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Christophe – Aimer ce que nous sommes

Cela fait sept ans que Christophe n’avait rien produit, hormis un remix d’une vieille chanson, passé presque inaperçu. Voilà donc « Aimer ce que nous sommes », album pour lequel il avoue avoir été obligé de se presser. Ses dires peuvent surprendre mais à l’écoute la méticulosité est flagrante. On reste baba devant les trouvailles de certains morceaux, comme « It must be a sign ». Mélanges de voix, d’harmonies, d’instruments et influences de tous bords, cet album est d’une créativité inouïe, surtout pour un artiste qui a passé la soixantaine. A l’âge où Eddy Mitchell s’encroûte et Johnny cachetonne, Christophe créé. Qu’on se le dise, « Aimer ce que nous sommes » n’a plus rien à voir avec « Les Mots Bleus ». En trente ans, le style a changé, devenant plus nouvelle scène que la nouvelle scène, se mâtinant d’électro et de rock. Les anciennes chansons (que Brigitte Fontaine qualifie de « tarte » dans sa galerie de portraits à « Kékéland ») ont laissé place à plus d’instrumentaux, léchés dans le moindre détail, toujours surprenants et envoûtants. Mais attention ! La richesse de leur composition ne supporte pas la médiocrité ! Ecouter cet album sur un ordinateur n’a aucun intérêt, on en perd toute la finesse. Si, sur la longueur, l’innovation domine, quelques petits parfums de variété à l’ancienne apparaissent ça et là. Notamment dans « Parle-lui de moi », certainement le meilleur morceau de l’album et peut-être même de toute la carrière de Christophe. Comment peut-on faire un texte aussi court et aussi sublime ? La voix, malgré ses limites, est idéalement placée, donnant un aspect d’ailleurs à la mélodie. C’est ce qui est le plus étonnant, la voix de Christophe qui est plus un instrument de musique qu’autre chose. Son timbre aigu surprend, de même que la justesse de chacun de ses souffle, qui résonne étrangement, presque comme ceux de la diva du « Cinquième élément ». Dans le final « Lita », elle s’évade sans paroles pour se fondre dans la mélodie. Au sein de cet album, on surprend l’artiste en flagrant délit de radotage, avec la mise en musique d’une de ses interviews. Une performance déjà réalisée dans « Bevilacqua », l’album de son grand retour après vingt ans d’absence, en 1996. On lui pardonne, la qualité étant encore une fois au rendez-vous. Pas grand chose à jeter donc dans cet album et heureusement, il faudra sans doute s’en contenter pendant de longues années.

A écouter : « Mal Comme » – « It must be a sign » – « Parle-lui de moi »

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