Curiosités

Rencontre avec Boulbar

Requiem pour un Champion est plus qu’un album. C’est une collaboration entre un musicien, en l’occurrence Bertrand Boulbar et un auteur de BD, Vincent Gravé. Le tout pour rendre l’ambiance noire de la déchéance de Jack Ranieri, un grand de la boxe, qui a eu le malheur de croiser les yeux de Lisa, celle qui lui a fait perdre les pédales.

Racontée en treize titres, cette histoire est assez finement écrite et relevée d’une bande son ajustée au plus près. Bref, cet album est réussi avec quelques morceaux qui laissent admiratifs comme l’épisode de la course de chevaux. Nous avons rencontré Boulbar pour en parler.

Comment t’est venue cette idée d’un album concept ?

Ca faisait déjà un moment que j’en avais envie… J’ai déjà fait une autoproduction qui ne m’avait pas plu et j’ai tout jeté. Donc je travaille depuis 2007 sur ce projet. Je voulais un album noir. Qui reflétait l’ambiance du cinéma noir que j’aime.

Est-ce l’histoire qui a entraîné la musique ou l’inverse ?

Oui, j’ai d’abord écrit l’histoire. C’est vrai qu’il est facile de se laisser entraîner par la musique, comme c’est le cas d’un bon nombre d’albums concepts. Ici, j’ai voulu donner priorité à l’histoire, aux personnages. La musique n’est là que pour appuyer le texte.

Justement, ce personnage de Jack, comment est-il né ?

La boxe est un milieu qui me fascine. Si on regarde l’histoire des grands boxeurs, il y en a plein qui ont eu un sacré destin et qui ont fini par mal tourner. Un personnage de boxeur donc, à part l’intérêt que je porte au sport en lui-même, permettait de mettre en scène cette descente aux enfers, qui collait à l’ambiance que je voulais pour l’album.

Et cette ambiance américaine, aussi une fascination ?

Oui. C’est une atmosphère que j’ai découvert avec le cinéma noir américain. Et puis que j’ai retrouvée quand j’ai eu la chance d’y aller… Je n’ai pas été déçu du voyage !

A l’écoute, cet album est très gainsbourien, jusqu’à la référence à la Ford Mustang. Il me fait penser à l’Homme à la tête de chou… Gainsbourg, c’est une référence qui te trottait dans la tête ?

Pas tant que ça, en fait… C’est vrai que ce genre d’album, la comparaison est inévitable. On me dit souvent que ça ressemble à Melody Nelson, mais l’histoire n’a rien à voir. Pour l’Homme à la tête de chou, c’est en effet plus vrai, l’histoire d’un homme brisé par une femme… Alors les réactions sont diverses ensuite. Ca va du « c’est sympa de retrouver un album comme ça » au « Mais pour qui il se prend celui-ci… N’est pas Gainsbourg qui veut ». Et pourtant, Gainsbourg ne fait pas partie des artistes que j’écoute en boucle. J’ai réécouté l’Homme à la tête de chou il y a un jour ou deux parce que j’ai vu qu’ils sortaient une pièce de théâtre avec les chansons interprétées par Bashung… Sinon, je ne l’avais pas écouté depuis bien longtemps. J’ai plus tendance à écouter des groupes comme les Beatles ou les Pink Floyd.

Ce sont tes influences, donc ?

Oui, mais aussi Johnny Cash ou sinon des gens comme Dominique A. Et Brel. Je l’ai découvert sur le tard mais ça a été une grosse claque musicale.

Comment est venue la mise en place de la Bande Dessinée qui va avec l’album ?

J’avais envie d’un pont avec l’album, pour illustrer cette ambiance en image, que ce soit par le dessin ou le cinéma… même si pour le cinéma c’était vraiment compliqué. J’avais des images en tête mais je ne voyais aucun dessinateur pour les mettre sur le papier. Jusqu’au jour où je suis tombé sur l’album de Vincent Gravé, Petites Coupures. J’ai trouvé que son style correspondait à l’ambiance de mon album. Comme il y avait son mail à a fin de la BD, je lui ai écrit et lui aussi a trouvé des points communs entre nos univers. C’est comme ça qu’est née la collaboration. Ensuite, on était d’accord pour dire qu’il ne fallait pas un livre-disque, qui se lisait à mesure que l’album défilait. C’est pour ça qu’on a décidé de développer certaines parties, comme le hold-up, qui n’étaient que survolées dans le disque.

Et Vincent Gravé a eu carte blanche pour le scénario ?

Non, c’est moi qui ai fait le scénario, en fait. Mais on a décidé ensemble de son contenu.

Jusqu’à quel point es-tu intervenu dans le scénario ? Le découpage des cases ?

Pour ce qui est de la mise en page, c’est un peu particulier. Dès qu’il a connu l’histoire, Vincent s’est mis à dessiner ce qui lui passait par la tête, naturellement. On a donc un certain nombre de dessins qui n’ont pas étés utilisés. Partant de là, il suffisait de combler les trous, pour les parties qu’on souhaitait développer ensuite.

Et le concert illustré ? Comment cela va-t-il se dérouler ?

L’idée de base était que Vincent dessine en direct pendant le concert. Malheureusement, ce ne sera pas toujours possible techniquement… Sinon, on utilisera des images enregistrées où on le voit dessiner sur une feuille transparente. Partout où c’est possible techniquement, on essaiera donc de recréer au maximum l’ambiance de cette histoire, que ce soit par le jeu de lumières ou les images.

Le myspace de Boulbar

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