Chroniques ordinaires Humeurs

Les enfants

Les enfants sont nos amis, il faut les aimer aussi. Quelle que soit la situation.

A la maternité

En théorie: Les enfants naissent dans les fleurs, c’est pour cela que votre mari vous en a ramené une et s’est abstenu du bouquet. Entrée à 10h à l’hosto, une douche rapide après le petit dej’ Sodhexo, vous voilà mère.

En pratique: Vous n’avez pas pu voir la fin de Julie Lescaut, le môme vous faisait déjà mal au ventre et après des heures passées en salle de travail, vous l’accueillez toute transpirante.

Les premières nuits

En théorie: Vous enlevez les piles avant de le coucher sans oublier de les mettre dans votre sac pour quand vous prendrez le métro afin d’avoir une place assise.

En pratique: Vous avez scruté l’anatomie de la bête sans trouver le cache où se trouvaient les piles, les nuits ne sont pour vous que le moment où vous devez allumer la lumière parce que le soleil s’est couché et le matin, vous utilisez votre anti-cernes jusqu’au dessous des narines.

Dans les transports

En théorie: Un wagon du métro vous est réservé. Il y a salle de jeu, table à langer, landau, peluches en libre service, un frigo regorgeant de purées de petits pois, des bouteilles de Tequila et un jacuzzi. Pour vous évidemment, la Tequila et le jacuzzi.

En pratique: Les gens vous détestent parce que vous mettez dix minutes à monter la poussette, et qu’en plus, l’enfant piaille, a fait dans sa couche et couvre l’odeur du monsieur sensiblement alcoolisé qui s’extasie devant un autocollant de la CNT.

Chez des amis

En théorie: A trois semaines, l’enfant est déjà propre, il lit même sur le pot. Le Figaro et Courier International pour faire la conversation à l’apéro. Oui, il a même déjà l’alcool joyeux.
A trois ans, vos amis se réunissent pour fêter son entrée en 6ème. A 6, son bac. Et à 9, son premier CDI.

En pratique: S’il vous reste quelques amis, gardez-les, au moins en l’honneur du courage dont ils font preuve quand ils vous invitent et que le gosse se prend pour Valérie Damidot et qu’il dessine des maisons et des mouettes sur les murs. Quand ça ressemble à quelque chose.

Au supermarché

En théorie: L’enfant et Roselyne Bachelot partagent la même conviction, il faut manger 5 à 10 fruits et légumes par jour. Il choisit donc des rutabagas, à cuisiner vapeur et sans ketchup en accompagnement. Pour la viande, il est contre car l’élevage des bovins nécessite trop d’eau et préfère le poisson frais, utile au développement de sa matière grise.

En pratique: Tout ce qui est vert relève de la vulgarité, l’achat d’une Barbie en début de périple est la seule garantie d’une relative tranquillité durant les achats et en bout de parcours, il souhaite récupérer l’euro introduit dans le caddie sous prétexte qu’il a réussi à ne pas insulter la caissière.

Dans les jardins publics

En théorie: Etre sociable comme sa maman, l’enfant sympathise joyeusement avec les autres, partage la balançoire, aide ses nouveaux copains qui ont le vertige sur l’araignée, se fait offrir le goûter par les autres mères et repart avec des invitations dans le carré VIP pour les prochains anniversaires.

En pratique: Votre chiard a déjà une sale réputation. Il joue seul sur le tape-fesses et se nourrit des grains de sable et des coccinelles.

Dans la salle d’attente chez « le docteur »

En théorie: Il s’assoit par terre pour laisser la place à la nouvelle arrivante qui pourrait être sa grand-mère, se contente des trois Lego du bac à jouet et attend son tour paisiblement pendant que vous lisez le dernier Marie Claire.

En pratique: Il vomit sans crier gare, dit à voix haute que le monsieur en couverture du magazine sur les marches de l’Elysée qui revient de son jogging est moche, que celui en face de lui aussi. Et colle ses crottes de nez sur l’accoudoir.

En voiture

En théorie :Il dort.

En pratique :A peine sortie du parking, il hurle « c’est quand qu’on arrive », se détache, demande à passer devant, réclame son pain au chocolat et fait des miettes. Puis colle ses doigts gras et grassouillets sur le GPS.

Au final, pour me tenir compagnie quand chouchou part gagner des sous, un poisson rouge sera toujours plus utile et ne demandera jamais de lui payer des études. Et j’ai même le droit d’oublier de le nourrir.

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2 Comments

  • Reply
    Margot
    16 juillet 2009 at 16:45

    Désirée… Ou pas !

  • Reply
    Désirée
    16 juillet 2009 at 10:27

    AH c’est affreux! XD Le pire c’est que souvent ça se passe comme ça! Mais on les aime quand même nos bambins d’amour! Ou pas…

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