Chez Save My Brain, il y a des fidélités qui comptent — et Lyre Le Temps, ça fait plus de dix ans qu’on les porte dans notre grand cœur musical. “Outside the Box”, “Clock Is Mine”, “Prohibition Swing”… On était là au début, on est encore là en 2025, et on sera là en 2026, prêts à rempiler sans hésiter.
Le crew strasbourgeois nous a déjà offert, en novembre, un bel avant-goût de la suite avec un documentaire immersif sur leur prochain album New Orleans Club (To Join You in a Second Line), sans oublier la sortie du single “When I Get Low” en featuring avec Glen David Andrews, qui sent bon les trottoirs chauds de NOLA.
Et 2026 ? Ça s’annonce chargé, vibrant, généreux : un nouvel album prévu pour avril, et surtout, le grand retour sur scène qu’on attend tous avec impatience.
On a eu la chance de rencontrer Ludovic le leader pour discuter de ce voyage, des concerts, des nouveaux projets.
Bon, Ludovic on va commencer par le documentaire , qu’est ce qui t’a donné l’impulsion de partir à la Nouvelle-Orléans et pourquoi à ce moment de votre carrière ?
J’avais prévu de partir en 2020, j’avais les billets qui étaient prêts et je devais partir le 22 mars 2020 avec tout le groupe… sauf que le 21 mars on se retrouve confiné. Du coup j’ai créé “Studios Dressing”, une série de vidéo faite dans mon dressing. Pendant cette période j’ai tourné une série de vidéo dans mon dressing où j’essayais de sortir une musique par jour en collaboration avec les internautes, en attendant de travailler sur ce nouvel album.
Cet album, ce 5ème album « Swing Resistance » c’est un album qui c’est fait par le hasard.
C’était un vrai objectif de carrière pour moi d’aller à la Nouvelle-Orléans, d’aller là bas, pour moi c’était une évidence que le 6ème album devait se faire là-bas.
Fin de la tournée précédente en 2024, j’avais les plans de partir avec quelques maquettes sous le bras.

Comme tu es parti solo aux Etats-Unis, est ce que tu es parti avec ce sentiment de « risques » de je pars tout seul pour monter un nouveau projet loin du reste du groupe ?
Je suis parti solo parce que ça coûte cher, c’est un vrai budget de partir là-bas, la vie là-bas est chère… C’est un choix qu’on a eu avec le groupe de me laisser partir solo à la Nouvelle-Orléans.
J’ai l’habitude de partir solo, j’ai fait une partie de mes études aux Etats-Unis quand j’avais vingt ans, c’est un pays qui est familier pour moi, c’est un peu ma deuxième maison.
Je ne connaissais pas la Nouvelle-Orléans mais en tout cas je n’avais pas la barrière de la langue et j’avais pas peur de partir tout seul par contre j’avais peur de pas réussir le projet. J’arrive avec un style de musique qui est déjà niche en Europe, qui n’est pas connu aux Etats-Unis en leur disant : on s’est inspiré de votre style pour composer de nouvelles choses, créer de nouvelles choses. On voulait mettre en avant notre authenticité, on ne voulait pas que ça donne l’air d’être de l’appropriation culturelle, ni musicale, j’avais surtout peur de ça.
On voit dans le documentaire les différentes rencontres que tu fais au fils des jours, est ce que tu avais peur que l’on te mette une étiquette ou c’était dans le mood très à l’américaine de on est hyper cool?
Les américains sont vraiment dans le mood « on est à la cool » et encore les musiciens sont quand même dans un milieu très fermés , la place est très chère à la Nouvelle-Orléans en tant que musicien. Tu rates trois jours , tu es tout de suite remplacé et souvent par meilleur que toi. L’étiquette, elle est collée assez vite, parce que les musiciens sortent Instagram, regardent un peu les vidéos que tu publies et après ils commencent à parler avec toi.
La première approche était souvent business quand je les contactais via les réseaux, les musiciens que j’ai rencontré dans la rue on était plus comme des gamins.
Pour Krewcial c’était génial comme rencontre, il est chauffeur de taxi, coach sportif et musicien, les américains ont l’habitude de faire beaucoup de choses. Tu peux rencontrer n’importe qui là-bas, qui va avoir un niveau , une culture musicale dingue, c’est des machines les mecs.
Le documentaire est transparent, tu montres les galères c’était une volonté d’être 100% authentique, de montrer les hauts et les bas ?
Oui on a voulu être le plus honnête et authentique, c’est pour ça que tu me vois en doudoune en train d’enregistrer . Tu ne peux pas faire semblant parce que c’est moi devant la caméra, j’aime montrer mon quotidien d’artiste, montrer comment on travaille. Je montre les choses comme elle arrive, je prends les choses comme elles arrivent, comment je les gère humainement. Après je suis transparent dans ma personnalité, quand ça va, ça va , quand ça va pas, ça va pas et tu le vois.
