Littérature

Olivier Adam

Olivier Adam est un jeune écrivain français né le 12 juillet 1974 près de Paris. Il vit à St Malo, avec sa femme, écrivain pour la jeunesse, Karine Veysset et ses enfants.

Après avoir suivi des études de gestion d’entreprises culturelles, il commence à écrire, et participe en 1999 à la création d’un festival littéraire « les correspondances de Manosque ».

En 2000 Olivier Adam publie aux éditions du Dilettante son premier roman « Je vais bien, ne t’en fais pas », qui connaîtra un certain succès. Puis il signe aux éditions de l’Olivier en 2001 le roman « à l’Ouest », en 2002 « Poids Léger », en 2004 « Passer l’hiver »*recueil de nouvelles , Prix Goncourt de la Nouvelle, et Prix des Editeurs, en 2005 « Falaises », en 2007 « à l’abri de rien », qui recevra le Prix du Premier Prix et sera le favori du Prix Goncourt. « Des vents contraires » paru en 2009 reçoit le Prix RTL.

En 2003, il devient directeur de collection aux éditions du Rouergue.
Il écrit également des ouvrages pour la jeunesse publiés pour la plupart aux éditions de l’Ecole des Loisirs « On ira voir la mer » en 2002, « la messe anniversaire » en 2003 et « sous la pluie » en 2004, « Douanes » en 2004 aux éditions Page à Page, en 2005 « comme les doigts de la main » et « le jour où j’ai cassé le château de Chambord », et en 2009 « ni vu, ni connu ».

Il publie régulièrement des textes courts dans les revues littéraires et anime des ateliers d’écriture en milieu scolaire.

Mais Olivier Adam travaille également pour le cinéma, d’une part il co-scénarise ses romans « je vais bien, ne t’en fais pas » adapté en 2006 par le réalisateur Philippe Lioret, « Poids Léger » adapté en 2004 par Jean-Pierre Améris et « Sous la pluie » en cours d’adaptation avec Patrick Goyette, d’autre part, il a co-signé les scénarios de « l’été indien » d’Alain Raoust en 2007 et de « Maman est folle » de Jean-Pierre Améris, téléfilm en 2007. Depuis le 11 mars 2009, « Welcome » le long métrage de Philippe Lioret avec Vincent Lindon est sur les écrans et a été co-écrit avec Olivier Adam.

Influencé par la littérature américaine contemporaine (John Fante, Raymond Carver, Richard Ford..), mais également par les écrivains français des années 1940 et 1950 (Henri Calet, Georges Hyvernaud, Georges Perros..), Olivier Adam n’hésite pas à aborder des thématiques sociales et politiques et a su s’imposer très vite comme un auteur qui compte dans la nouvelle génération des écrivains français. Le cinéma de Maurice Pialat et le jazz sont ses passions.

Olivier Adam écrit sur les béances, les blessures inguérissables, les vides que rien ne pourra combler, et le deuil, l’absence, la fuite, la fugue, la disparition sont des supports dans son écriture. Les motifs traités sont forts comme l’alcool, la dépendance, la mort, la dépression etc… La mer comme un appel d’air fait partie de l’univers de géographie d’écriture.

Olivier Adam privilégie les situations du quotidien dans un lyrisme sec, où les situations pathétiques sont traitées sans pathos, on a la gorge serrée quant on lit ses romans, le lecteur se retrouve dans une sorte de basculement et de gouffre qui s’ouvre à ses pieds.

Les rapports sociaux et la violence entre eux ont une grande place dans ses livres.

Olivier Adam écrit « à l’oreille », l’écriture est physique et ses phrases sont sonores et ryhtmiques. Ce narratif est un conteur d’histoire du quotidien.

Ses romans mettent en scène des itinéraires courageux ou tortueux, bouleversants récits de transmission d’amour, où la paternité occupe une place dans sa vie personnelle et comme objet de littérature, la mise en scène de la vie avec les enfants.
Olivier Adam dans ses livres se confronte aux sentiments et aux émotions, il y a du mélo, de la douleur créée ou rentrée, rageuse ou tendre.

Ce qui est au premier plan dans son écriture c’est le travail sur le rythme, la composition, les sonorités, le phrasé. Il place ses personnages dans des situations de fragilité extrême et sonde ainsi leur humanité à ce moment précis de leur vie, des gens qui luttent contre ce qui a failli les abattre et qui vont vers la vie malgré tout.
Les films et les livres dressent un constat, montrent ce qui se joue, témoignent, humanisent, singularisent des faits qui dans les médias demeurent abstraits, ils invitent les gens à se mettre à la place de l’autre pour mieux le comprendre et envisager son point de vue.
Olivier Adam est un écrivain à la sensibilité écorchée. Qualités rares : la justesse du propos, la sensibilité, la pudeur, l’attention aux menus détails de la vie quotidienne, l’exacte compréhension des choses et des êtres et un sens du rythme qui rend son phrasé impeccable. Juste dans les évènements, le ton, le style, jamais outrancier ou pesant, sa langue sait se faire douce, silencieuse, élégante. Son écriture narrative vise une efficacité immédiate avec une grande sobriété, s’attachant à décrire la vie de personnages évoluant dans une certaine insécurité sociale malmenée par les rapports sociaux.

