Expositions

Anish Kapoor au Guggenheim de Bilbao

Au Guggenheim de Bilbao, l’artiste britannique d’origine indienne Anish Kapoor s’octroie la quasi-totalité du deuxième étage. L’occasion de découvrir des œuvres spectaculaires et déroutantes.

Avant d’aborder l’exposition, attardons-nous sur le musée Guggenheim de Bilbao, que nous n’avons pas encore eu l’occasion de visiter à Save My Brain, habitués que nous sommes aux expos parisiennes. Ouvert en 1997, le bâtiment est signé Frank Gehry. Son ouverture a eu un impact inégalé sur l’attrait touristique de la ville. Jusque-là laborieuse cité industrielle, Bilbao est devenu à l’ouverture du Guggenheim une destination prisée dans le monde entier.

Il faut dire que l’édifice est spectaculaire. Les parois recouvertes de titane reflètent la lumière de manière tamisée, modifiant l’aspect des murs selon l’heure de la journée. La structure en elle-même est un enchevêtrement de salles. Le plan est si complexe que l’étude a été menée avec des logiciels de CAO comme Catia, une première en architecture. Cette complexité n’est pas qu’une fantaisie. La disposition particulière des salles permet un dialogue entre l’architecture et les œuvres, grâce à des ouvertures entre les différents niveaux. C’est particulièrement sensible avec l’extraordinaire installation de Richard Serra, totalement différente selon qu’elle est vue du rez-de-chaussée ou depuis le premier étage.

L’exposition Anish Kapoor bénéficie de l’architecture particulière du Guggenheim. La disposition des salles et leurs tailles très variables mettent les œuvres en valeur comme nulle part ailleurs. On profite avec ravissement des divers aspects de l’œuvre de l’artiste.

Une des facettes concerne la perception de l’espace. Les miroirs déformants de toutes sortes envahissent une des salles. L’aspect ludique est évident, ce qui corrobore les paroles d’Anish Kapoor. L’artiste aime en effet voir le public et les critiques s’amuser dans ses expositions.

D’autres déformations spatiales sont directement intégrées au corps du musée. C’est notamment le cas de cet immense disque jaune, qui semble simplement peint lorsqu’on entre dans la salle. A mesure que l’on s’approche, la cavité devient perceptible. De nombreuses pièces de ce genre, souvent moins monumentales, sont présentées dans les salles du Guggenheim. Avec pour dénominateur commun le recours à du pigment brut, qui ajoute une intensité colorée.

Le plus spectaculaire reste tout de même Shooting into the corner, installation mettant en scène un canon projetant des pigments pur sur le mur. L’interprétation est multiple, selon la sensibilité du spectateur… Métaphore de la naissance de la peinture ou mise en lumière de la vanité de la guerre ? On peut encore considérer Shooting into the corner comme un pied de nez à l’histoire. A l’époque de l’empire britannique, chaque état princier indien était salué de coups de canon lors des cérémonies officielles. L’installation d’Anish Kapoor (d’origine indienne), présentée pour la première fois à la Royal Academy de Londres, renverse l’usage de manière iconoclaste, badigeonnant les vénérables murs britanniques de peinture rouge.

Variée (une zone de l’expo aborde les projets architecturaux d’Anish Kapoor) et très esthétique, cette exposition mérite d’être visitée au-delà de l’émerveillement lié au musée Guggenheim. Elle court jusqu’au 12 octobre 2010.

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