Chroniques ordinaires Humeurs

Petits mensonges quotidiens

Lorsque vous étiez jeune, vos parents vous répétaient souvent qu’il ne faut pas mentir. Aujourd’hui vous croyez avoir retenu la leçon, en assurant sortir la carte mensonge qu’en cas de force majeure. Et pourtant… Impossible de vous en empêcher, cela devient parfois même une habitude. Heureusement pour vous et surtout pour les autres, ce n’est pas toujours à mauvais escient. Mais il faut savoir analyser son mensonge et prendre conscience de sa véritable pensée intérieure. Voici un exemple qui reflètera sans aucun doute le comportement de la plupart d’entre vous…

Votre réveil sonne ce matin comme tous les autres matins, sauf que là vous aviez des choses prévues la veille et que vous vous êtes couchée tard. Alors que vous croisez un proche dans la cuisine, qui vous adresse un sourire et vous demande si vous avez passé une bonne nuit, vous lui répondez toutes cernes apparentes que « oui » alors que vous n’aviez même pas compris la question.

Une douche, une demi-heure de maquillage, habillage et quarante minutes de transport plus tard, vous voilà devant votre établissement scolaire. Tandis que votre meilleure amie s’avance vers vous avec sa nouvelle coupe de cheveux pour vous claquer la bise, vous lui affirmez presque automatiquement un « ça te va trop bien ! » tout en vous demandant comment on peut se prétendre coiffeur en réalisant des coupes pareilles.

Remise de votre choc visuel, vous entrez en cours à peine en retard. Le prof vous demande « quelle est votre excuse cette fois ci mademoiselle ? » et vous lui répondez avec un brin d’insolence « problème de transport » bien que vous ayez hésité avec « décès du caniche nain de Tata Yoyo ». En votre for intérieur vous triomphez de cet exploit et de la naïveté du prof qui lui-même se garde bien de vous dire que vous n’auriez pas dû le prendre pour un con.

C’est alors qu’intervient votre camarade pot de colle soporifique qui tient à s’asseoir à côté de vous afin de vous demander pourquoi il ne vous voit jamais sur la messagerie instantanée. Pour ne pas le vexer vous lui dites que vous ne vous connectez jamais ou rarement, alors qu’en fait vous vomissez rien qu’à l’idée qu’il apparaisse dans votre précieuse liste de contacts ou pire qu’il veuille converser avec vous.

A midi, votre copine à la coiffure « originale » (moche quoi !) vous déconseille le sandwich à la charcuterie car vous avez soi-disant déjà pris un peu de ventre. Bien décidée à ne pas vous laisser faire, vous soutenez qu’en hiver vous portez toujours plusieurs couches de vêtement contre le froid pendant que vous vous interrogez sur l’ampleur de la catastrophe. Finalement vous portez votre choix sur une salade light en prétextant que vous tenez absolument à consommer vos 5 fruits et légumes par jour et que l’idée d’avoir tué un pauvre animal pour vous nourrir vous attriste.

A la fin des cours sur le chemin du retour, un sans abris ose vous demander une petite pièce ; gênée vous dites que vous n’en avez pas sur vous, tout en songeant aux achats possibles avec la somme contenue dans votre porte monnaie. Radine !

Arrivée dans votre chambre, vous allumez votre ordinateur, écoutez de la musique et dialoguez en ligne. Lorsque votre mère vous demande de loin « tu travailles ma chérie ? » vous lui dites naturellement un grand « oui, oui », mais estimez que votre mère est bien trop curieuse et que vous êtes assez grande pour faire ce que vous voulez. Sur Internet votre copine vous montre la photo de son nouveau petit ami que vous déclarez mignon alors qu’il vous évoque plutôt le cul d’un babouin dans le meilleur des cas.

Alors qu’un énorme  » A table ! » retentit dans la maison, vous évoquez à haute voix votre arrivée immédiate (c’est-à-dire 10 minutes plus tard). Là vous faites semblant de ne pas être gênée par le fait que votre repas soit tiède, pour garder votre fierté et ne pas reconnaître vos torts. A la fin du repas vous expliquez qu’il vous est impossible de débarrasser la table étant donné la quantité de travail que vous devez faire, tout en projetant une grande discussion avec vos amis en ligne sur le fait que les parents sont trop chiants.

Et pour finir en beauté, vous vous rendez compte que vous avez menti à votre propre personne en essayant de vous auto persuader de se coucher à 9h30 pour être en forme, alors que votre réveil affiche déjà un petit minuit et que vous ne pouvez pas interrompre la conversation passionnante que vous avez commencé. Et c’est reparti pour un tour !

Heureusement, je ne suis pas comme ça moi…

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