L’auteur est soucieux de l’état de monde, il aime les villes portuaires. Il aborde les questions sociales, l’injustice sociale. Ses livres vont vers les gens. Ses personnages sont mis dans des situations de fragilité extrême qui donnent leur capacité personnelle à se ressaisir à aller vers la vie. Olivier Adam a de l’empathie pour ces vies ordinaires dévastées par les drames. La mer est omniprésente dans presque tous ses romans, hommes et femmes, enfants que l’amour fait vivre ou survivre, hommes et femmes vacillants confrontés aux institutions qui contribuent à les faire tomber, hommes et femmes qui ont perdu le mode d’emploi de leur existence et qui trouvent parfois mais pas toujours une main secourable.

Ecrivain inégalable pour restituer cette somme de fragments discontinus qui constitue une vie, ce qui l’intéresse c’est le commun, ce qui nous révèle au quotidien.

Pour Olivier Adam, un des rôles de l’écrivain c’est d’écrire sur la société « et comme dans les films de Tim Burton, les handicaps peuvent aussi devenir des atouts. Je suis hypersensible mais à la fois présent et absent aux choses … voir les petits détails, la fêlure, c’est la position de l’écrivain, écrire ce n’est pas être en retrait du monde, mais être le plus présent au monde. »

LIVRES :

Je vais bien, ne t’en fais pas paru en 2000 chez Le Dilettante.

Loïc est parti et envoie parfois des cartes à sa famille. Claire, sa sœur, ne tenant plus part à la recherche de ce frère qui s’est enfui. Elle découvrira alors un secret.

Une écriture simple, mais vive et gracieuse, qui plonge dans une réalité crue, elle traduit la douleur des cœurs simples, la douleur de n’être pas assez et le bonheur triste de vivre parmi trop de gens sans attentions.

A l’ouest paru en 2001, aux éditions de l’Olivier.

Antoine a 19 ans, fragile, rêveur indocile, il sèche le lycée et erre dans le centre commercial de son quartier. Il ne fait rien de sa vie. Sa sœur Camille veille sur lui, prie, s’inquiète pour sa famille. Marie leur mère fait ce qu’elle peut, un jour elle décide de partir sans explication. Camille et Antoine vont reconstituer le passé familial pour comprendre leur mère.

Ce roman nous plonge dans une famille désespérée et malheureuse. La mère et ses enfants sont des désespérés de la vie. Olivier Adam pose le sens de l’existence humaine en décrivant trois personnages bouleversants de tristesse, de susceptibilité et de solitude.

Poids léger : paru en 2002 aux éditions du Seuil.

Antoine vit en banlieue, il travaille dans les pompes funèbres, vit de ses souvenirs d’enfance et le soir fait de la boxe. Il multiplie les échecs et les coups, tout lui échappe et le pousse à une fuite en avant. Il risque tout perdre, son travail, ses amours et sa liberté.

Olivier Adam décrit la trajectoire de vie ressemblant à un assemblage chaotique de lignes brisées. L’auteur explore ses thèmes de prédilection tels que la disparition, la fuite, les ruptures avec des phrases simples, précises mais sensibles, car tout sonne juste.

Passer l’hiver paru en 2004 aux éditions du Seuil.

Dans ces neuf nouvelles, Olivier Adam décrit les blessés de l’existence.
Chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard ou vendeuse de supermarché, les différents personnages de ces nouvelles s’accrochent à la vie avec l’énergie du désespoir. Neuf textes où l’on rencontre des êtres à la force intérieure insoupçonnée, et dans lesquels Olivier Adam décrit les blessés de l’existence.

Recueil de neuf nouvelles simples, émouvantes, souvent sublimes qui a reçu le prix des Editeurs et la bourse du Goncourt de la nouvelle

Falaises paru en 2005 aux éditions de l’Olivier, le cinquième roman d’Olivier Adam est « lumineux », le narrateur retourne sur les lieux de son enfance ravagée par le suicide de sa mère et déroule en flash back cette jeunesse qui l’a fait homme. Perte, disparition d’un proche, l’adolescence difficile, un véritable chef d’œuvre. la lumière de la vie qui continue d’avoir le dessus malgré la tragédie, l’acharnement du destin, le manque et le chagrin.

Voir la chronique parue dans « save my brain n° 4 »

A l’abri de rien paru en 2006 aux éditions de l’Olivier.

