Littérature

Anna Gavalda

Pour reprendre un terme de marketing musical, Anna Gavalda est un hit de ces dernières années. L’aubaine d’un petit éditeur, le Dilettante, auquel la romancière et nouvelliste reste fidèle. Les livres d’Anna Gavalda ne sont pas fondés sur un scénario génial ou une histoire débordante d’imagination. Ils sont le juste reflet des sentiments entre humains, tout simplement. Assez logique, pour un auteur qui ne s’attache pas à l’objet. Ce sont donc des moments de vie qui sont décrits, parfois à la limite de l’autobiographie. La maison de Kate dans « La Consolante » semble un écho fort à la rustique abbaye qu’Anna habitait avec ses parents lors de son enfance. Des personnages et situations nourries de la vie de leur créatrice : voilà le secret.

Les livres :

« Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part »

Le recueil de nouvelles qui a révélé cet auteur. C’est par la nouvelle, genre littéraire aux ficelles bien particulières, qu’Anna Gavalda a mis un pied dans la littérature. Un premier essai réussi, sur des thèmes tantôt légers, tantôt graves, toujours racontés avec la même simplicité, origine d’une complicité avec le lecteur.

« L’Echappée Belle »

Quasiment inconnu, c’est le premier roman d’Anna Gavalda. Son édition chez France Loisirs en a limité la diffusion. Prélude aux textes futurs, il est à mi-chemin, de par sa longueur, entre la nouvelle et le roman. Les bases sont là, avec pour thème une réunion de famille « parallèle » à une grande réunion. Un noyau réduit d’êtres qui s’aiment et qui se retrouvent en petit comité, à l’écart d’un mariage où le nombre de convives rend difficile l’échange.

« 35 kilos d’espoir »

Changeant de public, ce roman pour enfants conserve les valeurs chères à Anna Gavalda. Une histoire d’amour entre un grand-père (Léon) et son petit fils (Grégoire) dont le plus grand bonheur est de bricoler ensemble. A un tel point que Grégoire en arrive à inventer des machines assez géniales. Seulement, les résultats scolaires sont loin d’être à la hauteur et il se fait renvoyer du collège. Son grand-père est alors furieux.

« Je l’aimais »

Ce premier roman a vraiment contribué à asseoir la réputation d’Anna Gavalda comme écrivain de talent. Une histoire d’humanité, encore, portée par des mots simples et justes. Alors que son mari l’a quittée, Chloé sombre dans le désespoir. Son beau-père, qu’elle considère comme un « vieux con », l’emmène à la campagne. Commence alors une longue discussion où l’aîné raconte sa vie, ses échecs.

« Ensemble, c’est tout »

Certainement la crème de Gavalda ! Quatre personnages, un peu solitaires et particuliers qui se retrouvent à habiter ensemble dans un appartement parisien. Il y a Camille, jeune femme de ménage au talent artistique incroyable, Philibert, le noble « fin de race » au coeur d’or, Franck, le cuisinier motard et Paulette, la mamie de Franck. Pas d’histoire ou si peu, mais un vrai bonheur d’un bout à l’autre. De la bienveillance entre adultes qu’on croyait perdue à tout jamais, au moins dans la « vraie vie ». Une suite au cinéma avec Audrey Tautou en vedette, presque aussi réussie que le roman, ce qui est rare.

« A leurs bons coeurs »

Ceci n’est pas à proprement parler une oeuvre littéraire. C’est un projet initié par Régis Momenteau, qui a pris le temps et l’initiative de photographier des SDF dans la rue, pour mieux les connaître. Ces clichés sont portés par les mots d’Anna Gavalda dont la notoriété a certainement fait beaucoup pour la reconnaissance de ce livre paru chez Cheminements.

« La consolante »

Le dernier en date, paru (trop vite ?) pour le salon du Livre. Il faut bien avouer qu’il déçoit un peu, après l’extraordinaire « Ensemble, c’est tout ». L’histoire semble plus banale, dénuée de ces mille fantaisies et surprises qui faisaient tout le sel du précédent. C’est l’histoire d’un architecte, toujours entre deux avions, deux réunions, deux taxis, Paris et Moscou. Un cinquantenaire comme il en existe des milliers, overbookés. Et comme des milliers de cinquantenaires, il a droit à sa crise de la cinquantaine, bien qu’il s’en défende. Avec au fil des péripéties, les femmes de sa vie qui gravitent autour de lui. Laurence, sa femme superficielle, Mathilde, la fille de Laurence qu’il considère comme sa propre fille, Anouk, la mère d’un de ses amis d’enfance dont le décès est le déclencheur du roman et Kate, la britannique exilée en pleine cambrousse. Anna Gavalda est insatisfaite de la première version de ce roman. Ainsi, depuis sa sortie, elle a déjà envoyé à son éditeur plusieurs nouvelles versions. Elle espère enfin trouver la bonne pour la sortie en poche. Celle-ci sera-t-elle à la hauteur d' »Ensemble c’est tout » ?

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