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Wax Tailor – Dusty Rainbow from the dark

Dusty Rainbow from the dark, quatrième album de Wax Tailor ne semble pas révolutionnaire au premier abord. Juste réussi. C’est avant qu’on ne sache comment il a été conçu…

Produire un nouvel album sans aucun son nouveau. Voilà un sacré challenge, brillamment relevé par Wax Tailor. En effet, le musicien s’est contenté de mixé. Aucun instrumental de l’album n’est joué : tout est extrait de vinyles pour la plupart oubliés et dans tous les cas impossibles à identifier. Le plus incroyable tient dans le résultat, qui ressemble à une collection de tubes.

Pour habiller cet ensemble de sons sortis de l’oubli de manière chaotique et presque aléatoire, Wax Tailor a fait appel à un casting de rêve, avec entre autres Aloe Blacc et Jennifer Charles, la voix d’Elysian Fields, qui nous laisse un souvenir ému après le merveilleux album sous forme d’idylle, enregistré en trois jours avec Jean-Louis Murat. On retrouve avec un plaisir intact son timbre suave et éthéré sur Heart Stop, premier extrait de Dusty Rainbow from the dark. Dans un style qui nous rappelle Morcheeba ou Shivaree. De jolies références qui ne sont pas un cas isolé. Dusty Rainbow (avec Charlotte Savary), ou Down in Flames (avec Sara Genn), pour ne citer qu’eux, se situent également dans cette lignée fort agréable.

L’autre mamelle de Dusty Rainbow in the dark, c’est un net penchant pour une électro distinguée, qui apparaît au fil des titres. Distinguée, dans le sens où elle appuyée par la chaleur du son des extrait de vinyles sortis de la naphtaline pour l’occasion, qui servent d’instrumental. Mattic, A.S.M. et Aloe Blacc se prêtent bien volontiers à ce petit jeu. Puis on ne déteste pas non plus l’exercice de style onomatopéique qu’est No.

Aussi réussi qu’élégant, Dusty Rainbow in the Dark ne sortirait pas spécialement du lot s’il n’avait que ces titres à proposer, finalement guère révolutionnaires. Le truc en plus provient d’une lubie de Wax Tailor, qui a voulu transformer ce corpus recommandable en un album concept. Tout cela est donc porté par la voix d’un narrateur (en l’occurrence Don McCorkindale, une des voix mythiques de la BBC) qui relate l’histoire d’un petit garçon, qui recherche l’apparition d’un arc en ciel (au sens métaphorique du terme, les sons étant le pendant des couleurs) dans une vielle caisse de vinyles… Ce petit côté Fantasia parfois émaillé de sons surprenants, associé à l’inédit concept de friperie vintage musicale ne peut que nous séduire.

A écouter : Tout d’un bout à l’autre, cet album est impossible à découper en morceaux !

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