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La galette des rois

Aujourd’hui, 6 janvier 2009, nous fêtons l’Épiphanie. C’est une tradition extrêmement répandue, il me semble n’avoir jamais connu personne qui ne succombait pas à la traditionnelle galette des rois et sa fameuse fève. Tradition très répandue certes, mais l’histoire liée à cette fête est malheureusement bien moins connue. Un petit rappel historique est donc de rigueur, car il ne s’agit pas seulement de se remplir la panse ! L’Epiphanie signifie la présentation de Jésus aux Rois Mages. On l’appelle aussi le jour des Rois. En Grèce, cette fête porte le nom de « théophanie », c’est-à-dire la manifestation de Dieu (Théos) qui s’est fait homme en Jésus. La tradition de l’Eglise orthodoxe veut que l’on célèbre le jour de l’Epiphanie le baptême de Jésus dans le Jourdain, ce qui situe donc l’action quelques années après la naissance de Jésus, alors qu’en France et dans la majorité des pays européens, nous fêtons la présentation de Jésus aux roi-mages à la naissance. Chez les orthodoxes, une croix est jetée à l’eau par un prêtre et c’est au premier baigneur qui la retrouve que revient le mérite. Personnellement, je préfère la traditionnelle galette, moins fatiguant…

Beaucoup diraient que l’Epiphanie tend à devenir comme toutes les autres fêtes, fussent-elles religieuses, du pur marketing. Il n’empêche que ce qui fait la joie des enfants et des grands enfants est toujours bon à prendre. Tout aussi célèbre que l’histoire des trois roi-mages apportant leurs présents au petit Jésus né 12 jours plus tôt, la galette fait chaque année la joie des grands et des petits. Par expérience je connais la fierté de trouver la fameuse fève et d’avoir ensuite le droit de porter cette superbe couronne en papier doré. Même si maman s’est arrangée, au grand dam du reste de la famille, pour que la fève apparaisse « par hasard » dans ma part, la fête de l’Epiphanie est restée un moment convivial et particulièrement gourmand.

Il existe une tradition alsacienne très peu connue et en voie de disparition, c’est celle d’offrir un Bretzel géant, soit une espèce de brioche en forme de bretzel dans laquelle on ajoute une fève. Selon les villages et familles, ce bretzel est offert soit pour nouvel an soit pour l’Epiphanie. Je ne vous ferais pas part de cette recette puisque je l’ai ratée voilà quelques jours ! En ce qui concerne les galettes, la plus connue est celle des grandes surfaces, piètre copie d’une véritable galette comme les faisaient nos grand-mères. Cette galette est composée soit d’une espèce de garniture aux pommes ou autres fruits soit de frangipane. Je vous propose une alternative plus traditionnelle en Alsace mais nettement moins connue partout ailleurs : une galette composée d’une crème aux amandes. En allemand cette galette est plus connue sous le nom de « Mandeltorte » qui finalement correspond mieux à cette galette que le nom français puisqu’elle signifie « Tarte aux amandes ».


Crédit photo : La pâtisserie alsacienne, éditions saep, 1982

INGREDIENTS :

400g de pâte feuilleté
Vous pouvez acheter soit les blocs de pâte congelés soit les pâtes présentées en rouleau. J’ai une préférence pour les blocs de pâte congelés parce que je peux l’étaler moi-même et donc décider plus facilement de la forme suivant la taille du plat à tarte que j’utilise. Les pâtes en rouleau sont pratiques, certes, mais très fines et peuvent donc être difficiles à manipuler. De plus elles ne sont pas aussi élastiques que la « vraie » pâte feuilletée et déchirent plus facilement.
125g d’amandes moulues
– 25cl de crème liquide : attention à ne pas prendre de la crème allégée, ça n’aurait aucun goût.
– 2 cuillerées à soupe de farine
– 120g de sucre
– 2 gros œufs
– 1 petit verre de lait

1. Commencez par beurrer le moule à tarte. En ce qui me concerne, je préfère utiliser un moule en verre pour pouvoir contrôler la cuisson qui est plus lente au fond. Mais tous les supports sont possibles.

Si vous avez un bloc de pâte feuilletée congelé de 400g, malaxez bien pour obtenir une belle boule bien lisse. Coupez cette boule en deux parts égales et étalez la première moitié. Formez un rond à épaisseur égale avec un rouleau à pâtisserie.

Etalez ce premier rond sur le plat à tarte en prenant bien garde à ce que tous les bords soient bien recouverts. La pâte étant très élastique, vous pouvez adapter sa forme sans problème.

2. Pour préparer la crème aux amandes, prenez un bol assez grand et mélangez tous les ingrédients en même temps. La pâte sera et devra rester très liquide. Une pâte trop épaisse est très lourde dans l’estomac et peu agréable à manger.

3. Versez ce mélange dans le plat à tarte et ajoutez-y la fève.

4. Allumez votre four à 180°C à chaleur tournante et disposez une grille au milieu du four.

5. Prenez la seconde moitié de la pâte feuilletée et étalez-la de la même façon que vous l’avez fait la première fois. Faites attention que la pâte ne soit pas trop fine, elle risquerait de vous tomber des mains et de tomber dans la crème aux amandes. Si la pâte n’a pas le diamètre exact ce n’est pas grave, il vaut mieux que la pâte du dessus soit plus grande. Les plis disparaitront car la pâte feuilletée a tendance à rétrécir au four.

A présent prenez un pinceau et mouillez-le d’eau chaude. Etalez cette eau sur tout le contour des deux moitiés de pâte. Cette opération va permettre de coller les deux pâtes l’une à l’autre.

Maintenant il s’agit d’apposer votre seconde moitié de pâte sur la première moitié. Le mieux est que vous soyez à deux pour faire ça.  Votre binôme pourrait tenir la seconde moitié de la pâte pendant que vous collez bout après bout la pâte sur la première moitié. Cette opération demande un peu de temps et surtout de la patience, mais c’est très simple quand on en prend vraiment le temps.

6. Lorsque cette opération est terminée, prenez un couteau de cuisine et dessinez une rosace sur votre galette, comme sur le dessin. Libre à vous de faire d’autres dessins, bien sûr ! Attention toutefois de ne pas couper de trop, la crème aux amandes risquerait de couler à l’extérieur et la pâte feuilletée, en rétrécissant, risquerait de se déchirer.

Prenez ensuite un petit œuf, battez le dans un ramequin et étalez généreusement avec un pinceau l’œuf sur tout le haut de la galette. Ca lui donnera ce très bel aspect vernis.

7. Faites cuire pendant 30 à 40 minutes. La galette est bonne lorsque la couleur est comme sur la photo. Si vous voulez être sûre de sa cuisson à l’intérieur, prenez une aiguille à tricoter (ou un pic utilisé pour la fondue) et piquez bien au milieu. Si l’aiguille ressort sans crème accrochée, la galette est prête à sortir.

Le mieux est de manger cette galette tiède, vous pouvez également la réchauffer si elle est trop froide. Elle se tient presque une semaine si vous la conservez dans un endroit à température ambiante et couverte de papier aluminium.

Bon appétit et bonne fête de l’Epiphanie !

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1 Comment

  • Reply
    Ciskae
    5 janvier 2010 at 18:11

    Miammm…
    Entre la version 2010 à la pistache et celle-ci, mon cœur balance…
    En tous cas les deux donnent envie !!

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