Chroniques ordinaires Humeurs

Les vacances

Il y a dans nos vies, riches de travail, de comité d’entreprises et de cafés Selecta, des moments, durement obtenus, qui mériteraient au moins qu’on s’exile 6 mois au Mexique pour boire de la Tequila.

Vacances

Les vacances dépendent beaucoup des gens avec qui on part…

Et cela, vous l’avez compris lors de vos vacances au fin fond de la Creuse chez Tata Mireille. D’accord je parle de moi, mais je n’étais pas loin de penser de penser que les Barbies dans les catalogues envoyés par maman pour me divertir, pouvaient prendre vie si je les découpais dudit catalogue. Depuis, j’ai décidé que pour mon équilibre et celui de mon entourage, je me devais de choisir les gens avec qui je partais.

Il y a donc eu aussi les parents. Jusqu’au retrait de l’appareil dentaire, c’est presque arrangeant de partir avec eux. Financièrement évidemment, mais aussi parce qu’avec eux, si jamais on a peur d’aller parler aux chevelus qui jouent de la guitare sur la plage aux côtés de filles dont la simple utilisation du dentifrice Leader Price leur fait le sourire de Scarlett Johanson, on peut toujours visiter les musées carcassonais et autres réjouissances pseudo-historiques qui font la fierté de l’Uneso.

Les grands-parents aussi, au même moment. Invitée avec une copine, vous avez pensé lui faire bouffer son Biactol et ses tampons parfumées. Crêpage de chignon permanent, la copine a été évincée et le forfait 30 textos utilisé pour une autre.

Vous avez donc réitéré l’expérience « copine » mais au pluriel et lorsque vous avez troqué le Biactol contre la pilule. Mauvaises passes, hiver rigoureux, lassitude… il n’en faut pas plus pour avoir envie d’un Club Med, certes un peu beauf mais non moins divertissant. Copine n°1 est tombée amoureuse du beau GO qui fait l’aquagym aux seniors dans le bassin enfant et dont les poches débordent de préservatifs à la cerise, Copine n°2 a eu la tourista ou n‘a pas supporté la Piña Colada, Copine n°3 n’a pas compris que des vacances en Egypte n’étaient pas forcément synonyme de Christian Jacques ni de visites de tombeaux en carton pâte, et vous, vous vouliez juste un peu de tout ça. Le retour au travail et aux collègues qui parlent de leurs varices est finalement assez réconfortant.

Enfermée dans un monde de X et d’oestrogènes, la perspective d’inclure un peu de mâles dans vos pérégrinations estivales ne vous a pas semblé une mauvaise chose. Les chevelus à la guitare étant devenus vos copains et ayant envisagé de réduire leur masse capillaire, vous avez loué une formidable villa sur une côte espagnole quelconque. Forcément, un couple s’est créé, faisant découler des rixes sur le bien connu « Melon-Jamon » et éclater des conflits sur la quantité de glaces à acheter. Forcément.

De retour au travail, vous avez craqué sur le mec de la compta.

Vous avez donc décidé de partir avec Chouchou. Je ne pourrai rien dire là-dessus, c’est ma première fois la semaine prochaine. Si vous avez des conseils, faites en part à la rédaction qui transmettra.

… Mais aussi des lieux.

Des vacances estivales exotiques se passent à la montagne. Le ski n’est pas rigueur, mais la perspective d’avoir des mollets façon déménageurs bretons -tout un concept, ne vous dérange pas parce que vous avez trouvé ça moins cher que des vacances à la plage à St Barth’. A vous donc, la randonnée et ses fleurs aux noms latino-suisses, les aisselles mouillées et les pieds fatigués.

Toujours rural, il y le séjour à la campagne. Les bestioles volantes et rampantes, la bombe de Raid Moustiques à la place de la brosse cheveux sur la tablette de la salle de bain, et le fichu rose vichy sur la tête façon pub « Ultra Doux de Garnier pour cheveux blonds naturels et colorés », il ne manque que la vache à traire le matin. Pour ça, il y a Intermarché, avec du lait breton, normand et guatémaltèque. La mondialisation qu’on vous dit.

Pour les moins téméraires, enfin dans le principe, il y a la plage. Évidemment, les plages divergent selon si vous allez à St Malo ou à St Trop’ mais tant qu’y a du sable, il y’ d’l’espoir.

A raison d’un milliard et demi de grains de sable par personne pour 4cm² de plage afin de poser un paréo et un bout de cuisse orienté plein sud, le littoral reste la destination préférée des français. Des très jeunes, des jeunes, des « au meilleur de leur forme », des moins jeunes et des vieux pour ne pas choquer. Les moins de 6 ans arrivent à la plage lorsque le soleil n’est plus méchant « comme le grand vilain méchant loup qui mange les oreilles des enfants quand ils ne finissent pas leurs brocolis vapeur » avec leurs parents qui courent derrière et la baby sitter qui traînent des pieds parce qu’elle a l’attirail masque-tuba-palmes-Paquito-Volvic Fraise et la crème solaire en stick dans les oreilles.

Et ce type de famille se fond parfaitement dans le décor trop naturel qu’est la plage. Dire aux boulot que les gens sont des vieux cons sales est finalement très proches de la réalité. Allez donc un matin vers 10h au mois d’août sur la plage et regardez les locales retraitées à peine vêtues d’un bout de bikini et abonnées à Monoï Magazine sous leur parasol. Là, vous vous dites « d’accord pour la chirurgie esthétique si le cancer de la peau ne me tombe pas dessus avant ». De retour à la civilisation, vous ne regarderez plus ces gens dans le métro comme avant.

Allez, à toutes les orphelines de vacances exotiques qui vont passer leur été dans la pollution à regarder leur amoureux jouer à WoW en rentrant du travail et dont la seul activité physique sera de nourrir le chat, il y a pire que Paris Plage, non ?

* Cahier de vacances 2010 – Article initialement publié le 24 juin 2009

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