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Klô Pelgag – L’Alchimie des Monstres

Klô Pelgag, alias Chloé Pelletier-Gagnon sort son premier album intitulé l’Alchimie des Monstres. Original et tout en finesse, il nous a tapé dans l’oreille.

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En onze titres, Klô Pelgag parvient à créer une ambiance bien à elle… Les textes sont des drames poétiques, associés à des arrangements pêchus, entièrement acoustiques. Les sonorités oniriques inhabituelles répondent à une pochette et un titre qui sortent du commun. Et Klô s’inscrit dans la tradition des voix québécoises de caractère. On laisse maintenant la parole à l’intéressée…

A écouter : La Fièvre des Fleurs, Comme des rames, Taxidermie

Si tu devais te présenter en quelques mots…

Je suis un électron libre et je fais de la musique pour sublimer ma réalité. Je fais de la chanson orchestrale, folle et sombre en même temps.

Peux-tu nous raconter tes débuts sur scène ?

J’ai commencé par faire des concours. Je les prenais comme des défis, ce qui m’obligeait et me donnait l’envie d’écrire. Puis j’ai commencé à faire des tournées par moi-même et des concours en équipe. Ca a commencé à devenir sérieux quand j’ai fait des festivals. Ensuite, j’ai sorti un EP et l’album complet est sorti en septembre dernier au Québec.

Plutôt scène ou studio ?

Les deux ! J’aime les arrangements et l’écriture en studio. C’est fun de partir de rien. On commence, on part sans limite au point que ça pourrait devenir du dub step ou du rap. C’est la liberté. Et sur scène, je m’éclate. C’est une rencontre directe de la musique avec le public que j’apprécie.

L’Alchimie des Monstres, c’est un drôle de titre… D’où vient-il ?

L’écriture, c’est quelque chose d’important pour moi. Dès lors, il ma fallait trouver comment appeler et représenter l’ensemble des chansons. J’ai trouvé le titre après avoir choisi la pochette. Monstre, c’est un mot que j’adore. Un monstre, ce n’est pas forcément quelque chose de mauvais. C’est juste en entité inconnue. Ensuite, il fallait l’élever, le mettre avec quelque chose qui lui donne plus de puissance. Alchimie, ça m’a semblé assez évocateur. Ca laisse place à l’interprétation et ça donne quelque chose de plus grand. Ca colle avec l’ensemble des chansons, qui essaient de sublimer la réalité.

Tes textes parlent beaucoup de la maladie et de la mort. D’où te vient ce goût ?

Je fais une sorte de fixation sur tout ce qui tourne autour du corps. Si on se frappe le pied contre une porte, on le ressent tout de suite, c’est un mécanisme direct. Alors du coup, je massacre beaucoup le corps dans mes textes…

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Comment es-tu venue à mettre tant de poésie dans La Fièvre de Fleurs, qui raconte la fin de vie d’une jeune femme atteinte de leucémie ?

Déjà, il y a une part de contraste. Le texte est dramatique mais la musique est légère. J’ai voulu raconter cette histoire avec un regard d’enfant. Avec les mots qu’on trouve pour expliquer à un enfant le départ de quelqu’un, lorsqu’on ne veut pas lui expliquer la mort. Quand j’étais petite, je croyais qu’il y avait un monde merveilleux après. Je voulais exprimer ce que peut penser un enfant.

Tu as un amour particulier pour le son acoustique ?

J’utilise beaucoup d’instruments classiques parce que mon frère m’y a initié. D’ailleurs, il a signé beaucoup des arrangements de l’album. Je trouve que chaque instrument classique a une voix, une couleur. Le basson, par exemple, est peu connu mais il a une couleur ludique. Chaque instrument est comme un personnage, qui répond à un autre pour discuter. Et ça permet des arrangements étoffés, funky et actuels.

La pochette de l’album a une esthétique particulière, la manière d’écrire les actus sur ton site a un style reconnaissable… C’est toi qui es derrière tout ça ?

Oui, c’est moi ! Je trouve que c’est important d’être à tous les niveaux d’un projet. J’ai toujours plein d’idées et je suis fière de me pencher sur chaque aspect. J’aime participer à tout, pour faire quelque chose de cohérent, pour mettre ma personnalité partout.

Tu as des projets à venir ?

Oui, pas mal ! Déjà des clips à venir, avec un réalisateur français. Puis je veux aussi garder du temps pour continuer à écrire.

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Notre magazine s’appelle Save My Brain… Sauver les cerveaux. Comment peut-on le faire ?

En essayant d’être pertinent. Il faut avoir confiance en l’intelligence des gens, être honnête. Aux gens d’être curieux, ensuite. Il faut faire les choses chacun à sa manière pour faire voir au monde tout ce qui peut exister.

Peux-tu nous parler de tes derniers coups de cœur culturels (musique, bouquins, expos…) ?

Au Québec, il y a un artiste qui s’appelle VioleTT Pi. C’est actuel et ça regroupe plein de styles. On peut dire que c’est de la chanson pop mais ses paroles sont très éclatées. Il a des projets en Europe, aussi, tu dois voir ça ! Sinon, il faut que j’écoute le nouvel album de Metronomy (je ne sais plus s’il est sorti ou pas). Je vais les voir au Printemps de Bourges. Puis il y a aussi une artiste québécoise qui s’appelle Gabrielle Leïla Tittley. Et il faut que j’aille au ciné voir The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson. Je n’ai pas eu le temps de le voir encore mais j’ai adoré ses précédents films. La Famille Tenenbaum en particulier.

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