Chanteuse rock

Sheryl Crow

L’aviez-vous remarqué : plus on s’approche des fêtes de fin d’année et plus les chansons célébrant cet instant magique, redoublent d’intensité? Et si on ne peut passer à côté des traditionnels « Petit Papa Noël » et autres « Jingle Bells », d’autres surprises viennent parfois pointer le bout de leur nez. C’est le cas notamment de la chanteuse Sheryl Crow et de son chaleureux Home For Christmas, opus hivernal où la magie de Noël est magnifiée à travers des chants classiques et de sa composition.

Seul bémol : ce disque n’est destiné qu’au seul marché américain. Remarquez, peut-être que le Père Noël aura choisi de vous l’expédier d’Outre-Atlantique? Il n’y a plus qu’à attendre le jour J… Alors histoire de vous faire patienter, voici le portrait de cette artiste multi-instrumentiste douée, aux ressources insoupçonnables.

Dixie girl

C’est dans l’état du Missouri et plus précisément dans la petite ville de Kennett que Sheryl Suzanne Crow voit le jour, le 11 février 1962. En plein cœur de l’Amérique rurale, les passe-temps ne sont pas légion, aussi la gamine se passionnera très tôt pour toute une foule d’activités sportives, associatives et bien sûr musicales, pour suivre les traces de ses parents Wendell, avocat et trompettiste et sa mère, Bernice, professeur de piano. Tour à tour majorette et championne d’athlétisme au lycée, la jeune fille rejoindra à l’Université de nombreux autres clubs et entre autres, le groupe Cashmere, avec lequel elle fait ses premières scènes. Sortie diplômée d’une licence en études musicales, Sheryl choisit dans un premier temps la voie de l’enseignement.

Professeure de musique dans une école primaire pendant la semaine, la jeune femme rejoint le weekend venu différentes scènes pour chanter en compagnie de groupes. C’est d’ailleurs à cette occasion que lui sera présenté le producteur et musicien local Jay Oliver qui la prendra sous son aile. Après avoir participé à l’enregistrement de slogans publicitaires, dont un très lucratif pour McDonald’s (40 000$), Sheryl fait cavalier seul en rejoignant la tournée « Bad » (1987-1989) de Michael Jackson où on pourra la voir interpréter en duo avec lui « I Just Can’t Stop Loving You ». Entre autres choriste du grand Stevie Wonder, Belinda Carlisle et Don Henley, Crow a également chanté dans la série policière musicale Cop Rock (ndlr : série américaine atypique narrant la vie d’un commissariat sur fond de comédie musicale) ainsi que le titre « Hundred of Tears » pour la BO du film Point Break.

All I Wanna Do…

Ces premières rencontres avec le succès lui donnent naturellement envie de signer son premier opus. Réalisé par Hugh Padgham, le producteur de Phil Collins, Sheryl Crow est annoncé pour le 22 septembre 1992… Mais est finalement écarté par sa maison de disques. Un coup d’essai manqué certes, mais un bon nombre de copies arrive tout de même à s’écouler physiquement et via des réseaux de partage de fichiers. Tandis que ses morceaux sont interprétés par de nouvelles vedettes comme Céline Dion, Sheryl se voit ainsi temporairement reléguée au rang de « célèbre inconnue ».

Tuesday Night Music Club (en abrégé, TNMC) sera l’album qui lui ouvrira les portes de la notoriété. Lancé en août 1993 et enregistré avec le groupe Tuesday Music Club, l’album peine à gravir les charts jusqu’à ce que le single « All I Wanna Do » devienne la sensation du printemps 1994. Pour l’anecdote, cet hymne à l’hédonisme et au bon temps, la chanteuse l’aurait trouvé dans un vieux recueil de poèmes dégoté dans une brocante ! Suivront les également très bons « Leaving Las Vegas », « Strong Enough » et « Can’t Cry Anymore ». Avec plus de 7 millions d’exemplaires vendus au Royaume-Uni et aux States et 3 Grammy Awards reçus en 1995 (ndlr : Disque de l’Année, Meilleure Nouvelle Artiste, Meilleure Performance Musicale Féminine), TNMC rafle le jackpot.

