Chroniques ordinaires Humeurs

Le bouquet de la mariée

Il y a quelques semaines, j’ai émigré temporairement en province pour me rendre à un mariage. Pour nos amis qui se mariaient, on a accepté de partir (entre parisiens) vers la lointaine Lorraine, habillés comme des premiers communiants et préparés à l’avance aux musiques ringardes et aux blagues salaces de l’oncle du marié.

C’est qu’avec l’âge, on commence à gérer les clichés du mariage.

Mais justement, en parlant des clichés de mariage, il y en a un auquel j’avais échappé jusqu’alors : le bouquet de la mariée. Ou plutôt, le jeté du bouquet.

A la base une drôle de tradition apparue le siècle dernier, qui veut voir le bouquet jeté par la mariée en direction des jeunes femmes célibataires. Celle qui l’attrape sera mariée dans l’année.

Franchement, s’il suffisait d’attraper un bouquet au vol pour trouver The-man-of-my-life, vous ne pensez pas que les filles seraient déjà plus douées en sport ?

Bref, jusqu’à présent je n’avais fait que des mariages civilisés où la mariée gardait jalousement son bouquet (au prix que ça coûte, c’est légitime après tout.)

Mais cette fois-ci, pas moyen d’y couper : la mariée a insidieusement envoyé les femmes plus âgées capturer les jeunes et belles célibataires que nous sommes pour les ramener sur l’aire de lancement. Et même si vous êtes en couple et fiancée, ça ne compte pas : vous n’êtes toujours pas mariée…

Déjà, quand j’ai vu le cameraman et les photographes s’ameuter, j’ai senti qu’il y avait un truc. Je n’ai par contre pas distingué la lueur sûrement malveillante dans l’œil de la mariée. Elle s’est retournée, elle a dite « prêtes ? » Et d’un coup, j’ai plus rien compris !

On était là, une petite quinzaine, moitié amusée et moitié pressée de retourner au champagne.

Il fut un bouquet de fleurs envoyé vers le ciel, quelques cris excités, un projectile floral qui part droit vers la fille devant moi, des doigts malheureux qui manquent de se retourner au contact de la comète végétale, un cri, un rebond, le bouquet repart vers le ciel.

A la suite j’ai vu une ombre s’avancer vers moi, j’ai tendu les mains, il y a eu un choc, je n’ai pas réussi à saisir le projectile. Deuxième rebond…

Le bouquet est finalement retombé sur ma jambe (en y laissant une douloureuse trace de la collision,) il a chu au sol. J’avais toujours mal, mais je l’ai ramassé.

Au final (et si j’ai tout bien compris) la mariée a fait œuvre de guerre en projetant littéralement le bouquet vers l’attroupement féminin, et la chose a semé le carnage sur son chemin. Preuve en est les morceaux d’orchidées qui traînent partout au sol.

J’ai beau avoir attrapé le bouquet, j’avoue que le bleu qui se formait sur ma cuisse m’a incité à l’offrir à la première victime.

Autour de nous, le public est hilare… et tout cela a été filmé et photographié. Décidément, mieux vaut retourner au champagne !

Quand je pense que les filles sont censées se battre pour attraper ce truc… Je crois qu’il vaudrait mieux transformer ça officiellement en sport. Et, à l’occasion, si ça se fait, je crois que j’ai la meilleure lanceuse de bouquet dans mon équipe !


Félicitations aux mariés. Espérons qu’au prochain mariage je sois moi même mariée pour m’éviter un autre choc floral./

Mais sinon… C’est moi qui l’ai eu !!!

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5 Comments

  • Reply
    Choum
    30 juin 2010 at 11:49

    Autant il me semble qu’on peut faire de l’humour sans être insipide, autant il me paraît compliqué de se faire une opinion sur une chronique sans l’avoir lue.

  • Reply
    Mlle Gima
    30 juin 2010 at 0:19

    @Choum :

    Nous sommes sur une chroniques féminine qui à pour but l’humour, pas la dénonciation de la société.

    On es toujours libre de refuser de participer, au même titre qu’on à le droit de refuser de se rendre à une cérémonie qu’on approuve pas ou de lire une chronique qui parait trop futile.

  • Reply
    Choum
    29 juin 2010 at 23:59

    Si j’ai bien compris l’article, et j’en ai peur, le lancer de bouquet aurait pour seuls inconvénients le risque potentiel de se prendre ledit bouquet dans la figure, et de rater 5 minutes de sirotage de champagne ?

    Quid de l’humiliation que cette tradition représente pour les femmes qui n’ont pas trouvé la perle rare ? Ou pire, qui ont décidé de ne pas se marier ? Quid du sexisme latent qui se cache là-dessous : « femme, si tu n’es pas mariée, tu n’es rien » ?

    il y avait tellement de choses à dire à ce sujet, c’est vraiment dommage, d’autant que tu amorces la critique à chaque fois sans jamais oser la faire…

  • Reply
    maRRion
    29 juin 2010 at 23:36

    Vraiment très très chouette ce dessin ma chère Pulupulu !

  • Reply
    La Mariée
    29 juin 2010 at 19:11

    Disons simplement que je ne sais pas lancer quelque chose dans mon dos… Mon mari dit toujours que je suis une brute.

    Promis, la prochaine fois, je ne lancerai pas de bouquet ! Peut-être aussi parce que je ne serai pas la prochaine mariée…

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