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Parenthood

La famille est un sujet inépuisable comme thématique de séries. Il y a plusieurs mois, je vous avais présenté la famille Walker et ses aventures. Ce mois-ci, je vous propose de rencontrer une nouvelle famille, toute aussi attachante, les Braverman.

Zeek (Craig T. Nelson) et Camille (Bonnie Bedelia) Braverman ont eu 4 enfants Adam (Peter Krause), Sarah (Lauren Graham), Julia (Erika Christensen) et Crosby (Dax Shepard). Les enfants eux-mêmes sont désormais devenus parents et tentent l’exercice difficile de l’éducation.
La série débute sur le retour de Sarah dans le foyer parental avec ses deux adolescents Amber et Drew. Plongée dans une période compliquée et fauchée, elle décide de retourner aux sources afin de reprendre sa vie et celles de ses enfants en main.

En toute honnêteté, les avis divergent fortement concernant Parenthood. Pour certain, elle est d’un ennui mortel, usant de ficelles classiques du drama familial. Pour d’autres, elle relève du génie pour son authenticité.

Parenthood réalise un joli tour de présenter le quotidien de famille sur trois générations. Nous y suivons les grands-parents, couple qui revendique son droit à l’intimité ; nous découvrons également comment leurs enfants, désormais adultes, gèrent le quotidien familial entre enfants, couple, priorités et obligations. Les familles de Parenthood n’ont rien d’extraordinaire à la différence des celles de Brothers&Sisters ou Modern Family. La série se présente immédiatement comme volontairement classique dans les modèles familiaux afin de mettre en avant les relations qui unissent les membres de cette famille plutôt que les grandes scènes. A la différence des grands dramas américains, on ne pleure pas à chaque minute sur fond de musique larmoyante. Dans Parenthood, on fait face à la vie dans sa brutalité et dans l’indifférence de son quotidien.

La première saison de Parenthood a demandé de la persévérance de la part de sériphiles. Il est fort à parier que seuls les accros, peut-être en manque de séries, on eut le courage de continuer.
Effectivement, les premiers épisodes proposent une série de clichés agaçant entre le père patriarche ayant fait l’Indochine, le fils aîné (Adam) en charge de toute la tribu, Sarah la fille paumée mais intelligente, Julia la working-girl qui n’a pas de temps pour sa fille et Crosby, le bébé immature de la famille. Autant dire que les premiers éléments ne donnent pas envie de continuer. Pourtant, après des débuts laborieux, les personnes et les intrigues se mettent peu à peu en place. La série commence doucement à prendre son envol avec le cas de Max, l’enfant d’Adam et Kristina (Monica Potter) pour enfin dévoiler des intrigues de plus en plus intéressantes.

Ensuite Parenthood présente une temporalité peu commune aux séries télévisées. Le rythme, assez lent, offre quelques passages d’ennui. Néanmoins, la lenteur est ici une façon de présenter la vie dans ses petits riens. Les scénaristes de Parenthood ont choisi de montrer la vie dans son aspect abrupte, sans scènes incroyables, collant d’autant plus à la réalité.
Ce rythme se révèle un choix scénaristique finalement très fin et judicieux. Les relations des membres de cette famille se tissent au rythme de cette lenteur, dans les regards, les sourires, les clins d’œil, les petits mots ou les disputes. Les relations sont toutes en nuance, parsemées de rancœur, d’amour et de respect.

On appréciera dans Parenthood le côté non-surfait des personnages. Les clichés du départ ont vite été abandonnés pour faire place à des personnages sincères et normaux. On aimera la relation d’Haddie avec ses parents (Adam et Kristina) criante de vérité et de simplicité. On appréciera également l’évolution du personnage d’Amber, adolescente rebelle, qui doucement, sort de la crise d’adolescence pour se trouver peu à peu.
Dans Parenthood, on grandit tranquillement et à son rythme au fil des rencontres et des petits riens de la vie. Les scénaristes s’attachent ardemment à la véracité des situations et des profils. Nul besoin de présenter des situations rocambolesques quand la vie est déjà remplie de petites choses.

La qualité de Parenthood réside également dans l’excellent jeu des acteurs. Il faut admettre que Parenthood s’est offert un casting de choix. Retrouver la diction ultra rapide de Lauren Graham (Gilmore Girl) est un plaisir. L’actrice assure et ne dépareille pas en mère bohème et incertaine. A contrario, de nombreux fans de Peter Krause (Six Feet Under, Dirty Sexy Money) se sont désolés du rôle ‘plan-plan’ d’Adam.
Cependant, il faut reconnaître que les deux acteurs offrent une belle dynamique qui semble profiter à tous les comédiens. Une mention spéciale au casting jeunesse. Les actrices interprétant Amber et Haddie mettent beaucoup de conviction à jouer cette période compliquée et transitoire qu’est l’adolescence. Max Burkholder (Max Braverman) est quant à lui simplement bluffant dans son interprétation.

NBC a ainsi joué un tour de maître en diffusant Parenthood (Jason Katims, Friday Night Lights) pour remplir sa case drama familial. L’ambiance de la série, le jeu des acteurs, la sincérité des situations et des dialogues ont offert à la série une troisième saison. Loin des séries aux ficelles déjà usées, Parenthood offre un peu de simplicité dans un monde surfait. Elle vous propose de pénétrer dans le quotidien standard d’une famille, en proie aux problèmes communs à toutes les familles. Toquer à la porte, c’est ouvert !

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2 Comments

  • Reply
    GéraldineB
    3 juin 2011 at 15:40

    Personnellement, j’ai trouvé le début trop lent. ça m’a semblé être une pâle copie de Brothers & Sisters. Même le gamin qui a Asperger joue un gamin de B&S. Je trouve aussi que le rôle d’Adam est fade, et je regrette que Lauren Graham ait un rôle aussi proche que dans Gilmore Girls, où elle nous rejoue la mère larguée et totalement speed. Je regrette de ne pas voir plus de facettes de cette actrice car elle est remarquable. Il faudra que je retente un de ces quatre. Là, j’accroche pas. Ce qui est bien dommage car le casting est brillant.

  • Reply
    AnneLaureT
    2 juin 2011 at 21:55

    J’ai un peu regardé cette semaine, je ne suis pas fan, je n’arrive pas à accrocher… :-S

    *

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