Après le consensus, place aux sujets qui fâchent avec Sheryl Crow sorti en septembre 1996. Sur cet album éponyme, les opinions se font ici politiques en abordant pêle-mêle l’avortement, les sans-abris, les essais nucléaires… Et la vente libre des armes à feu dans certains supermarchés américains comme Wal-Mart, auxquelles ont facilement accès les enfants, avec la chanson « Love Is A Good Thing » au doux parfum de polémique. « If It Makes You Happy », « Everyday Is a Winding Road », « A Change Would Do You Good » et « Home » font du second opus, une usine à tubes. Thème musical du James Bond Demain Ne Meurt Jamais, sa chanson “Tomorrow Never Dies” profite du même traitement. Résultat des courses : 2 Grammy pour la « Meilleure Performance Vocale Féminine » et « Meilleur Album Rock ».

Changement de ton pour The Globe Sessions dans les bacs en septembre 1998, qui se montre assez centré sur sa vie personnelle, un trop même aux goûts de certains. Profonde dépression, déboires amoureux (ndlr : on lui a notamment prêté une liaison avec Eric Clapton, qui serait l’amant mystérieux présent dans la chanson « My Favourite Mistake »), l’heure n’est pas vraiment à la fête avec des titres « There Goes The Neighborhood » ou « Anything But Down ». N’empêche, il lui vaut là encore 2 Grammys : un pour le « Meilleur Album Rock » et l’autre pour le « Meilleur Album Non Classique Enregistré ». L’année suivante, l’album live Sheryl Crow and Friends : Live From Central Park lui permet de réunir sur scène ses amis Sarah McLachlan, Keith Richards, Eric Clapton… Et de gagner un nouveau Grammy Award catégorie « Meilleure Performance Vocale Féminine Rock ».

Place au soleil et à la joie de vivre avec C’mon C’mon (avril 2002), et ses joyeux singles « Soak Up The Sun » et « Steve McQueen », prétexte pour un nouveau Grammy en tant que « Meilleure Performance Vocale Féminine Rock ». Première compilation de ses plus grands tubes, The Very Best of Sheryl Crow (2003) présente également quelques inédits comme la reprise de « The First Cut is the Deepest » de Cat Stevens, jusqu’ici son plus gros hit radio depuis « All I Wanna Do ». Normal donc que celui-ci se voit attribuer 2 American Music Awards (« Meilleur Artiste Pop/Rock » et « Artiste Contemporain Adulte de l’Année »).

Avec le lancement de Wildflower en septembre 2005, le cercle vertueux de la réussite de Sheryl commence à subir ses premières attaques. Moins plébiscité que ses prédécesseurs, on lui reproche notamment de trop se focaliser sur les histoires de cœur de la chanteuse. Deux singles en seront cependant issus : « Love is Good » ainsi que « Always On Your Side », ce dernier ré-édité un peu plus tard en duo avec Sting. Après un second best-of intitulé Hits and Rarities, distribué en novembre 2007 sur le marché européen,  le lancement en février 2008 du sixième album Detours sera l’occasion d’un retour au rock roots. Avec des titres comme « Lullaby for Wyatt », « Shine Over Babylon » ou « Love Is Free », on retrouve tout à fait l’esprit des premières œuvres de Sheryl.

A 161 kilomètres de Memphis

Sur ses 18 ans de carrière, Sheryl Crow reste une artiste formidablement prolifique avec à son actif 9 Grammy Awards et plus de 35 millions d’albums vendus. Si ses dernières réalisations sont certes un peu moins bankable, il faut juger un artiste à l’intégralité de son œuvre, et celle de Sheryl ne se borne pas à ses 7 albums studios. Des apparitions dans des films (The Minus Man, De-Lovely) et séries télé (X-Files, Hannah Montana, Cougar Town), des thèmes musicaux pour Tomorrow Never Dies, Le Journal de Bridget Jones, Sam Je Suis Sam, ou plus récemment encore Cars, des collaborations avec des artistes de la trempe des Rolling Stones, Luciano Pavarotti ou Johnny Cash, la chanteuse a su s’installer durablement dans le cœur de ses fans. Des admirateurs qui ont su lui apporter un soutien inconditionnel en 2006, lors de l’annonce de sa rupture avec son fiancé, le coureur cycliste Lance Armstrong, ou la découverte de son cancer du sein dont elle en sortira rapidement guérie.

