Séries TV

House of Lies

Ce mois-ci, je vous emmène dans les bas fonds manipulateurs de la finance en compagnie de Marty Kaan.



Marty Kaan (Don Cheadle) est un magna de la finance et du management qui, avec son équipe, aide des entreprises sur le déclin. Seulement, Marty se présente plutôt comme un baratineur qui vend de la poudre aux yeux à des patrons en mal d’argent et amasse des sommes astronomiques pour quelques conseils savamment distillés.

House of lies, c’est un peu Californication version mode de la finance. Marty Kaan, tout comme Hank Moody aime les femmes, la fête et les substances illicites. Père d’un petit garçon clairement homosexuel, il tente de l’éduquer tant bien que mal tandis que son ex-compagne est à la fois sa pire rivale professionnelle (et une mère pitoyable). Si les deux héros de la chaine américaine Showtime présente des ressemblances flagrantes, il s’agit pourtant bel et bien de deux séries clairement différentes.

House of lies présente une particularité amusante qui peut également agacer sur le long terme. A titre d’exemple, la fine équipe de Marty discute d’un dossier lorsqu’un terme technique sort. L’image se fige et Marty nous explique alors la définition – décalée – de ce terme. La scène reprend ensuite et le rythme continu.
La série fonctionne aussi sur un schéma narratif très simple : un client, un épisode. Des éléments en fond créent un fil rouge mais il est aisé (pour l’heure en tout cas) de ne pas suivre en continu la série.

Au-delà de l’aspect très racoleur et trash (cher à Showtime), la série a le mérite de proposer en vedette de son show un acteur noir. Aussi, dans un épisode se déroulant dans l’Utah (état très conservateur abritant de nombreux mormons), Marty est confronté au racisme. Le dirigeant de l’entreprise ne souhaite pas traité avec lui à cause de sa couleur de peau.  La série aborde également la question des genres et de la sexualité. Le fils de Marty est ouvertement gay (n’hésitant pas à revêtir des vêtements féminins) malgré sa dizaine d’années. Il est peu courant dans les séries, d’avoir un personnage si jeune avec une sexualité si définie. Egalement, l’ouverture d’esprit et la non-pression exercée par l’entourage présente un aspect plutôt inédit. Ici, pas question de s’interroger des heures sur le devenir de cet enfant ou sur sa sexualité marquée.
Enfin, la série parle du rôle des mauvaises mères. L’ex-compagne de Marty est une droguée qui n’a aucun instinct maternel. Là encore, ce n’est pas un sujet couramment abordé dans le monde prisé des séries TV.
Nous pouvons aussi mettre en valeur le personnage de Jeannie (interprétée par la ravissante Kristen Bell) qui doit s’imposer en tant que femme dans un monde de requins masculins.

Finalement, sous des airs à la Californication, la série va beaucoup plus loin que sa grande soeur. Bien que le sexe, la drogue et l’argent apparaissent comme les éléments majeurs de cette nouvelle série, les thèmes en arrière-plan sont bien plus profonds qu’il n’y paraît.

Un petit conseil avisé de téléspectatrice : osez dépasser les deux premiers épisodes un peu fouillis et trop calqués Californication. La série parvient à trouver son rythme a peu près à ce moment là.

Bon visionnage !

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