Le réalisateur avec qui je suis parti, Yorim, il s’est vraiment fondu dans le décor,on s’est rencontré une semaine avant de partir ensemble, et on est parti trois semaines ensemble, en se disant on va vivre du brossage de dent le matin au soir ensemble.
Et les musiciens avec qui j’ai bossé, c’était pareil parce qu’à un moment donné, tu plonges dans le truc et tu t’en fous de la neige, de la situation, l’important c’était la musique. Dans le documentaire, ce qui est chouette c’est qu’on voit aussi la construction du projet, j’essaye, j’apprends, ça passe de l’objectif , le chemin que tu prends, que tu te trompes. Ce qui était important aussi c’était de montrer l’importance de la construction d’un album, c’était vital. On montrait le côté on se laisse pas abattre, je suis trop perfectionniste.
Ca t’a changé en tant que Ludovic ce voyage ?
En tant que Ludo, en tant que Ludo de Lyre le Temps et même pour tout le groupe.
L’album sonne super, c’est mon meilleur album, les meilleurs textes, les meilleures lignes, j’ai tellement hâte d’être sur scène et de le faire vivre. Ce genre de projet transforme quelqu’un, c’est un projet abouti et j’en suis plus solide, fier , content satisfait. Chaque sample, chaque fibre d’ADN de ce nouvel album a été créé pour, du coup je suis fier de ce nouvel album de Lyre le Temps.
Quand tu es rentré de la Nouvelle Orléans, tu as eu un coup de blues ou pas du tout ?
Le projet a commencé il y a deux ans et il va enfin être lancé en avril 2026, on va annoncer les concerts, donc au final je cours un marathon sur ce projet d’au moins cinq ans. Le coup de blues, je l’ai pas encore eu, il va y avoir des downs mais réaliser cet album, le stress du documentaire, c’est moteur.
En novembre, Lyre le Temps lance son nouveau single Lyre le Temps – When I Get Low (feat. Glen David Andrews), pourquoi cette cover ?
Pour moi c’était important de faire cette reprise “ When I Get Low” , de revenir sur le devant avec le patrimoine musical de la Nouvelle-Orléans. C’est également le thème de l’album, on a vécu des hauts et des bas depuis cette idée de partir en 2020 et au final c’est ça la vie les hauts et les bas mais il ne faut jamais lâcher. Ensuite il y a la rencontre avec Glen David Andrews qui est issue d’une famille de huit générations de musiciens. Il fait le tour du monde avec son trombone depuis qu’il a 14 ans, sa voix est identitaire et pour moi elle représente l’authenticité de la Nouvelle-Orléans.

En avril on va pouvoir entendre le nouvel album , en attendant on aura encore quelques surprises ?
Avant avril on va dévoiler d’autres singles… mais on a eu du mal à les choisir. Les 13 nouveaux morceaux, 35 musiciens ont travaillé dessus dont Quay Frasier ( Saxophoniste), Rex Gregory ( Clarinettiste) , The Original Pinettes Brass Band, Ten Spencer (Chant)…
Clairement j’ai hâte d’être en avril pour que les gens puissent écouter ce nouvel album c’est 13 morceaux de bombes de spontanéité. En avril on annoncera également les prochaines dates de la tournée à Strasbourg, en France mais aussi en Europe.
L’objectif bien évidemment est d’aller jouer à la Nouvelle-Orléans, être sur scène avec les musiciens que j’ai rencontré qui ont construit avec moi l’album.
J’ai hâte de me remettre dans cet état de communion et de partage sur scène, dans les prochains mois on fera des dates en Allemagne, Suisse, Roumanie, Hongrie … on va pas mal bouger.
Les prochains mois vont être riches et intense
Est ce que tu as un ou des coups de cœur à nous partager ?
Bien évidemment d’aller écouter Glen David Andrews , Rex Gregory il a sorti plusieurs albums. Si tu veux connaître l’univers du Jazz, clairement il faut aller écouter leurs albums. Forcément The Original Pinettes Brass Band , clairement le son de la Nouvelle-Orléans. Je propose forcément d’écouter pas mal de sons qui ont bercé les derniers mois. Il y a bien évidemment Troy Andrews alias Trombones Shorty.
Il faut aussi aller suivre le projet de Samuel Klein, un projet incroyable qui mêle musique, performance artistique, vidéo. Les projets Funky de Leopard Da Vinci avec qui j’ai fait “Make The Party Great Again” . Il faut également aller écouter la musique de Smash Hit Combo surtout que Brice un des membres du groupe est un de nos réalisateurs de clips depuis plus de 15 ans.
Comment tu sauves ton cerveau ?
Je le sauve pas, je le flingue jusqu’à ce qu’il ne marche plus. Je crois qu’il n’a pas besoin d’être sauvé, c’est bien de le laisser se perdre, de le mettre en danger.
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