Michael Wookey

Phénomène de scène et compositeur de talent, Michael Wookey a répondu à nos questions à propos de son album Gun Gala.

« Ca fait toujours ça la première fois… » Les regards interloqués étaient nombreux ce soir-là à l’International, lorsque Michael Wookey a investi la scène. Chaînes aux pieds, coiffé d’une tête d’ours, on pourrait le prendre, de nuit et par temps de brouillard, pour un Garreth Pugh avec micro. Sans autre mot que le cliquetis des chaînes qui l’entravent, il s’installe et attaque l’audience au son sursaturé d’un Bontempi poussé à bloc. Débute alors une interprétation de Songs about Snow : instruments improbables et sonorité extraterrestre.

Au fil des minutes, Michael Wookey se dévoile. Retire chaînes, chaussures, tête d’ours et T-Shirt. Abandonne tout autre instrument qu’un accordéon de bazar. Et gueule à plein poumons son tendre Big and Strong. Puis il passe à un mini-piano, se met à chanter dans une boîte à musique où est caché un micro déformant, la délaisse pour un mégaphone, avant de rechausser ses chaînes pour une autre versions de Songs about Snow. Il ne s’est pas pasé une minute sans que l’artiste se mette en danger. Entre temps, les regards interloqués du début ont laissé place à des applaudissements nourris.

Bête de scène, Michael Wookey régale également par ses compositions au charme typiquement britannique. Si son album Gun Gala apparaît un peu plus « normal » que ses concerts, il accroche par un son particulier. On retient la douceur de Big and Strong, l’ambiance rétro de President ou encore l’improbable remix de Song about Snow. Génial !

Un album à écouter en boucle et un artiste à ne pas louper sur scène… La suite avec notre interview.

Si tu devais te présenter en quelques mots ?

Je suis Michael Wookey et je suis un artiste perdu…

Peux-tu nous parler de tes débuts, ce qui t’a fait monter sur scène et composer ?

C’est mon grand père. Il jouait de l’harmonium dès la deuxième guerre mondiale. Il y avait toujours de la musique chez lui. Il m’a donné son harmonium quand j’avais quinze ans. Avant, mon père écoutait beaucoup de pop. Principalement des groupes de Liverpool, qui copiaient les Beatles. Mon grand père était le seul musicien de la famille.

Sur scène, tu es un spectacle à toi tout seul. Comment as-tu mis en scène chacune des tes chansons ?

Quand je compose, je ne pense pas à la scène. C’est quelque chose de séparé. Ca peut paraître un peu cliché mais pour moi une chanson correspond à un problème et ça me permet de l’évacuer. La scène est ensuite là pour revisiter ce problème. Et il faut dire merci au public. Sans lui, il n’y aurait pas de thérapie.

On te voit faire de la musique avec des jouets et tout ce qui te tombe sous la main. Comment t’es venue cette idée ? Et comment arrives-tu à faire fonctionner tout ça ?

Il y a plusieurs choses. Déjà, je suis obsédé par le son donc j’essaie plein de choses ce n’est pas forcément facile et ça marche rarement du premier coup. Ensuite, je suis souvent dans les transports. Il faut donc que tout puisse rentrer dans ma valise. Le petit piano, ce n’est pas pour faire mignon, d’ailleurs, j’ai des sujets souvent sombres. Et puis je n’aime pas les choses électroniques. Là, je peux avoir un joli son.

Que voulais-tu mettre dans cet album ? Qu’est-ce qui te tenait à cœur ?

Je voulais une histoire d’amour. Pour moi, l’amour c’est comme une montagne russe dans une fête foraine.

Peux-tu nous parler de Songs about snow ? Comment se sont dessinées les deux versions qui sont dans l’album ?

La deuxième version est celle d’un fan, qui s’appelle Cybercrime. Il a adoré la chanson et m’a envoyé le remake. Ca fait deux versions très différentes. L’originale est plus sensible alors que la deuxième est ludique.

On t’a vu chanter Goodnight Irene sur scène, President a une sonorité très rétro… Tu aimes le passé ?

Oui, j’adore les vieux enregistrements sur cassette, le blues… De nos jours, beaucoup font des titres aux influences mélangées. Je suis un puriste. Si je fais un morceau rétro, il le sera d’un bout à l’autre. Je veux me rapprocher de cet âge d’or où il y avait une seule prise. Maintenant, il y a beaucoup de post prod. Pour le prochain album, j’ai enregistré des démos dans un abattoir. Ca a une résonnance particulière et j’ai expérimenté du son fait avec des chaînes.

Quels sont les albums qui traînent sur tes étagères et qui t’ont bercé ?

Plein de choses ! Il y a notamment Sparklehorse, c’est un groupe rock punk. J’ai rencontré le chanteur plusieurs fois. Quand il s’est suicidé il y a un an, j’ai pleuré toute la journée. Sinon, il y a aussi Leonard Cohen, Tom Waits…

Plutôt scène ou studio ?

La scène, c’est quelque chose où je me sens tendu, c’est nécessaire. En studio, je suis chez moi. Je suis toujours en studio, même dans ma chambre où j’enregistre. Sur scène, il faut être réactif. Le retour du public est quelque chose d’important.

Notre magazine s’appelle Save My Brain. Sauver les cerveaux… Comment peut-on le faire ?

Il ne faut pas trop penser. « Take everything on face value ». Sinon, on perd la magie des choses.

Quels sont tes derniers coups de cœur culturels (musique, cinéma…) ?

Londres. C’est une ville que j’ai vraiment découvert il y a peu. J’ai habité à Paris et avant ça à Southampton. Maintenant, j’habite Londres avec notamment un français et un polonais. C’est là-bas que j’ai amélioré mon français. Avant, c’est une ville qui me faisait peur. Ca ne me paraissait pas amical. En fait, les gens y sont sympas. C’est une vraie ville de culture, où on peut découvrir beaucoup de choses.

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