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Delphine de Vigan, auteur-écrivain

« Ecrire n’est pas un métier, c’est un état, une manière de vivre et d’être au monde.« 

Biographie :

Delphine de Vigan est une romancière française, née le 1er mars 1966, auteur de six romans. Après plusieurs jobs, Delphine de Vigan a travaillé comme directrice d’études pendant onze ans dans un institut de sondage spécialisé dans l’observation sociale. Son travail était de faire l’état des lieux des rapports humains et professionnels dans l’entreprise. Ses observations lui ont permis de faire le constat d’un durcissement des relations professionnelles dans l’entreprise, qui ont inspiré ses écrits plus tard.

Delphine de Vigan publie son premier roman en 2001, Jours sans Faim aux éditions Grasset, sous le pseudo Lou Delvig. Elle publiera ensuite cinq romans aux éditions JC Lattès en reprenant son nom.

En 2008, elle participe à l’ouvrage collectif Sous le Manteau, aux éditions Flammarion, dans lequel est proposé une collection inédite de cartes postales érotiques des années folles, une balade nostalgique au coeur de l’érotisme, qu’accompagnent quatre nouvelles tour à tour aguichantes, malicieuses et romantiques de quatre écrivains.

No et Moi a été adapté au cinéma par la réalisatrice Zabou Breitmann.

Oeuvres :

aux éditions Grasset : Jours sans Faim en 2001, sous le pseudo Lou Delvig.

aux éditions JC Lattès : Les Jolis Garçons et Un Soir de Décembre en 2005 ; No et Moi en 2007 ; Les Heures Souterraines en 2009 ; Rien ne s’oppose à la nuit en 2011.

Prix littéraires :

– Prix Littéraire Saint Valentin en 2006 pour Un Soir de Décembre

– Prix des Libraires et Prix du Rotary International en 2009 pour No et Moi

– Prix des Lecteurs de Corse en 2010 pour Heures Souterraines

-Prix du Roman Fnac, Prix Roman France Télévision, Prix Renaudot des Lycées en 2011 et Prix des Lectrices d’Elle magazine en 2012 pour Rien ne s’Oppose à la Nuit

Delphine de Vigan fait partie du jury du Prix Françoise Sagan.

Elle a co-signé le scénario du film Tu seras un homme mon fils sorti en salle en 2011, dont l’histoire raconte les difficultés d’un fils avec son père, qui ne vit que par le prestige de son vignoble.

Cinéphile, Delphine de Vigan a fait une pause littéraire après son roman Rien ne s’oppose à la nuit pour se consacrer à la réalisation d’un film, une comédie absurde et fantastique, dont le sujet porte sur l’omniprésence du sexe dans notre société, et sur la notion de performance qui y est associée ; elle a travaillé deux ans sur ce projet, dont le tournage aura lieu à la rentrée 2012.

Ecriture :

Delphine de Vigan a plaisir à écrire. Pour elle, l’écriture est une façon d’apprivoiser cette sensation de vertige par rapport au monde qui l’entoure. Elle sait mettre en mot les sensations, les ressentis, la joie, le désarroi et les sentiments. Delphine de Vigan a coeur à réussir à décrire « la sensation ». Elle a une façon visuelle de travailler, et manie l’art de la description et de retranscrire la réalité avec talent. Elle a un sens de l’observation et de la critique aiguisée, ses récits respirent l’authenticité. Delphine de Vigan a un talent indéniable pour exprimer les sentiments de ses héros bousculés par la vie. Les livres de Delphine de Vigan ont pour similitude la désillusion et le désenchantement, ce qui l’intéresse, c’est de creuser son petit sillon avec ses doutes. Pour elle, écrire, c’est comme construire un château de sable, en équilibre, une écriture faite de doutes et d’interrogations. Le thème récurrent de ses livres est le renoncement. Faut-il renoncer ou pas ? C’est quoi se battre, c’est quoi capituler ? Pour Delphine de Vigan, l’écriture est une ondulation autour de quelque chose nommé ou pas, dont le mot seul ne suffit pas, car le mot est réducteur. Elle va au coeur du non dit, du silence et de la solitude avec des mots et une émotion qui frappent. Pour elle, écrire est une démarche très intime, personnelle, exigeante et parfois aveugle.

