Cinéma

Malavita : critique du film et entretien avec Luc Besson

La semaine dernière, on a rencontré Luc Besson à l’occasion de l’avant-première de Malavita, dernier film du réalisateur, adapté du roman français de Tonino Benacquista. S’il y a bien une chose que l’on a retenue, c’est qu’il faut prendre le personnage au 2nd degré, tout autant que le film, qui nous plonge au cœur d’une réalité bien enfouie, la mafia.

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Malavita, c’est en effet l’histoire de Fred Blake alias Giavanni Manzoni (incarné par Robert de Niro), repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, qui s’installe  avec sa famille dans un village pommé de Normandie, aux antipodes de leur vie à l’américaine. C’est pleins de bonnes intentions que tous les quatre débarquent mais, malgré tous leurs efforts pour s’intégrer, leurs vieilles habitudes reprennent le dessus lorsqu’il faut régler les petits soucis du quotidien…

Cette famille, il ne faut pas lui chercher des noises, c’est ce que l’on comprend dès le début et ça se confirme tout au long du film. Tu me manques de respect ? Je te refais la tête à coup de raquette de tennis ! Tu essaies de m’entourlouper ? Je te brise les jambes ! Tu te paies ma tête, je te colle la face sur la grille du barbecue ! La violence est cœur de Malavita, mais elle est toujours traitée avec beaucoup d’humour.

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Si certains voient dans Malavita des actes de violence gratuits, j’y vois une intention délibérée de Luc Besson d’aborder un sujet grave comme la mafia (et tout ce qu’elle implique) sous un angle inédit, à la fois humoristique et ironique. Cette famille de mafieux est complètement ravagée et, si elle a conscience de mener une vie bien éloignée de celle de n’importe qui d’autre, ça ne l’empêche pas de faire des choses complètement aberrantes et ce, le plus naturellement du monde.

Pourtant, cette famille, on s’y attache, aussi atroce qu’elle paraisse. Chacun essaie de s’adapter et de vivre « normalement ». Tous sont touchants et on ne s’empêcher de prendre leur parti lorsqu’ils sont malmenés. Malavita, c’est aussi et surtout l’histoire d’une famille soudée. Tous sont derrière Fred Blake. Les enfants lui vouent une admiration sans faille, sa femme l’aime plus que tout, pourtant c’est bien lui qui a entraîné toute la famille dans cette vie complètement dingue.

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A la fois pragmatique et complètement déphasé, Fred Blake est persuadé d’avoir agit pour le bien de tous et veut rétablir la vérité sur ce qu’il a accompli, c’est pourquoi il écrit ses mémoires. Là aussi, l’humour est au cœur de son récit et c’est comme ça qu’il nous met dans sa poche. Impossible de lui en vouloir.

Quand vient le moment où lui et toute sa famille sont en péril, on est complètement angoissé à l’idée qu’ils y passent. Avant tout comique, le film prend d’un coup une tournure bien dramatique et redouble de violence. Là, on ne parle plus de la violence qui permet de régler les soucis du quotidien mais on est bien du côté le plus obscur de la mafia. L’atmosphère devient oppressante, l’angoisse grandit, le suspense est difficilement tenable…

Luc Besson réussit à nous faire passer par des sentiments radicalement différents. L’histoire est rythmée, le thriller bien ficelé et l’équilibre entre drame et comédie remarquable.

Conclusion : on a aimé Malavita et on recommande le film si vous aimez :

  • L’humour et le 2nd degré
  • L’action et le suspense
  • Robert de Niro et… Robert de Niro

Quant à l’entretien avec Luc Besson, il a été très instructif. Voici ce qu’on en a retenu :

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  • Luc Besson a pris beaucoup de plaisir à réaliser Malavita et à diriger un acteur aussi talentueux et convoité que Robert de Niro.
  • Le tournage s’est fait dans une ambiance très détendue, façon bande de potes – Luc Besson a accueilli tout le monde dans sa maison de Normandie.
  • Tonino Benacquista, l’auteur de Malavita, a été très touché en découvrant le film. Il a confié à Luc Besson que c’est la plus belle adaptation d’un de ses romans.
  • Luc Besson est un vrai passionné, toujours en quête des dernières innovations techniques.
  • C’est quelqu’un de profondément humain, bourré d’humour, très simple et terre-à-terre. Quand on lui demande de parler du tournage, il nous dit qu’il faut le « désacraliser », après tout, « on ne fait que du cinéma ».

Vous voyez un peu le personnage… Un peu brut de décoffrage, on aime ou on n’aime pas, tout comme le film. A vous de vous faire votre opinion, comme Luc Besson le dit lui-même, « au cinéma, il y autant d’avis que de spectateurs… ».

Ci-dessous, la vidéo de l’entretien avec Luc Besson à la suite de la projection :

La bande-annonce de Malavita :

>> Au cinéma le 23 octobre 2013

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