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My Blueberry Nights

Après In The Mood For Love en 2000, Wong Kar Waï nous propose, avec My Blueberry Nights, un autre voyage onirique. Un voyage qui ressemble davantage à une quête de soi. Une traversée des Etats-Unis, de New York à Las Vegas, en passant par Chicago, en guise de retour aux sources, d’échappatoire, d’un nouveau départ. Avec My Blueberry Nights, le réalisateur hongkongais nous emporte, une fois de plus, dans un monde plus coloré, plus esthétique, plus poétique. Embarquement immédiat.

Elizabeth (jouée par Norah Jones) découvre l’infidélité de son fiancé. Déprimée et désabusée, elle se rend dans le bar au pied de l’appartement de l’infidèle. Elle y rencontre Jeremy (Jude Law), son gérant. Jeremy est un garçon solitaire, malgré le nombre de personnes qu’il croise chaque jour dans son bar. Et Jeremy a une particularité, il collectionne les clés. Mais par n’importe quelles clés ! Les clés que certains de ses clients lui ont laissées, suite à une rupture. Jeremy ne s’en débarrasse pas, car il veut croire qu’un des deux propriétaires des dites clés finira par venir les récupérer… Aussi, il les garde dans un énorme bocal en verre. Elizabeth, intriguée, lui demande de lui raconter l’histoire de ces clés. Ainsi commence leur histoire. Chaque soir, Elisabeth et Jeremy partagent leurs histoires de clés et de cœurs brisés, autour d’une tarte aux myrtilles, elle aussi délaissée par les clients. Puis un soir, Elizabeth ne vient pas. Elle a quitté New York pour parcourir les Etats-Unis, en quête de soi. Besoin d’un nouveau départ. Mais elle n’oublie cependant pas Jeremy et lui envoie des cartes postales de chaque endroit dans lesquels elle s’arrête. Au cours de son périple, elle rencontre un flic dépressif et alcoolique (David Strathairn), son ex femme paumée et pathétique (Rachel Weisz) et une crack du poker, mystérieuse et passionnée (Nathalie Portman). Et chacun de ces personnages la rapproche d’elle-même et aussi de Jeremy, malgré la distance qui les sépare. Aussi, après des nombreuses heures passées loin de New-York, et des milliers de kilomètres parcourus, Elizabeth rentre, en manque d’histoire de clés, et de tarte aux myrtilles…

Wong Kar Waï signe, avec My Blueberry Nights, son premier film en langue anglaise, et tourné ailleurs qu’à Hong Kong. Et pour une première, il s’agit plutôt d’une réussite. Réussite sur le plan scénaristique et esthétique. L’histoire de cette jeune femme abandonnée par son fiancé et qui part pour oublier, et se retrouver, aurait pu être tout à fait banale et ennuyeuse, mais pas lorsqu’elle est mise en scène par un réalisateur aussi talentueux que le cinéaste hongkongais. Le lyrisme de Wong Kar Waï fait de cette histoire ordinaire un conte pour adulte, en quête d’espoir, d’esthétique et de poésie.

Comme toujours, le cinéaste a su faire de son œuvre un récit narratif ET visuel, car dans ce film, les images parlent autant, si ce n’est plus, que les mots. Les couleurs sont sombres et passionnées, l’atmosphère est vibrante, la photographie nette et lisse, les images faites de jeux d’ombre et de lumière. Wong Kar Waï filme comme un peintre ; et le spectateur se laisse lentement bercer par ce défilé de tableaux animés, envoûté par la voix chaude et grave de Norah Jones et des compositions de Ry Cooder.

Au final, My Blueberry Nights laisse derrière lui une douce sensation de sérénité, et un goût sucré de myrtille dans la bouche…

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