Littérature

Philippe Besson

Philippe Besson est né le 29 janvier 1967 à Barbezieux-Saint-Hilaire. Après une enfance en Charente, il entre en 1984 au Lycée Montaigne à Bordeaux, où il suit une prépa HEC, puis il sera diplômé de l’école supérieure de commerce de Rouen et titulaire d’un DESS de droit.

En 1989, il exerce la profession de juriste et enseigne le droit social à Paris. Puis il devient le bras droit de Laurence Parisot en tant que DRH puis Secrétaire Général de l’Institut français d’opinion publique, ensuite il sera DRH de Club Internet.

En 1999, il écrit «En l’absence des hommes », inspiré par la lecture de récits d’anciens combattants de la Première Guerre Mondiale, « Paroles de poilus » et « Douze lettres au soldat inconnu ». Ce premier roman publié en 2001, met en scène le personnage de Marcel Proust et sera récompensé par le Prix Emmanuel-Roblès.

Philippe Besson publie « Son Frère » retenu pour le Prix Fémina et dont le réalisateur Patrice Chéreau fait une adaptation cinématographique en 2003 ; le film obtient l’Ours d’Argent au festival de Berlin.

C’est à partir d’un tableau du peintre Edward Hopper, que Philippe Besson écrit « L’arrière Saison » en 2002. Louise, comédienne, attend son mari Norman dans un bar tenu par Ben. Stephen, son ex-amant, avocat et dont elle est séparée depuis cinq ans apparaît. On assiste alors aux retrouvailles des ex-amants. Philippe Besson, capteur d’émotions analyse finement et minutieusement les impressions et sentiments de chaque personnage et dans cette scène intime on assiste aux souvenirs et regrets d’une histoire d’amour dans une atmosphère de mélancolie douce et captivante. Ce livre obtient le Grand Prix RTL/Lire.

« Le Garçon d’Italie », en 2003, raconte l’histoire de Luca, retrouvé mort noyé. Anne sa compagne et Léo sont à sa recherche, et Luca, narrateur, sera le trait d’union entre ces deux personnages.

En 2004, paraît « Les Jours Fragiles », roman centré sur les derniers jours d’Arthur Rimbaud. Isabelle, sœur d’Arthur Rimbaud va s’occuper de son frère malade. Isabelle, narratrice, raconte la lente agonie de son frère et raconte leur intimité.

Les droits du livre sont acquis par Gérard Depardieu et Claude Berri, et retient l’attention du réalisateur François Dupeyron, le film voit le jour en 2007 avec l’acteur Guillaume Depardieu.

Cette année-là, « L’arrière saison » est créée sur France Culture et montée à Paris.

Dans « Un instant d’abandon » Thomas Sheppard, accusé de la mort de son fils, revient dans sa ville, après avoir passé cinq années en prison. Il se retrouve confronté aux habitants qui n’ont pas oublié.

Cette même année, Philippe Besson joue son propre rôle dans le film « Caché » de Michael Haneke, où il est invité dans une émission littéraire animée par Daniel Auteuil sur un débat sur le poète Arthur Rimbaud.

Il écrit également un court roman « Les Amants » pour Elle/Julliard ainsi que « 48 heures au Lutétia » aux éditions scali.

« L’Enfant d’Octobre » paraît aux éditions Grasset en 2006. Ce faits divers inspiré de l’affaire Grégory provoquera une vive polémique à sa sortie.

En 2007 dans le roman « Se résoudre aux Adieux » l’écrivain aborde le thème de la rupture vu par les yeux, les sentiments, la colère d’une femme Louise. L’auteur se met dans la peau d’une femme qui fait le deuil d’une rupture en écrivant des lettres à l’homme qu’elle a aimé et qui l’a quitté pour une autre. Pari incroyable et réussi.

« Un homme accidentel » en 2008, évoque les liens dénoués, la destruction d’une relation ou comment un poison lent s’immisce dans une relation et la détruit. Les gens sont heureux mais l’histoire se termine mal. A Los Angelès deux hommes se retrouvent réunis par la mort d’un inconnu.

La même année paraît « Huit » chez calmann-lévy.

Philippe besson écrit le scénario du 2ème film de Laure Duthilleul (réalisatrice d’A ce soir).

« La Trahison de Thomas Spencer » paraît en début 2009, l’histoire d’une amitié forte dans les années 1950-1960 aux Etats Unis entre deux hommes Paul et Thomas, et l’arrivée d’une femme Claire.

