Chroniques ordinaires Humeurs

Les ruptures

Les ruptures, c’est comme essayer de faire des figurines avec la cire d’un Babybel. C’est jamais évident. 

Dans l’histoire, c’est vous qui partez.

Un soir, un matin, au goûter si vous préférez, c’est comme vous voulez, vous avez décidé que ce n’était plus possible. Après avoir été exécrable avec votre moitié, réfléchi, pesé un peu le pour et beaucoup le contre, reporté votre décision, expliqué la situation à vos copains, votre mère et votre voyante, vous passez le pas. La vie est douce quelques temps, vous le recroisez, il a toujours ses deux jambes, c’est bon. La suite n’appartient qu’à vous bien sûr, on n’est pas au rayon Guide de vie d’un grand magasin « agitateur de curiosité », mais on parie combien de Latte Machiatto que vous allez avoir des remords ?

Au moment où cela arrivera, dites vous que c’est hormonal ou que manger des framboises au mois de Décembre ne vous réussit pas. D’accord il tolérait vos pires travers, il savait cuire les coquillettes, il vous laissait toujours le dernier coton-tige et il était à peu près d’accord avec le principe d’égalité des sexes, mais si vous l’avez quitté, c’est qu’il y avait une raison, non ?

Mais ça peut aussi être lui aussi, le malotru

Un soir, un matin, une nuit, je ne sais pas, on s’en fout, vous apprenez que c’est fini. Vous l’aviez senti venir mais la veille il avait dit « A demain ma chérie ». Et puis bon, il n’a pas exactement fait les choses dans les règles de l’art. Par mail quoi. Un mail même pas bien écrit, avec des fautes et des phrases plus lourdes que les paroles des chansons de la comédie musicale Notre Dame de Paris façon Il est venu le temps des cathédrales, avec ça, il se permet de vous comparer à une Fiat alors qu’il préférait rouler en Porsche et conclut son mail par une sorte de déclaration d’amitié solennelle qui sonne aussi faux que l’existence de la petite souris. Et je n’exagère pas, si vous voulez la preuve que ce type de mail circule, je vous le transmettrais.

Passons. Vous pleurez, vous l’aimez toujours, une chanson, un vêtement, une petite annonce dans le dernier Paru Vendu, les cotons-tiges, les vitres pas faites… Tout vous fait penser à lui, la vie est injuste et vous vous punissez en mangeant des yaourts périmés. Et puis un jour, à court de Kleenex et suite à une conversation avec une connaissance commune, vous ravalez larmes et morve et arrêtez de l’appeler. Ce qu’il y a de plus fun dans une séparation, c’est ce qu’on apprend après et ce qui nous donne envie de coller sa photo sur un mur et de tirer des fléchettes dessus. Il y a les quelques faux pas quand vous étiez ensemble, le fait qu’il ait décidé d’emmener sa nouvelle conquête voir un pauvre remake de Pochaontas Avatar, qu’en plus le bougre a besoin d’une page sur un site de rencontres… Bref, c’est sale d’écouter la personne qui vous fournit toutes ces informations, mais ça fait du bien, juste une fois. Xéna la guerrière peut aller se gaver de Guronsan si elle veut vous suivre, rien ne vous arrête. Pas décidée à faire office de garde-meuble, vous emballez ses affaires sans haine et sans avoir besoin de vous retenir de faire pipi dessus puis courrez chez Casto pour refaire la salle de bain.

La suite ? On s’en fiche un peu à  vrai dire puisque c‘est fini. Et la probabilité que la crise économique touche aussi l’industrie du coton-tige est à peu près aussi mince que vos chances de réussir dans la sculpture de Babybel.

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