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Le drame toulousain

Plus d’une semaine après son premier meurtre, le tueur présumé de Toulouse et de Montauban meurt ce jeudi midi lors de l’assaut lancé par le Raid ce mercredi. Mohamed Merah a résisté pendant 32 heures avant d’être abattu par les forces armées.

Tout a commencé le 11 Mars dernier. Le maréchal des logis chef, Imad Ibn Ziaten, a été tué d’une balle en pleine tête à bout portant, près de Toulouse. Alors qu’il souhaitait vendre sa moto, le meurtrier l’aurait contacté via un site de petites annonces et lui aurait fixé rendez-vous près du gymnase d’un quartier résidentiel. Après cette brève rencontre, fatale pour le sous-officier, l’assassin, qui portait toujours son casque, s’est ensuite enfui en scooter. Quatre jours plus tard, le 15 Mars, à Montauban, le tueur au scooter récidive. Il tire sur trois parachutistes du Régiment de génie parachutiste : Loïc Liber, Mohamed Legouad et Abel Chennouf, tous trois âgés de 24 à 28 ans. L’homme mystérieux tue sur le coup deux d’entre eux avant de s’enfuir à nouveau sur son scooter. Le troisième parachutiste, Loïc Liber, est toujours entre la vie et la mort. Le 19 Mars, l’homme au scooter revient à Toulouse, se gare devant une école juive où il abat de sang-froid un enseignant de religion Jonathan Sandler avant de s’en prendre à ses enfants. Gabriel, son fils de 6 ans, meurt sur le coup et Arié, le deuxième fils du professeur âgé de 3 ans, meurt à l’hôpital. Le tueur finit en abattant la fille du directeur de l’établissement, Myriam, 8 ans, avant de s’enfuir à nouveau sur son deux-roues.

« Le tueur de Toulouse serait un néo-nazi ». Tel était le titre de certains journaux peu de temps après les assassinats. Les enquêteurs se sont donc tournés vers trois anciens militaires néo-nazi mais aucune de leurs pistes ne s’est révélée être concluante. Il ne leur restait plus qu’à se concentrer sur le scooter. La police a, depuis lundi, diffusé des avis de recherche sur le scooter. Mais c’est le site de petites annonces qui leur a permis de trouver l’identité de celui qui est devenu « l’ennemi public numéro un ». En effet en utilisant l’adresse IP que le tueur a utilisé pour rentrer en contact avec sa première victime, les policiers ont très vite pu le retrouver. Les pistes mènent à Mohamed Merah.

Les témoins avaient décrit un homme « trapu avec un tatouage ou une cicatrice sous la joue gauche » avec un « regard froid qu’on n’oublie pas », pourtant Mohamed Merah n’avait absolument rien en commun avec ces descriptions, il est même tout l’inverse d’après les témoins. Il voulait entrer dans la Légion étrangère en 2010 mais aurait été rejeté du fait de ses antécédents judiciaires. En effet, il passe presque deux années en prison entre décembre 2007 et septembre 2009 où il rencontre des islamistes radicaux. En 2010, Merah part en Afghanistan puis y retourne en 2011 pour y suivre une « formation par Al-Qaïda ». Ces derniers jours, il avait avoué être l’auteur des meurtres de Toulouse et Montauban et qu’il était « en mission pour venger la mort d’enfants pakistanais ». De plus, il prétendait appartenir à Al-Qaïda.

Les forces armées se préparent. L’assaut du domicile de Mohamed a débuté à 3h10 ce mercredi matin. Ce dernier, lourdement armé, s’enferme chez lui et refuse de se rendre. Le but du Raid est de le prendre vivant, pour cela ils entament une « guerre d’usure ». Leur objectif est de le pousser à bout pour qu’il se rende. Régulièrement des explosions se font entendre et des tirs sont échangés entre l’assiégé et les forces de police. À 11h30 ce jeudi matin, l’assaut final est lancé et Mohamed Merah est retrouvé mort après avoir sauté par la fenêtre en tirant sur les membres du Raid.

Échec de l’opération ? Selon Nicolas Sarkozy, qui a rangé son costume de candidat à la présidentielle le temps de cette affaire, « Il n’était pas concevable d’exposer des vies pour le livrer à la justice, Il y a déjà eu trop de morts.». Les premières critiques sur cette intervention sont déjà tombées. Certains reprochent à l’équipe du Raid d’avoir attendu trop longtemps (plus de 30 heures) avant de lancer l’assaut pour en ressortir avec un mort de plus et des familles qui n’ont pas droit à une confrontation avec celui qui a tué leur proche. D’autres comme l’ancien avocat de Merah, Christian Etelin, critiquent le manque de négociation : « Tout n’a pas été fait pour rétablir un lien de confiance et le pousser à rendre les armes » explique-t-il. Mais si l’opération est un échec, c’est parce qu’au final, Mohamed Merah fait désormais parti des martyrs morts au combat.

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1 Comment

  • Reply
    Clochette
    23 mars 2012 at 11:05

    Si cet individu apparait quelque part comme un martyr c’est uniquement je pense auprès des autres assassins décérébrés de son espèce et seulement auprès d’eux. Ici comme partout dans le monde il restera pour toujours un monstre sanguinaire sans pitié.

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