L’écriture de Philippe Besson :

L’écriture de Philippe Besson est centrée sur le relationnel et les sentiments de ses personnages et dévoile un intérêt particulier pour les thèmes de l’absence, de la perte d’un être cher, les relations humaines, les liens mère-fils, la mort, la solitude. Dans ses romans, les femmes sont fortes, et les hommes sont fragiles, les femmes ont du courage, de la volonté tandis que les hommes sont faibles et friables.

Cet écrivain s’adresse à la façon dont les liens se nouent et se dénouent, avec l’idée de comment on se débrouille avec les absents, ceux qui ne sont plus là.

On sent au travers de cette écriture, le bonheur de l’écrivain à écrire.

Philippe Besson interroge la part de féminité et de douleur qui sont les siennes et qu’il y a au fond de chaque homme et assume ainsi sa part de féminité, sa fragilité, ses ombres.

La littérature n’est pas là que pour faire plaisir, mais aussi pour déranger. Pour Philippe Besson, le romancier appartient au monde il est là pour apporter un regard critique, il croit à la littérature dérangeante, le conte de fées n’est pas son genre.

Philippe Besson a une plume élégante et fine, c’est un raconteur d’histoire qui écrit à l’oreille. Son écriture sensible mais rythmée et très visuelle Il est fasciné par certains peintres (à certaines périodes de leurs œuvres), tels que Hopper, Picasso, Le Gréco, Le Caravage, Bacon, Goya, il essaie de percer et de mesurer la beauté de leurs œuvres et pour lui le peintre raconte le début de l’histoire dont il doit écrire la suite. L’eau est également un élément présent dans ses livres, la mer est à la fois synonyme de beauté et de danger, et pour Philippe Besson « un nageur est déjà noyé ».

Philippe Besson travaille dans le silence et la solitude pour écrire. De même les silences et les murmures en disent beaucoup dans ses romans qui fonctionnent sur le sensible. L’écriture pour lui est une prise de risques, une mise en danger de l’auteur car il faut se fixer des défis. Le romancier pour lui est un voleur d’instants, de gestes, d’attitudes, de mots qu’il entend et voit à la volée. Philippe Besson pénètre l’âme humaine, et on sent au travers de son écriture, à chaque livre, le bonheur de Philippe Besson à écrire.

Philippe Besson est soucieux du contact avec ses lecteurs car pour lui c’est un moment privilégié car empreint de bienveillance et seule occasion pour l’écrivain de comprendre en quoi son livre a touché et puis le lecteur en discutant dévoile une part d’intimité.

Cet homme drôle attachant et sincère qui fait des rapports entre les êtres un sujet universel est un écrivain passionné pour son art et passionnant pour les autres,

Philippe Besson se consacre entièrement à l’écriture, c’est son métier..

Penchons nous sur quelques livres de Philippe Besson :

– « L enfant d’Octobre » écrit en 2006.

Ce roman raconte l’affaire Grégory sous une forme romancée, et suscite une polémique à sa sortie, les acteurs de ce drame étant encore en vie, pourtant ce roman ne prétend pas à la vérité. Inspiré de ce faits divers et pétri d’empathie pour la mère de l’enfant, Christime Villemin, Philippe Besson a écrit ce roman car ce drame de la Vologne entre en collision intime avec ses obsessions d’écrivain qui sont la disparition d’un être cher, la mise à l’épreuve des liens familiaux, la façon d’accomplir son deuil, la solitude du coupable idéal face à la meute.

Philippe Besson a retenu les informations qui l’intéressaient en tant que romancier c’est à dire la solitude d’une femme suppliciée face au dérèglement de la machine judiciaire et à l’emballement de la machine médiatique, la perte d’un être cher.

-« Se résoudre aux adieux »

Dans ce roman, Philippe Besson aborde le thème de la rupture vu par les yeux, les sentiments, la colère d’une femme en s’intéressant aux méandres amoureux d’une femme désemparée. La volonté de l’auteur est de raconter à partir d’une histoire simple, la plus répandue qui soit, celle de la rupture, de la séparation amoureuse, mais son but est d’écrire un roman singulier et original, d’où son choix d’un roman épistolaire, féminin et nomade, dont l’amour et ses conséquences sont au centre du roman.

Femme malheureuse, Louise a besoin de mettre des mots sur sa souffrance, sortir de cette violence invisible créée par la rupture, le salut va venir de l’écriture : cette correspondance à sens unique sera sa guérison.