Loin d’être versée dans le star system, Crow est ce que l’on appelle une artiste politiquement engagée qui n’hésite pas à clamer haut et fort ses opinions : anti guerre en Irak et farouchement opposée à Bush, l’artiste a maintes fois manifesté son soutien au futur président Barack Obama lorsque celui-ci n’était encore que candidat. Si le passage de l’ouragan Katrina lui a inspiré la chanson « Love Is Free » présente sur Detours, la condition des femmes au Congo et la recherche vis-à-vis de la sclérodermie (ndlr : via le projet « Raise Hope for Congo » et la Scleroderma Research Fondation) font partie des actions qui lui tiennent à cœur. Sans oublier les enfants des quartiers défavorisés, avec son implication dans la David Lynch Fondation, réunissant des fonds pour leur enseigner la technique de Méditation Transcendantale. Elle-même mère de deux jeunes enfants (Wyatt Steven et Levi James) qu’elle a adoptés, cette cause lui est toute personnelle.

Malgré tous ces projets annexes, Sheryl a quand même trouvé le temps de distribuer, le 20 juillet dernier, son  7e album studio 100 Miles From Memphis. 100 miles, soit environ 161 kilomètres, c’est la distance qui sépare « le berceau du blues » de la ville natale de la chanteuse. Un titre évocateur qui donne le ton : adieu (pour un temps ?) le rock bluesy, pop et countrysant, qui avait fait jusqu’ici la marque de fabrique de la demoiselle, cet album sera dans le son « soul classique » ou ne sera pas. Place aux souvenirs musicaux qui ont forgé l’identité musicale de Sheryl, comme celle-ci l’explique sur son site officiel : « J’ai grandi dans une petite ville à 100 miles (~ 161 kms) de Memphis et cela a conditionné non seulement mon goût musical mais aussi ma vision du monde » (www.sherylcrow.com/bio).

Et on peut s’en apercevoir rien qu’à l’écoute, les titres qui se succèdent tout au long de l’album s’inscrivent dans la tradition classique d’Al Green, Stevie Wonder ou Sly and the Family Stone. Des guests comme Keith Richards, Citizen Cope ou Justin Timberlake viennent ainsi prêter leurs services sur des titres « Eye to Eye », « Sideways » ou « Sign My Name », sans occulter le single phare « Summer Day », flamboyant d’optimisme ou le poignant « Stop », admonestation poignante contre la folie de ce monde. « Mon dernier album (Detours) était assez politique, extrêmement personnel et plus orienté sur les paroles. Ca me semblait donc être plutôt le bon moment pour faire quelque chose de sentimental, sexy et plus porté sur la musique », confiait-elle encore dernièrement (www.sherylcrow.com/bio). Et à vrai dire, cet album longtemps pensé arrive à point nommé, ne serait-ce que pour entendre sa bluffante version de « I Want You Back » des Jackson Five… Michael aurait certainement été très fier de cet hommage si personnel.

(Les photos proviennent du site www.sherylcrow.com)

Sources

Sites internet :
http://www.sherylcrow.com
http://www.myspace.com/sherylcrow
http://www.onlysherylcrow.com
http://fr.wikipedia.org
http://en.wikipedia.org

Articles :
About Sheryl Crow : http://www.sherylcrow.com/bio/
33  Things You Should Know About Sheryl Crow : http://www.blender.com/guide/66907/33-things-you-should-know-about-sheryl-crow.html
Sheryl Crow en questions : http://www.onlysherylcrow.com/articles/199611_rockandfolk.jpg

You Might Also Like

No Comments

    Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.