Musique

Tegan and Sara – Sainthood

S’il existe bien un pays où Tegan and Sara ne font pas parler d’elles, c’est la France. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai pas le moindre idée. Outre Atlantique, on se les arrache, on se bat pour obtenir une interview et leurs albums sont classés dans les meilleurs ventes. En France on peut avoir quelques informations grâce à un site de fans francophones et pour avoir les disques, il faut les faire venir des États-Unis ou du Canada. Enfin, au moins pour les précédents puisque Warner a finalement décidé de distribuer le sixième album de Tegan and Sara : Sainthood en France. Le problème n’en reste pas moins qu’ici on ne sait pas qui elles sont.

Tegan et Sara Quin sont nées le 19 septembre 1980 à Calgary dans l’Alberta, province du Canada. C’est à l’adolescence qu’elles commencent la musique (guitares et claviers). Elles écrivent et composent dans leur chambre et enregistrent dans le studio de leur école. En 1998, trois ans après leurs débuts, elles gagnent une compétition locale. Cette reconnaissance redouble leur motivation, et dès l’année suivante elles sortent leur premier album indépendant Under Feet Like Ours (1999). Le disque tombe dans les oreilles d’Elliot Roberts (qui a été le manager de Neil Young, Bob Dylan, Joni Mitchell…), il leur propose un contrat avec Vapor Records. Ainsi, dès 2000 sort leur premier album officiel This Business Of Art et les jumelles partent en tournée aux États-Unis avec Neil Young et The Pretenders.

Depuis Tegan et Sara ont eu un parcours irréprochable. Elles ont tourné en Amérique du Nord et en Europe avec Ryan Adams, Ben Folds, The Killers, Death Cab For Cuties… Elles ont enregistrées quatre autres albums, dont So Jealous (2004) et The Con (2007) qui ont été de véritables succès aussi bien artistiques que commercials.

En 10 ans le groupe a bien sûr évolué, changeant de bassiste, de batteur, de producteur et même de style musical. Les débuts folk acoustique (Under Feet Like Ours) se sont rapidement transformés en indie-rock (This Business Of Art & If It Was You) pour finalement se rapprocher de la new-wave / indie-pop (So Jealous & The Con). Il ne restait donc plus qu’un pas à franchir pour en arriver à une véritable musique pop.

Ce pas, elles l’ont franchi avec leur nouvel album Sainthood sorti fin octobre 2009.

Plus qu’une simple évolution que l’on pouvait prévoir, Sainthood est une étape importante dans la carrière des sœurs Quin, à bientôt 30 ans, les éternelles adolescentes ont décidé de ne plus être adolescentes justement, ni vraiment adultes d’ailleurs. Elles sont dans leur phase adulescentes. Elles ont gardé de nombreuses habitudes de travail (jusqu’ici chacune d’entre elles a toujours écrit les chansons qu’elle chante, les morceaux ont toujours du mal a dépasser les trois minutes), mais font aussi quelques concessions. Le titre Paperback Head est le premier qu’elles écrivent à quatre mains, le son plus lisse et propre a sûrement été suggéré par les producteur Chris Walla et Howard Redekopp qui travaillent avec elles depuis So Jealous.

L’album s’ouvre sur le très accrocheur Arrow qui donne la nouvelle direction de leur musique, une énergie post-punk et un son léché, sans fioritures. Les titres Don’t Rush et Hell s’enchaînent parfaitement sur le même rythme. Sur On Directing les sœurs se calment un peu et Sara joue avec ironie sur ce qui les a rendues célèbres « I know it turns you off when I get talking like a teen« .

Les synthés sur Red Belt nous ramènent complètement dans les années 80 qui sont pour elles une source constante d’inspiration. The Cure est la chanson qui reste en tête et qu’on se retrouve à fredonner longtemps après l’avoir entendue. Les 2 minutes de Northshore sont un déferlement de guitares qui rappelle encore une fois le punk et sa liberté, Tegan ironise à son tour en commençant la plupart de ses phrases par ‘Don’t« .

Night Watch et Alligator font figure de bizarreries expérimentales, mais n’en sont pas moins très réussies, contrairement à Paperback Head (le fameux morceau écrit à quatre mains) qui restera anecdotique.

The Ocean, Sentimental Tune et Someday font rapidement oublier Paperback Head et apportent une conclusion à la fois calibrée et originale, à l’image de l’album.

Clip de Hell :

Le site de Tegan and Sara : http://teganandsara.com/
Le myspace de Tegan and Sara : http://www.myspace.com/teganandsara

Tegan et Sara sont en tournée en Europe jusqu’à la fin du mois et passeront par l’Alhambra le 18 novembre 2009.

Soutenez l’artiste, achetez l’album : Sainthood

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2 Comments

  • Reply
    Daniel Chalaye
    10 novembre 2009 at 18:07

    Les séries américaines sont assez utiles pour découvrir de nouveaux artistes ;-)

  • Reply
    Laure
    10 novembre 2009 at 8:54

    Bon, je connais et j’aime bien! Mais j avoue, j’ai découvert grace a Grey’s anatomy XD

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