là aussi, c’est un processus spontané. Par exemple pour Who are U, c’est quelque chose que j’ai écrit alors que les manifs à Athènes battaient leur plein. J’étais énervée par la manière dont les médias relayaient l’événement. J’ai alors ressenti le besoin de l’écrire, de l’exprimer. Pour chaque titre, c’est ça. Je gère mes sentiments.

Est-ce que tes origines grecques ont une influence sur ta musique ?

Je ne pense pas que ma musique sonne grec, ou français… Ou alors c’est inconscient !

Quels sont les albums qui traînent sur tes étagères et qui t’ont bercée ?

Je change souvent de style dans mes écoutes. Je suis passé par la new wave, la cold wave, la musique électro anglaise sophistiquée puis des trucs comme Apparat ou Acouphène… Aujourd’hui, j’écoute beaucoup Jamie Who, Metronomy, Who made who ou Nicolas Jaar. Il fait de super ambiances électro.

Plutôt scène ou plutôt studio ?

Studio ! Parce qu’à la base, je ne suis pas chanteuse, même si j’ai fait un featuring pour Pony Hoax. J’ai une formation classique et c’est plus facile pour moi de travailler à la composition.

En quoi I U Need se différencie de ce que tu as fait avant ?

C’est très différent dans le concept. Sur Getalife (son précédent album, NDLR), il y avait un concept concret concernant le son. Cette fois, je voulais me libérer de toute contrainte, libérer mon style. J’ai laissé tomber toutes les barrières.

Notre magazine s’appelle Save My Brain… Sauver les cerveaux. Comment peut-on le faire ?

En oubliant la crise et en faisant ce qu’il nous plaît. Il faut suivre ses passions !

Quels ont été tes derniers coups de cœur culturels ?

Je vais surtout parler cinéma, avec The Artist. J’étais heureuse de vois un film en noir et blanc, qui contraste avec toute la violence que l’on peut voir habituellement au cinéma. J’ai beaucoup aimé ce retour à la poésie.

A écouter : Who are U, Antivirus, Sweetheart, Jukebox, Gazstation

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