Chroniques ordinaires Humeurs

Facebook

Cet article est une sorte de suite à celui de Margot, paru en Août 2008. A l’ère de Twitter et des pokes, autant dire paru il y a sept siècles et demi. Margot cédait à la pression, et s’inscrivait à la nouveauté du moment : facebook. Avec elle, on a découvert les groupes, les jeux, et les amis, parce que oui, facebook a redéfini la notion d’amis. M’étonnerait pas que Le Petit Robert ait changé sa définition d’ailleurs.

« Ami : n.m Personne que vous connaissez de vue, qui s’affiche occasionnellement sur votre profil, mais à qui vous évitez de parler quand vous la croisez dans la rue. »


Maintenant, facebook fait dans nos vies quotidiennes. Limite sans, on se sent tout nus. Moi en tout cas. Genre, comment je pouvais être au courant qu’il y avait une soirée hier soir si j’avais pas eu l’invit’ ? Comment je peux me souvenir de la soirée d’avant hier si j’ai pas les photos ? Je fouine, j’espionne le joli garçon, la fille qui craint nan mais grave, je prends un malin plaisir à boycotter cette fille qui ajoute tous mes copains et pas moi. J’informe tous mes contacts que j’ai terminé mes partiels, que j’en ai marre du travail, que je cherche une guitare, que je vends un piano. Je les prends à parti, je n’ai pas d’idées pour mon prochain article, help ! Ils réagissent, commentent, je suis la reine de la toile ! Je me sens super populaire, pourquoi est ce que, pourtant, quand j’arrive à une soirée, personne ne me reconnaît ?

Et puis vient le jour où. Le jour où je décide que j’en ai marre. La moitié des gens dont j’ai des nouvelles ne m’intéressent pas. Mélanie Truc s’est acheté un chien. « So Qut3, il s’apL Kikou. » Jérémy Machin s’est tordu la cheville. « Aïïïe putaiiin, j’en ai marre, trop mal. » La moitié d’entre eux s’improvisent poètes, philosophent sur la viiiie quoiii, avec des fautes d’orthographe tous les quatre mots. Une autre moitié raconte sa vie, minute après minute. Dix sept personnes remarquent qu’il neige. Je craque ! Ca y est, je reprends ma vie en main, le système capitaliste n’aura pas ma peau. Je me désinscris. Aujourd’hui. Maintenant. Mon dieu, le beau gosse de la promo me parle sur la discussion instantanée, je ne peux pas me permettre de laisser passer une occasion pareille ! Bon, je tranche la poire en deux, je le fais demain. Le jour arrive enfin où je me décide. Ca fait maintenant un mois que j’y réfléchis. Je retourne le site, pour trouver l’onglet Désinscription. Introuvable. Après une heure de lutte acharnée, je localise ledit onglet. Je retiens mon souffle, et je clique. On m’informe que « La désactivation de votre compte entrainera la désactivation de votre profil et le retrait de votre nom, de votre photo et de tout ce que vous avez publiée sur Facebook. » Je commence à trembler. S’ensuivent des photos de ma pomme, accompagnée d’amis, à qui, dit le site, je vais manquer. L’enfoiré, il me prend par les sentiments. Puis, questionnaire. Obligatoire. Je cherche une bonne excuse, j’ai presque peur de vexer les créateurs du site. Bien que, j’ai vu dans le film, ils ont l’air de bien se porter. Et Justiin, aaah … Bref, je m’égare. Je valide. Il reste un certain nombre de barrages à passer. Ca ressemble à un parcours d’obstacle. Une course de haies ! Je me décourage. Ils ont réussi leur truc. J’annule. On sait jamais, ça peut toujours servir, et puis imagine je retrouve enfin ma meilleure copine du CP. Je reste !

>> Le meilleur et le pire des pages Facebook sur Save My Brain

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1 Comment

  • Reply
    marine
    21 avril 2011 at 0:27

    … « S’ensuivent des photos de ma pomme, accompagnée d’amis, à qui, dit le site, je vais manquer. L’enfoiré, il me prend par les sentiments. Puis, questionnaire. Obligatoire. Je cherche une bonne excuse, j’ai presque peur de vexer les créateurs du site. »

    Je met à l’épreuve celui qui y résisterai !

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