
Il y a des voyages dont la destination semble inaccessible. C’est bien le cas de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, deux agents sportifs de la NBA (National Basketball Association). Pourtant, rien ne les prédestinait à cette vocation, dans la mesure où Bouna Ndiaye faisait des ménages à l’aéroport d’Orly et Jérémy Medjana travaillait dans un vidéoclub situé à Amiens. Lorsqu’ils se sont rencontrés, ces derniers ont découvert une passion commune pour le basket. Ils ont décidé de poursuivre une carrière d’agents de joueurs français aux États-Unis, sans contact ni argent et avec un anglais approximatif. Depuis 1995, ils sont patrons de Comsport, une agence réputée du basket français, et ont soutenu plusieurs joueurs à la NBA, dont Victor Wembanyama. Leur parcours fait l’objet d’un long-métrage, intitulé Le Rêve américain, mis en scène par Anthony Marciano, réalisateur de Play (2020), et avec Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi comme duo de choc. Que vaut cette histoire vraie transposée sur le grand écran ?


Le Rêve américain raconte le voyage de deux personnages en terrain inconnu. La réalisation transmet aux spectateurs un sentiment d’émerveillement dès l’arrivée de Bouna et de Jérémy aux États-Unis. Cette première impression magique, qui est renforcée par de multiples plans d’ensemble et contre-plongées soulignant la majesté des bâtiments, est aussitôt désamorcée par une séquence mettant en scène une galère, soit un local misérable. Le film est rythmé par une accumulation de problèmes, comme si le destin s’abattait sur les deux amis. Ces derniers avancent malgré les obstacles, avec une certaine débrouillardise. Cela donne lieu à des situations comiques réussies, comme une technique de faux-semblants pour pallier à l’incompréhension de l’anglais. Dès lors, un décalage s’opère entre l’immensité des décors urbains et les actions des agents qui semblent de prime abord anodines. Il se dessine alors, au travers des nombreuses péripéties, une dynamique précise enclenchée par le goût du risque. Comme le déclare Bouna à son comparse Jérémy, l’échec est « la clé de la réussite ». Cet oxymore révèle en fait une philosophie de vie qui caractérise parfaitement la carrière des agents sportifs. Il s’agit de deux rêveurs qui font preuve de pugnacité face à l’adversité. Au-delà de ce double parcours du combattant, le réalisateur du film tient à mettre en lumière l’amitié entre Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana. Les deux compagnons sont complémentaires dans leurs personnalités : Bouna est déterminé par ses idées alors que Jérémy, plein de ressources, se montre plus prudent dans la réalisation de leurs projets. La réussite du long-métrage repose en partie sur une alchimie parfaite entre Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, qui incarnent à merveille leurs rôles respectifs. Entre des joutes verbales efficaces et des moments d’émotion touchants, les deux acteurs apportent une dynamique à la fois imprévisible et irrésistible au déroulement des péripéties. Le film dresse un portrait engageant de deux passionnés qui ont réussi à changer de destin afin d’accomplir leur rêve commun.


Sorti dans les salles obscures depuis le 18 février, Le Rêve américain d’Anthony Marciano, nous révèle l’épopée incroyable de personnes qui repartent de zéro pour faire carrière aux États-Unis. Porté par un duo à l’énergie électrique, le long-métrage, doté d’un humour percutant, est véritablement inspirant, retranscrivant avec brio le courage de ses personnages principaux et célébrant ainsi la persévérance comme carburant dans la vie.




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