L’ennemi russe

On a tous eu une enfance bercée par James Bond et autres films d’espionnages. Tous ont un point commun : le grand méchant russe. Dans les trente glorieuses marquées par la guerre froide et le monde bipolaire, le russe a toujours le mauvais rôle. Relief d’une Baie des Cochons un peu difficile à digérer…

Cela a donné quelques grands moments de cinéma. De musique, aussi. Rappelez-vous la voix langoureuse de Matt Monro qui entonnait « From Russia with love ». Toujours pour James Bond… De film en film, la balance état invariable : l’ennemi était rouge. Aussi sûrement que l’indien était méchant et le cowboy gentil dans les westerns. Malheureusement, ceux-ci manquent de constance. Les westerns spaghetti ont commencé à semer une pagaille sans nom dans les jeunes esprits des spectateurs, en sous-entendant vilement que l’indien pouvait être gentil. Voilà comment perturber une génération complète. Il ne faut pas chercher plus loin l’explication à la délinquance actuelle et à la dépravation des bonnes mœurs.

Contrairement à l’indien, le russe a le bon goût de rester l’ennemi éternel. Que le film soit historique ou non, il est assez facile de voir rouge dès qu’un blond pointe son nez. Récemment, j’allais voir Salt au cinéma. Presque vingt ans après la chute du rideau de fer, on a encore droit à un complot russe. Il y a toujours moyen de trouver un stalinien nostalgique ou un officier militaire en mal de gloriole (les deux ne sont pas incompatibles) pour ficeler un scénar à l’ancienne.

Et croyez-vous que le cliché pourra s’estomper un jour ? Pas sûr… Certes on nous sert souvent une petite pincée de Corée du Nord pour adoucir le soviétisme désormais trop anachronique lorsqu’il est pris à part. Il n’empêche, le russe fait toujours figure de tête de turc. Beigbeder nous le décrit comme mafieux et drogué en permanence alors que Paco Rabanne le craint comme constructeur de dangereuses stations spatiales qui n’ont qu’une envie : retomber sur Paris… Et jusque sur les podiums des fashion weeks, les mannequins russes sont accusées d’envahir le métier aux dépends des autres mannequins. Il y a des jours où il vaudrait mieux rester au chaud dans sa datcha.

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une réponse à L’ennemi russe

  1. Sekhmet dit :

    Ah ben tiens je vois que je ne suis pas la seule à parler de la Russie aujourd’hui !! :o))

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