Delphine de Vigan a une jolie plume au style fluide et agréable, une écriture particulière pleine de charme et de simplicité dans laquelle elle décrit avec justesse la sensation exacte, son détail et l’infini des images de la sensation. Avec une précision de la narration, une lecture limpide et l’abondance des rythmes, Delphine de Vigan réussit au travers de ses écrits à impressionner, charmer, émouvoir, bouleverser et emporter son lecteur.

Livres :

Jours sans faim, premier roman publié en 2001, sous le pseudo de Lou Delvig. ‘est un roman autobiographique sur le combat et la guérison de Laure, jeune fille anorexique de 19 ans, hospitalisée au dernier stade de la maladie. L’auteur raconte les trois mois d’hôpital pour rendre la vie à ce corps vidé, ces trois mois pour capituler, pour guérir. Sa guérison, c’est aussi la rencontre avec le Dr Brunel qui la prend en charge, seul capable d’entendre sa souffrance. Au travers de ce roman, Delphine de Vigan analyse la difficulté de vivre, les blessures indicibles de l’enfance, les journées d’hospitalisation. Delphine de Vigan a su transmettre la finesse et la subtilité des souffrances de cette pathologie particulière, en décrivant ce que cela veut dire physiquement que peser 35 kilos et être proche de la mort dans un état de dénutrition avancé, quelle expérience physique est le théatre de cette maladie, l’anorexie mentale, une expérience physique hors du commun où on flirte avec la mort.

Les jolis garçons : trois nouvelles, trois histoires d’amour creusant le thème de la désillusion amoureuse, trois moments dans la vie d’une femme : Emma. Jeune trentenaire, Emma aime l’amour, l’amour autant qu’il se rêve, s’invente et se vit. Emma va rencontrer dans un premier temps Marc Stevenson, avocat célèbre, dont elle va tomber passionnément amoureuse. Elle va vivre avec Marc une passion dévorante et obsessionnelle qui l’emmènera aux limites de la folie. Puis Emma va rencontrer Ethan Castor, écrivain, marié, charmeur et sombre à la fois. Une rencontre joyeuse et érotique qui va durer trois jours et dans laquelle l’écrivain marié voit en Emma une sorte de secours pour son couple. Enfin Emma rencontre son troisième amant, Milan Mikaev, animateur de télévision, égocentrique, narcissique, imprévisible ; une rencontre où l’imprévisible prend le pas sur les sentiments. C’est un roman drôle et léger, surprenant et original où au travers de ces trois rencontres, l’amour est dépeint sous plusieurs formes. L’auteur raconte ces trois histoires tout en légèreté et malice, en décrivant l’élan amoureux, sa fragilité, sa beauté et sa violence, et en abordant le sentiment amoureux du bonheur le plus intense à la détresse la plus profonde.

Un soir de décembre, Matthieu Brin, 45 ans, est marié à Elise dont il a deux garçons. Il a publié son premier livre qui connait un grand succès et reçoit des lettres d’admiratrices, mais n’arrive plus à écrire. Un jour, il reçoit une lettre, d’une ancienne maîtresse, qu’il a quitté un soir de décembre, peu avant son mariage avec Elise, dix ans auparavant. Ce roman est l’histoire d’une femme qui écrit à un homme qu’elle a aimé et n’a jamais oublié. C’est l’histoire d’une faille soudaine dans la vie d’un homme, d’un couple rattrapé par l’usure du temps. C’est l’histoire d’un moment de fragilité où le passé refait surface, la mémoire se recompose et les certitudes s’estompent. C’est l’histoire d’un homme qui va plonger dans la dépression, quitté par sa femme, un écrivain qui bascule et dont Delphine de Vigan va nous faire vivre cette lente descente aux enfers.

No et Moi est un roman moral sur une adolescente surdouée qui vient en aide à une jeune SDF. Lou est une jeune fille de 13 ans, petite fille solitaire, intellectuelle précoce, marginale dans sa famille de bobo parisien, brisée par un drame familial, et qui va croiser No, une jeune femme SDF qui vit dans la rue. Lou va se battre pour aider No. Mais Lou va se rendre compte qu’avec toute sa bonne volonté, elle ne peut résoudre le problème des SDF. C’est le récit d’un engagement  au travers duquel Delphine de Vigan décrit l’histoire des solitudes et des combats humains. Au travers du regard de cette petite fille, l’auteur permet d’aborder cet univers opaque et scandaleux. Delphine de Vigan a observé les ados, interrogé les adultes sur leur adolescence, leur utopie,leur révolte, ce à quoi on renonce pour devenir adulte et qui sont les questions de No. En choisissant le point de vue de Lou, dont la précocité est sa marginalité, son éveil au monde avec les milliards de questions qu’elle se pose et ce mélange de lucidité et de naïveté, l’auteur fait de Lou un personnage à part. Au travers de cette aventure intérieure et individuelle, l’engagement de Delphine de Vigan passe par la fiction, le fait de signaler, de toucher le lecteur avec cette histoire sombre.

