Humeurs Je n'ai pas testé pour vous

Les lunettes mouche

Qui aurait envie de ressembler à une mouche ? Cet être velu qui fuit les tapettes, fait fuir les filles et court les déjections canines ? Le diktat de la tendance ferait faire (presque) n’importe quoi à (presque) n’importe qui. Les lunettes de soleil à la surface énooorme qui font écho aux yeux de ces insectes peu ragoutants sont en effet un jalon clé de la mode du milieu des noughties. Maintenant, c’est fini.

Qui dit tendance dit star. Les lunettes mouche ont eu un grand succès, accessoire indispensable de la garde-robe parishiltonienne. Victoria Beckham, adepte notoire du style « panneau publicitaire ambulant » y a également succombé. Ce ne sont là que deux cas, certainement pas isolés. Ce que Paris et Victoria veulent, les aspirantes starlettes le veulent. Et c’est ainsi que les filles se sont transformées en mouches. En effet, comment reconnaître une vraie star d’une fille « banale » sous ce masque de verre teinté ? Paris Hilton ou une de ses fans (si, si, ça existe) ? Stella Strawberry ou une bloggeuse experte ? Certaines en jouent, en usent et en abusent, fierté de la présumée déambulation glorieuse, illusion d’un succès rêvé à travers quelques centimètres carrés de transparence limitée. Se cacher pour être reconnue (ou confondue avec une autre), voilà le paradoxe qui a fait le succès de cet accessoire.

Cacher ? Mais que cacher, au fait ? Les yeux et tout ce qu’il y a autour. Boutons, rides au coin de l’œil… Attention toutefois au bouton traître, juste à la commissure de la monture, révélateur de la vérité qui tue : le visage entièrement boutonneux. Voilà pour le côté prosaïque. Pour le côté Prozac, les grands verres noirs sont un paravent juste idéal pour cacher la dépression et ses effets, visage hâve et yeux défaits. Qui a le moral en berne trouve ici la plus belle parade aux photographes (imaginaires ?). Ceux-ci ne sont pas dupes toutefois, comme le chante Adjani qui n’a « plus qu’à mettre des verres fumés pour montrer tout ce qu'[elle] veut cacher ». On n’a jamais vu Amy Winehouse avec des lunettes mouche, on ne saurait que trop bien ce qu’il y a derrière. Seule Miranda Priestly parvient à dissimuler son spleen avec du verre teinté. Mais c’est du cinéma. La lunette mouche comme alibi de la junkie ? Pas super convainquant.

Bien entendu, les stars ayant (en général) les moyens, elles craquent pour des modèles de marque. Et comme les verres sont gros et qu’il faut bien les soutenir, les branches sont souvent grosses. Ce qui permet d’écrire (en gros, ça va de soi) dessus Chanel, Prada, Dior et j’en passe. Il se murmure même que c’est pour ça que Victoria Beckham en porte… L’effet Panurge fonctionnant à bloc, personne n’irait acheter des lunettes mouche sans marque. Et pourtant ! Camaïeu en fait de magnifiques. Mais voilà, elles ne coûtent que 10€… Anecdote vécue de deux filles qui regardaient des lunettes sur un présentoir aux Galeries Lafayette, qui ont convoité un modèle avant de le reposer parce qu’il « n’y avait pas les deux C ». Snob, les lunettes mouches ? Meuh non !

Les lunettes mouche ne peuvent donc être qu’un effet de style. Le problème est que comme toute tendance spectaculaire, ça se démode très, très vite. Du coup, on a peu de chance de croiser des starlettes avec ces appendices sur le nez sur la Croisette cette été. Elles seraient montrées du doigt comme étant complètement « out ». Rien n’est aussi intemporel que le petite robe noire de Mademoiselle. D’ailleurs, la suite arrive : après les verres ridiculement grands arrivent les verres ridiculement petits. Miu-Miu et Dries Van Voten annoncent déjà la tendance… Qui fera certainement un feu de paille !

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