Réussir sa galette des rois avec classe (ou pas)

Cette année je commence par une bonne résolution : la galette commerciale ne passera pas par moi ! J’ai décidé de faire honneur à la tradition pâtissière française et faire moi même la galette de l’épiphanie. Du coup j’ai annoncé à tout le monde que c’est moi qui préparerais la galette et, comble du chic : personne n’a hurlé d’horreur ! Il faut dire je cuisine régulièrement et j’ai même dépanné en pâtisserie lors des extras de noël, on me fait donc relativement confiance aux fourneaux. Le truc, c’est que les gens en ont marre des galettes à la frangipane. J’avais donc dans l’idée de surprendre mon public avec une galette originale et de bon goût (exit la galette au chocolat ou aux pommes donc).

D’ailleurs, j’ai décidé que, ne pouvant pas m’offrir une galette hors de prix chez un grand pâtissier parisien, j’allais vulgairement m’inspirer de l’une de leurs créations. Et c’est en me rappelant une galette dite « Melchior » que j’ai écrit la recette de la galette à la pistache.

Jusqu’alors, pas de souci. Ma principale interrogation reposait dans le choix d’une fève appropriée. Le traditionnel haricot sec ne serait pas d’une grande aide dans une galette avec des pistaches plus ou moins entières. J’ai médité un instant sur l’utilisation d’un boulon (idée que je trouve très avant-gardiste et iconoclaste) mais je me suis dégonflée en pensant aux d’éventuelles dents cassées et reproches plus ou moins hargneux des invités édentés. Je ne garde malheureusement pas les fèves d’une année sur l’autre et je me vois mal aller acheter une galette chez le pâtissier pour réutiliser sa fève. Tiens, d’ailleurs ils vendent pas les fèves sans la galette?

Bref, j’en étais encore à cette question quand j’ai investi la cuisine, j’ai mis mon plus beau tablier et suivi ma recette avec diligence. Personnellement j’adore réaliser les plats de A à Z, mais prise de cours sur les délais j’ai quand même utilisé des pâtes feuilletées du commerce. Et c’est parti pour 10 minutes de manutention entrecoupées de prises de photos pour la recette expliquée. Après avoir enfourné la galette je fais le point : 1- je ne m’en suis pas mis dessus 2- je n’en ai pas mis sur l’appareil photo 3- je n’en ai pas mis partout. Cette fois c’est sûr : je deviens une cuisinière émérite !

Et puis passent les 30 minutes de cuisson, on dresse la table, on sort le cidre (oui le cidre avec la galette c’est un excellent mariage) et le jury de goûteurs arrive (jamais très dur de trouver des volontaires quand on parle bouffe). On sort la galette et on laisse refroidir un petit quart d’heure. On passe à table et, toujours pourvue de mon superbe tablier de grand-mère, j’apporte LA galette. Instant magique où la fierté le dispute à la gourmandise. On pose l’objet au centre de la table et les avis sont unanimes : « très jolie », « ça sent trop bon ». On sort un couteau et la plus jeune se place sous la table pour attribuer les parts sans les voir (c’est qu’on fait les choses bien par ici). Un truc me chiffonne à ce moment mais je ne sais pas quoi.

Et c’est parti pour la dégustation. Rien à dire, je suis ravie : les goûts se marient très bien, la frangipane est fondante et les pistaches relèvent le goût avec une touche exotique mais sage. Pour la prochaine fois on envisagera de réduire les pistaches en plus petits morceaux ou de les faire dorer au four avant afin qu’elles soient croquantes dans la galette. Comme d’habitude le cidre passe très bien avec la galette. Et soudain… le vide : je viens de me rendre compte de ce qu’il manque à cette galette !!!

Pour le moment personne ne moufte, chacun apprécie sa part et ce n’est qu’au moment où les deux premiers ont fini leur morceau que la remarque fatidique fuse : « alors? ». Silence léger de la part des convives. Personnellement je croque une énorme part de mon morceau pour ne pas avoir à commenter. J’ignore complètement que faire; essayons de rester digne. Chacun y va de sa spéculation : « c’est A. qui doit l’avoir il a encore le plus gros morceau », « moi je suis sûre que c’est L », « non ça peut pas être L. sinon elle mangerait pas d’aussi gros bouts ». Je garde un sourire que j’espère mystérieux et je me contente de ralentir les mises en bouche de ma part de galette. Reculer pour mieux sauter, je vois que ça à faire…

Mais maintenant on est vraiment mal… sur les 6 invités, 5 ont fini leur part et il ne me reste qu’un minuscule morceau. Les autres rigolent. « Ok, ta fève elle fait quelle taille ? », « t’avais pas les moyens de t’en offrir une vraie ? », « non en fait sa fève c’était une pistache, elle a juste oublié de nous le dire ». Je suis on ne peut plus bas… Comment avouer ? On en est à « qui a avalé la fève, dénoncez vous » quand j’ai fini par lâcher :

« En fait… j’ai oublié de mettre une fève ».

Bref…

C’est bien joli de vouloir faire sa propre galette des rois, mais sachez que si l’idée vous en vient il ne faut pas oublier l’un des ingrédients. Même si la fève ne fait pas parti de la recette cela reste un composant dont l’absence va rendre votre galette célèbre… mais pas forcement comme vous l’auriez souhaité…

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5 réponses

  1. tu peux acheter des fève séparément de la galette, on en trouve en grande surface. Mais comme tu aime tout faire toi même pourquoi pas essayer le pâte fimo ou autre fève à faire soit même !

  2. Pitch dit :

    Hihi
    j’ai fait ma galette aussi cette année, j’avais pas le courage d’en achetée une en voyant les prix, mais j’ai fait la galette basique, j’ai pas tentée d’extravagance, on verra pour l’année prochaine peut être.
    En tout cas on s’est bien régalé, et j’avais pas oubliée la fève.

  3. Mlle Gima dit :

    @ Caroline:
    Depuis hier tout le monde me propose des fèves :p Mais la prochaine fois ils auront droit à un boulon, na!

    @Désirée:
    MyGod! Une tradition alsacienne que je ne connaissait pas!!! *va se fouetter*

  4. Désirée dit :

    Bien sûr que les fêves se vendent sans les galettes! Je les ai toutes gardées depuis mon enfance, j’adore ces petits machins! ^^ Par contre, je suis très attachée à la tradition et aucune frangipane ni aucune pistache ne tombera dans ma galette, que je fais chaque année selon la tradition alsacienne (recette sur le site, d’ailleurs ^^).

  5. Caroline dit :

    Ben vala, je savais bien qu’il y aurait un hic à cause de cette fève !!!!!
    Te au fait, si tu en veux une pour l’année prochaine, j’en ai toute une collection.

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