Heures souterraines est un roman qui se passe sur une journée, le 20 mai, dans laquelle on suit les déambulations de deux quadragénaires, Mathilde et Thibault. Mathilde, la quarantaine, veuve avec trois garçons, est cadre dans une grande entreprise. Elle prend chaque jour le métro pour se rendre à son travail. Après un désaccord avec son supérieur hiérarchique, Mathilde va subir le harcèlement de ce supérieur, qui va insidieusement la priver de son travail, en l’écartant, la poussant à la faute, à la chute, à la soumission, à la démission. Thibault, quarante ans, est médecin urgentiste et sillonne Paris au volant de sa voiture pour rendre visiste à des malades esseulés. Il vient de quitter Lila, qu’il aime, mais qui est incapable de lui rendre son amour. Le quotidien de Thibault, c’est les blessures des autres, leurs douleurs, petits et grands maux qu’un médecin est amené à soigner dans une grande ville. Au travers de ce roman, Delphine de Vigan a écrit un sujet audacieux sur le harcèlement dans l’entreprise, ce moment de bascule où le quotidien devient harassant, où l’auteur a voulu exprimer la répétition et la violence silencieuse des rapports dans l’entreprise, mais aussi ce mouvement perpétuel de gens qui se croisent sans se voir dans les transports, dans la ville souterraine, ce va et vient vertigineux entre Thibault, homme en mouvement et spectateur de la solitude urbaine, et Mathilde, qui va à son travail et n’a rien à faire, et subit cette mécanique silencieuse qui entraîne sa destruction.

Rien ne s’oppose à la nuit est le roman le plus personnel de Delphine de Vigan. A la mort de sa mère qui met fin à ses jours en 2008, Delphine de Vigan éprouve le besoin de retracer le parcours de Lucile sa mère, son itinéraire, l’histoire de sa mère, de sa famille. C’est une plongée bouleversante au coeur de la mémoire familiale où les souvenirs lumineux côtoient les secrets les plus enfouis. Lucile, la mère de l’auteur, est atteinte de bipolarité. Rien ne s’oppose à la nuit est une quête de la vérité, une quête sur l’origine. Delphine de Vigan est allée au plus près de ce qui la constitue, ce qui lui a été transmis, qu’elle a reçu ou pris de l’héritage familial et ce qu’elle a refusé. Elle a voulu rendre compte de la vie de sa mère. C’est à la fois un roman, une biographie, une autobiographie, une autofiction dont elle est narratrice et personnage du livre. Delphine de Vigan raconte la vie de sa mère, de sa petite enfance jusqu’à sa mort, une vie de femme qui commence dans les années 50 et se termine ce jour de mai 2008 et couvrant plusieurs époques. C’est un livre d’amour et un hommage avant tout. Delphine de Vigan a voulu au travers de ce récit, rendre un hommage à sa mère, son mystère, sa douleur, sa violence et sa beauté. Rien ne s’oppose à la nuit est un livre qui parle d’amour, un récit émouvant, magnifique, intense et pudique à la fois.

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1 Comment

  • Reply
    NGO-THI-KIM-NGOC
    11 novembre 2018 at 12:49

    j’ai vu le film Les Heures Souterraines sur ARTE l’année dernière en 2017, juste avant ma retraite d’une carrière d’infirmière. C’est l’histoire d’un jour de 2 personnes qui se croisent, à distance, à la fin du film. La violence du harcèlement en milieu du travail, je l’ai vécue et partagée, malgré moi, avec ma fille adolescente, surdouée…
    Je souhaite rencontrer Delphine de Vigan pour avoir si bien relaté la situation douloureuse, si vraie des dernières heures au boulot de Mathilde. J’ai été très touchée par les circonstances qui ressemblaient à celles de mon vécu professionnel…
    Merci d’être là, chère Delphine. Bonne continuation.

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