Depuis que son amant est partie avec une autre, Louise se demande si on guérit des êtres qui nous quittent. Alors pour garder un contact dérisoire, elle décide de lui faire partager ses souffrances en lui écrivant une série de lettres au ton honnête et poignant. Ces lettres ne seront pas adressées véritablement à l’autre, mais à elle-même. Et tout au long de ce processus se profile la guérison. Louise fuit Paris et voyage, mais le voyage ne suffit pas à lui faire oublier cet homme, à dissiper son chagrin. Elle lui écrit, et lui envoie des lettres comme des bouteilles à la mer sans réponse en retour. Elle pourrait sombrer dans une nostalgie stérile, mais il n’en est rien, au fil des correspondances se succèdent des souvenirs heureux, les prémisses de la rupture, le déchirement de l’abandon, le désespoir et la solitude.

Dans l’exercice de ce roman épistolaire toute l’élégance et la maîtrise de Philippe Besson transparaisse au travers de ce choix original et audacieux, en réappropriant le genre du roman par lettres.

Le style dense et lyrique, la pudeur et la sobriété et la fluidité de l’écriture de Philippe Besson donne de la profondeur et de la beauté au récit sur la longue méditation sur le couple, l’amour, la séparation, la solitude et la reconstruction de soi, mais ce sont les mots qui guérissent et l’héroïne fait ainsi son indispensable travail de deuil.

Mais c’est surtout l’incroyable et admirable capacité pour l’écrivain à se fondre dans une pensée féminine pour mieux en épouser la sensibilité. Philippe Besson a su retranscrire avec justesse les pensées et sentiments d’un femme. C’est un roman optimiste sur la renaissance de l’amour, c’est un de mes préférés de l’auteur.

-« un instant d’abandon » 2005 –chronique parue dans save my brain n° 7 de janvier 2008-

Si pour Philippe Besson, écrire est un enchantement, l’opportunité de communiquer avec les gens est un plaisir que l’on ressent au travers de sa plume. L’amour, la souffrance, la passion, la séduction, la pudeur, la mort font partie de ses thèmes favoris. « Un instant d’abandon », roman sorti en 2005, est le sixième de Philippe Besson. Rude, il donne une leçon de survie mentale incroyable.

Thomas Sheppard revient dans sa ville natale, Falmourth, un port des cornouailles, après avoir purgé cinq ans de prison pour le meurtre de son fils.

Pêcheur, il était parti avec son jeune fils en mer malgré une tempête annoncée et ce dernier a alors disparu dans les eaux. Faute d’éléments, l’enquête avait conclu en faveur de négligence, mais la haine des habitants, toujours présente, lui fait comprendre qu’il est un meurtrier d’enfant et qu’il est impardonnable. Or Thomas revient pour lui-même, pour retrouver cette innocence volée à défaut de la prouver. Il ne revient pas pour un pardon, mais simplement pour comprendre. Il lutte alors désespérément devant la communauté liguée contre lui et c’est avec la rencontre de Rajiv, épicier pakistanais, et de Betty, serveuse, qu’il va partager ses souvenirs et se confier.

« Un instant d’abandon » révèle la lutte du personnage contre lui-même, son passé, son avenir si sombre. Le décor est défini par les embruns, les falaises, l’isolement et le sentiment de non retour, et la mer par qui le drame est arrivé. Ce roman démontre le parcours intérieur d’un homme accusé qui a fait de la prison, une blessure à jamais ouverte. L’auteur maîtrise par ses mots sensibles et forts à la fois, ce parcours de souffrances, et permet ainsi au lecteur de réfléchir à ce qui arrive à cet homme…

A lire aussi : l’interview de Philippe Besson – Save My Brain n°2

« la seule chose qui importe, c’est le livre, la vérité des mots, tout le reste, les commentaires, les miens ou ceux des autres, ce n’est rien ou presque : ça ne peut rien contre la vérité nue des mots. » Philippe Besson

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 26 mai 2009

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2 Comments

  • Reply
    turpaud patricia , mariee 2 filles .Mahiet
    4 juillet 2012 at 20:32

    salut philippe, peut etre te souviendras tu de moi , a lamerac en primaire …. juste pour te feliciter . gros bisous . ptite turpaud…

  • Reply
    Nelly
    26 mai 2009 at 8:43

    Se résoudre aux adieux est l’un des plus beaux livres que j’aie lu. Des phrases magnifiques pour peindre le portrait d’une femme blessée, qui sont d’autant plus bluffantes qu’elles sortent de la plume d’un homme ! A lire !

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