C’est l’histoire de l’ errance d’une femme qui vient en aide aux réfugiés de Sangatte. Marie, femme ordinaire, par un concours de circonstances va aider les réfugiés de Sangatte, et tenter de donner un minimum à ceux qui n’ont rien, elle va passer du côté de l’illégalité, de la dérive, et dans la folie pour réparer l’injustice du monde. Dans ce roman bouleversant où s’affrontent la misère ordinaire d’un quotidien sans espoir et le dénuement total d’exilés pourchassés, l’émotion affleure chaque phrase de ce récit où l’héroïne fragile se fracasse sur les récifs de l’existence.

Après avoir travaillé à Calais pendant trois ans pour animer des ateliers d’écriture dans un établissement professionnel situé en zep, Olivier Adam a vu et vécu avant et après la fermeture de Sangatte la réalité des réfugiés qui voulaient partir en Angleterre.

« A l’abri de rien » donne une dimension de violence et d’insécurité permanente dans laquelle sont plongés les réfugiés et Marie, le personnage principal. Cela renvoie au fait que le quotidien ne protège pas de se retrouver dans une forme de guerre liée à la violence du monde. Dans son livre, Olivier Adam a exprimé son indignation sur un fait qui se passe en France : le rejet de réfugiés à qui dignité et statut d’être humain leur sont refusés. Ces réfugiés qui fuient la guerre, la pauvreté, se retrouvent harcelés, violentés sur un lieu de transit où dans des files d’attente, une soupe chaude leur est servie, où la présence de la police est permanente et provoque un tableau cauchemardesque qui provoque à juste titre l’indignation, si on est humain. Marie, fragilisée, va tout faire pour les aider et sombrer dans la folie.

Des vents contraires paru en 2009, aux éditions

Paul est père de deux enfants, Sarah, sa femme et maman de ses deux enfants, a disparu brutalement de leur vie. Ce livre s’attache à décrire le vide, le manque qui ravagent les enfants et le père, qui ne tient debout que par l’amour qui le lie à son fils et sa fille. Face à l’incompréhension du monde qui les fragilisent encore davantage, il y a le soutien de son frère et de sa femme, d’une voisine, et d’un commissaire.

Poignante histoire de solitude, de douleur et d’absence, celle d’un père confronté à la disparition soudaine et inexpliquée de sa compagne, amour de sa vie et mère de ses enfants. Olivier Adam montre la famille comme un abri fragile, mais un lieu qui permet de se sauver les uns les autres. Si son personnage ne sombre pas totalement dans la douleur c’est parce qu’il doit prendre soin de ses enfants, s’occuper d’eux c’est à la fois les sauver et se sauver lui-même. En tant que père il a la mission de protéger ses enfants et essayer de leur transmettre une liberté intérieure.

Ecrivain inégalable pour restituer cette somme de fragments discontinus qui constitue une vie, ce qui l’intéresse c’est le commun, ce qui nous révèle au quotidien.

Pour Olivier Adam, un des rôles de l’écrivain c’est d’écrire sur la société « et comme dans les films de Tim Burton, les handicaps peuvent aussi devenir des atouts. Je suis hypersensible mais à la fois présent et absent aux choses … voir les petits détails, la fêlure, c’est la position de l’écrivain, écrire ce n’est pas être retrait du monde, mais être le plus présent au monde. »

Littérature jeunesse :

Olivier Adam écrit également pour la littérature jeunesse, pour lui « l’adolescence est un état, un regard, une manière d’aborder le monde qu’on peut taire ou cultiver en tout cas difficilement ignorer. » Dans sa manière d’aborder les personnages il a juste envie de restituer leur énergie, leur justesse instinctive, écrire des livres qu’il aurait aimé lire à cet âge, avec la force et l’exigence littéraire que cela suppose.

Editions école des Loisirs :

« On ira voir la mer » collection médium, paru en 2002.

Thèmes abordés : la mort, l’absence, l’adolescence, la solitude et l’adolescent en souffrance. Quand la mort fauche à l’adolescence, comment survivre à l’absence ?

« la messe anniversaire » collection médium paru en 2003

Roman bouleversant qui rend hommage aux amitiés adolescentes. Un an après le décès accidentel de leur amie, cinq adolescents s’expriment tour à tour dans leur quotidien de leur vie après le drame.

« sous la pluie » collection médium, paru en 2004

Antoine vit avec ses parents, son père qui travaille et sa mère différente. Un beau message de tolérance au travers de condensé d’émotions.

« comme les doigts de la main » collection médium paru en 2005

Rencontre de deux adolescents à l’hôpital. Avec une approche poétique, Olivier Adam fait le portrait attendrissant d’une relation d’amour.

« le jour où j’ai cassé le château de Chambord » collection mouche et poche paru en 2005. Thème sur la timidité.

« Ni vu ni connu » collection paru en 2009

Thème sur la quête de l’identité, la reconnaissance, la curiosité et la construction de la personnalité.

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1 Comment

  • Reply
    Nelly
    21 avril 2009 at 19:45

    Je n’ai lu que Je vais bien ne t’en fais pas, après avoir vu le film, c’est vraiment une belle histoire. Il faudrait que je me penche sur les autres !

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