Expositions

Arman au Centre Georges Pompidou

Par leur côté spectaculaire, les nouveaux réalistes ont souvent l’honneur de grandes rétrospectives. Au Centre Pompidou, c’est au tour d’Arman, après Jacques Villéglé et Yves Klein ces dernières années.

Chacun des signataires du manifeste du nouveau réalisme avait sa marotte. A Villéglé les affiches lacérées, à Klein le vide… Arman est lui avant tout célèbre pour ses accumulations, sculptures ou installations plus ou moins monumentales utilisant la répétition de plusieurs exemplaires d’un même objet pour en exacerber le sens par une répétition de sa forme. Le titre, souvent ironique, ajoute une grande part du sel de la chose. Le fameux « Home Sweet Home », présentant des masques à gaz laisse songeur.

Comme ses petits camarades qui ont apposé leur grigri en bas d’un monochrome bleu IKB à l’initiative de Pierre Restany, Arman utilise les traces du quotidien pour faire rentrer la vie au musée. L’accumulation n’apparaît que comme une des facettes de son œuvre. Ses portraits restent toutefois dans la même logique : ils tentent de faire ressortir une personnalité par la réunion de ses objets fétiches. On peut découvrir ainsi représentés Yves Klein ou la galeriste Iris Clert.

Ces deux derniers personnages sont à l’origine d’une des plus célèbres expositions d’Arman. Yves Klein avait fait date en 1958 en vidant la Galerie Iris Clert de son contenu pour une exposition intitulée La Spécialisation de la sensibilité immatérielle à l’état de matière première en sensibilité picturale stabilisée (désolé, je n’arrive jamais à le retenir, celui-là…). Tout simplement, passée à la postérité comme « l’exposition du vide », elle a trouvé son pendant deux ans plus tard avec « Le Plein » d’Arman. Celui-ci avait, à l’inverse de son ami, rempli la galerie jusqu’au plafond d’objets divers et variés.

Au même titre qu’Yves Klein et César, Arman a marqué l’histoire de l’art au vingtième siècle. Le Centre Georges Pompidou lui rend un hommage naturel, complet et à l’accrochage spectaculaire. A ne pas manquer.

L’exposition Arman court jusqu’au 10 janvier 2011

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