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J.K. Rowling – Une place à prendre

Partons à la rencontre des habitants de Pagford, une charmande bourgade anglaise où la vie aurait pu suivre son cours tranquille si un notable du coin n’avait pas cassé sa pipe du jour au lendemain…

C’est de cette mort soudaine qui chamboule tout qu' »Une place à prendre » tient son intrigue. J. K. Rowling délaisse son cher Harry Potter pour s’attaquer à un autre genre littéraire, à un autre public aussi. Mais a-t-elle eu raison ?

A la lecture de son pavé de 670 pages et des poussières, elle réussit à nous faire passer par tous les états. Malheureusement, celui qui domine largement est l’ennui. Pendant les 100 premières pages, difficile de résister à la terrible envie de lâcher ce livre et de l’oublier dans un coin. La centaine suivante pose des bases fragiles pour l’intérêt qu’on peut lui porter si on parvient tant bien que mal à rentrer dans l’histoire et à situer chacun de ses personnages. Et c’est peut-être là un des plus gros problèmes de ce roman chorale, les personnages… Mais revenons à l’histoire.

A Pagford, tout irait bien si l’indésirable cité des Champs pouvait retourner dans le giron de la ville voisine de Yarvil. Et au centre de cette querelle de territoire, le conseil paroissial dont une place vient de se libérer, réveillant des ambitions personnelles et des secrets honteux… Car si Pagford peut se vanter d’une population relativement propre sur elle, celle des Champs est empêtrée dans la drogue, les petits traffics et bien d’autres vices qui ne la rendent pas franchement recommandable.Il est donc crucial pour les Pagfordiens de s’en débarasser en plaçant l’un des leurs au conseil. Oui, mais qui ?

Voilà en gros pour la trame du roman, autour de laquelle vont graviter plusieurs personnages, leurs drames et leur déchéance. Car oui, J. K. Rowling ne ménage aucun de ses personnages. Avec elle, tout est noir ou blanc, il n’y a pas de demi-mesure, mais surtout… elle ne s’intéresse qu’aux aspects les plus sombres, caricaturant à l’extrême chacun des protagonistes et laissant de côté les gentils, les normaux. Un choix que l’on ne peut que décrier, il faut ainsi composer pendant toute la lecture avec des êtres torturés à l’extrême, des hommes et des femmes en proie à leurs démons, à leurs travers, et personne pour venir apporter un peu de lumière dans ce paysage ni réaliste ni franchement accueillant. J. K. Rowling aurait-elle joué la facilité en ne poussant pas beaucoup la psychologie de ses personnages ?

Ne parlons même pas du style d’écriture, à la limite de l’insipide…

Dès lors où on rentre dans le vif du sujet, à peu près à la moitié du livre, la lecture se fait moins laborieuse et il faut attendre les dernières pages pour pouvoir se faire un avis complet. Si la psychologie des personnages et bien d’autres points ne semblent pas les forts de J K Rowling, on doit reconnaître qu’elle a su gérer la fin de son histoire et c’est un bon point, qui sauve sans doute son roman. Mais devoir se taper 600 pages et quelques pour avoir une fin assez captivante et émouvante, pas sûre que cela suffise à convaincre d’acheter cet ouvrage…

 

 

Save My Brain participe Aux Matchs de la Rentrée Littéraire 2012, et attribue donc la note de 9/20 au roman de J. K Rowling, Une place à prendre.

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