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Vilaine

« Oh la vilaine, grosse moche et pas belle ! » Tirée directement du film, cette réplique lapidaire pourrait bien résumer à elle seule toute l’existence de la gentille Mélanie Lupin (Marilou Berry). Car gentille, celle-ci l’est véritablement, et même un peu trop, et surtout à ses dépends…

Quand petite déjà, Mélanie doit essuyer les quolibets de ses camarades de classe, on se demande même si elle n’est pas sourde, alors c’est dire ! Devenue jeune adulte, pas de raison donc pour que cela change et du coup tout son entourage en profite : sa mère flemmarde chronique (Chantal Lauby), sa grand-mère acariâtre, ses « amies » superficielles et également sa voisine au chien un brin envahissant. Serveuse dans un restoroute de province, Mélanie doit en plus supporter sans broncher les réflexions machistes de Martinez, son patron interprété par Pierre-François Martin-Laval. Qu’importe, cette romantique devant l’éternel se réfugie dans les guimauves à l’eau de rose et met tous ses espoirs dans la correspondance qu’elle entretient avec un mystérieux internaute.

Un jour cependant, son « amoureux » virtuel lui donne rendez-vous et celle-ci ne trouve rien de mieux que de demander conseil à ses copines. Car « copines » est encore un mot bien trop fort pour désigner la bande de « drôles de dames » que dirige sa cousine Aurore (Frédérique Bel), blonde et stylée experte ès-manipulation. Qu’importe, Mélanie remet la réussite de son rendez-vous galant entre les mains de ses trois bonnes fées et accepte de recevoir des leçons de style, si c’est pour la bonne cause. Quelle n’est pas sa déception quand elle découvre que tout ceci n’avait été qu’une farce finement ficelée par la machiavélique Aurore… Trop c’est trop : face à cette ultime humiliation, Mélanie la gentille réveille la vilaine qui est en elle pour se venger de ceux qui se sont joués d’elles. Et gare à ceux qui croiseront son chemin !

Mélanie Lupin, Amélie Poulain : ne serait-ce qu’au niveau des noms des deux héroïnes, la ressemblance est frappante. Mais si l’Amélie de Jeunet faisait le bien parce qu’elle en tirait sa propre satisfaction, la Mélanie du duo Allan Mauduit et Jean-Patrick Benes fait le mal autour d’elle parce que ça la défoule ! Avec Vilaine, on est pas si loin des comédies de situation à la Louis de Funès où se succèdent d’ailleurs une foule de personnages secondaires : la mère dirigiste, le patron abusif, les copines aussi bêtes que méchantes, la grand-mère qui se révèle efficace avec son gang de petits vieux coincés à la maison de retraite… Tout le microcosme d’une Amélie puissance trash ! Dans cette espèce de conte comique, Frédérique Bel n’a pas hésité à s’écarter du registre bimbo écervelée pour coiffer au poteau la comédienne qui avait été initialement pressentie pour le rôle… L’esprit de Vilaine avait-il déjà déteint sur elle ?

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