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Weeds

Et si votre mère était une dealeuse de marijuana ?

Dans une banlieue classique américaine de Los Angeles, la famille Botwin semble parfaitement normale. A l’exception près qu’elle a récemment vécue un drame : alors que Judah Botwin courant avec son jeune fils Shane, celui-ci a été terrassé par une crise cardiaque.

Sa veuve, Nancy (Mary-Louise Parker), femme au foyer, décide de subvenir aux besoins de ses deux enfants : Silas son aîné (Hunter Parrish) et Shane (Alexander Gould) en vendant du cannabis à tous les bons notables d’Agrestic.

Weeds est une série mêlant drame et comédie. Entre situations cocasses ou dangereuses, nous suivons avec délectation les aventures de cette maman sexy durant déjà cinq saisons.

Au départ, nous suivons l’apprentissage de Nancy dans le commerce illicite. Guidée par Heylia James, une matriarche noire, qui deal au sein de maison, et en famille ; ainsi que par le neveu de Heylia, Conrad qui se prend d’affection pour la « p’tite blanche effarouchée ».

Nancy doit faire face ici au deuil et au traumatisme de la perte du père de ses enfants, et, en parallèle, blanchir l’argent qu’elle génère avec son business. Elle se voit aider par son ami comptable véreux Doug Wilson, et son autre ami avocat Dean Hodes, chacun grand consommateur d’herbe bleue. A ces côtés, Andy, son beau-frère, trentenaire immature et drogué, squatte la maison et exige de faire partie de l’aventure.

C’est entourée de ce monde loufoque que Nancy va évoluer, passant de simple vendeuse, à vendeuse propriétaire et blanchisseuse d’argent puis à productrice de cannabis. Face à cette croissance florissante, les rivaux ne vont pas tarder à lui mettre des bâtons dans les roues. La blanche friquée des banlieues chics commence à agacer le monde des dealeurs des bas quartiers.

En parallèle, elle va devoir affronter le regard de ses enfants, et accepter que Silas participe à cette activité familiale.

Dans les deux dernières saisons, Nancy est contrainte de faire déménager toute sa petite famille à la frontière mexicaine afin de continuer tranquillement son petit trafic. Comme toujours avec Nancy Botwin, les choses vont, forcément, mal tourner !

Weeds est une série hors norme ! Elle pourrait se classer dans les avant-gardistes à l’instar de Six Feet Under ou de Dexter. Il faut avouer qu’une mère de famille flirtant avec les dangers et les barons de la drogue, afin de financer son business, il fallait oser ! Et Jenji Kohan l’a fait !

Certaines critiques en parlent de Desperates Housewives trash, mais l’idée va plus loin. Le personnage de Nancy n’est pas seulement une mère désespérée. C’est un personnage complexe, irrémédiablement attiré par la souffrance et la galère. La jeune femme se borne à se jeter dans la gueule du loupe en permanence, prétextant sans relâche se dévouer pour sa famille. Hors, qui lui expliquera Andy bien plus tard, c’est finalement dans l’égoïsme le plus irrationnel qu’elle a fait ses choix de vie ces dernières années.

La série semble osciller entre du Tim Burton avec la banlieue d’Edward aux mains d’argent. Les habitants de cette petite bourgade haute en couleur, sont tous déjantés et les situations rocambolesques. On se penserait dans un mauvais vaudeville si la parodie n’était pas aussi clairement affichée. Tout semble arriver et bien se terminer dans le monde de Nancy malgré les armes et la mort planant au dessus de la famille Botwin.

Finalement, Jenji Kohan lance à l’Amérique sa déchéance en pleine face, ironisant les sujets les plus graves et cultivant l’humour décalé voire littéralement noir. Les personnages cumulent les phrases chocs, les vulgarités (fuck reste le mot le plus prononcé) et les discours assassins.

Meilleure série, meilleurs taux, récompenses… Weeds enchaîne les succès outre-Atlantique tandis que les télévisions françaises publiques, frileuses, se refusent encore à la diffusion. Seule Canal + (toujours) diffuse ce bijou télévisuel.

En attendant que les chaînes françaises se réveillent, la sixième saison est déjà enclenchée et promet, comme chaque année, des surprises de taille.

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1 Comment

  • Reply
    Atalanta
    22 avril 2010 at 23:45

    Cette série est profondément réjouissante, je trouve. Et depuis que je l’ai accrochée sur la TNT puis Canal Jimmy, je n’en loupe plus un épisode. Le ton est grinçant et audacieux pour une télévision américaine généralement très codifiée mais enhardie par les succès de Sex and the city ou Desperate housewives. Marie-Louise Parker est parfaite dans son rôle d’une madame tout le monde pas bimbo, mais sexy.

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